Les dirigeants haïtiens, tels que Ariel Henry, Emmelie Prophète, Jean Victor Geneus, André Michel… ont-ils le sens de la honte? Imaginons Ariel Henry en Haïti après environ 5 000 morts en un an, toujours accroché au pouvoir et aujourd’hui, sans mandat légitime et constitutionnel, délègue une de ses usurpatrices de fonction, Emmelie Prophète, aux États-Unis?
La présidente hongroise, Katalin Novak, a annoncé sa démission, samedi 10 février, à la suite de l’indignation provoquée dans le pays par sa décision de gracier un condamné impliqué dans une affaire de pédocriminalité.
« Je renonce à mon poste », a déclaré lors d’une allocution solennelle cette proche du premier ministre nationaliste, Viktor Orban, en reconnaissant avoir commis « une erreur ». « La grâce accordée et le manque d’explications ont pu susciter des doutes concernant la tolérance zéro en matière de pédophilie. Or il ne peut y avoir de doute à ce sujet », a dit la responsable de 46 ans.
« Je m’excuse auprès de ceux que j’ai blessés et de toutes les victimes qui ont pu avoir l’impression que je ne les soutenais pas. Je suis, j’étais, et je resterai en faveur de la protection des enfants et des familles », a-t-elle ajouté. Mme Novak était devenue en mai 2022 la première femme à occuper cette fonction essentiellement protocolaire.
La polémique est née à la suite du pardon qu’a accordé Mme Novak, en avril 2023, à l’occasion de la visite du pape François à Budapest, à un ancien directeur adjoint d’un foyer pour enfants, condamné en 2022 à plus de trois ans de prison pour avoir couvert les agissements de son supérieur.
Quelques minutes après le discours de Mme Novak, une autre alliée de M. Orban, Judit Varga, a également annoncé son « retrait de la vie publique » pour avoir donné son aval en tant que ministre de la justice – un poste qu’elle avait quitté cet été pour mener la campagne des élections européennes de juin. « Je renonce à mon mandat de députée et à la tête de la liste au Parlement européen », a-t-elle déclaré sur son compte Facebook.
Des milliers de manifestants s’étaient rassemblés vendredi en fin de journée dans la capitale hongroise pour protester contre cette grâce présidentielle et trois des conseillers présidentiels avaient quitté leur poste. La manifestation a commencé par une minute de silence pour les victimes, puis les participants, parfois venus avec des peluches, ont été invités à lever leur téléphone pour rendre hommage à l’une des victimes, qui s’est suicidée.
« Ce fut rapide : d’abord Novak, puis Varga. Mais nous savons qu’aucune décision importante ne peut être prise en Hongrie sans l’approbation de Viktor Orban », a réagi sur Facebook l’eurodéputée Anna Donath, du petit parti libéral Momentum. « Il doit prendre ses responsabilités et s’expliquer sur ce qui s’est passé (…), c’est son système. »
Depuis la révélation par le site d’investigation 444 la semaine dernière de cette décision, l’opposition appelait au départ de Mme Novak, qui fut aussi une ministre de la famille (2020 – 2021) très conservatrice de M. Orban.
Jeudi, pour tenter de calmer la colère, M. Orban avait annoncé vouloir réviser la Constitution afin d’exclure la possibilité de gracier les pédocriminels.
Katalin Novak, provisoirement remplacée par le président du Parlement, Laszlo Kövér, avait été présentée l’an dernier par le magazine Forbes comme la femme la plus influente de la vie publique en Hongrie.
Originaire de la ville de Szeged (Sud), diplômée en économie et en droit, passée par Sciences Po Paris avant une formation à l’ENA (l’ancienne Ecole nationale d’administration en France), Mme Novak parle couramment le français et a été faite chevalier de la Légion d’honneur en 2019.
Entrée comme simple fonctionnaire au ministère des affaires étrangères hongrois en 2001, elle a ensuite élevé ses trois enfants en Allemagne, où travaillait son époux, avant de retourner en Hongrie lors de la victoire de Viktor Orban en 2010.
Nommée secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la jeunesse en 2014, elle obtient ses galons de ministre en 2020 dans un gouvernement ne comptant que trois femmes. Mme Novak a eu pour mission de mettre un terme au déclin démographique du pays par des politiques natalistes, elle avait alors déclaré que la Hongrie ne veut « ni immigration ni remplacement de population ».

