Les gangs haïtiens utilisent la République dominicaine pour leurs transactions financières, selon une enquête menée par le professeur américain Evan Ellis et publiée par le Centre d’Études Stratégiques de l’Armée péruvienne. Ces gangs ne recourent pas à la violence du côté dominicain de la frontière, mais ils utilisent la République dominicaine comme un lieu sûr pour stocker leur argent, une base pour planifier leurs opérations, et un sanctuaire pour les familles de leurs dirigeants.
La crise en Haïti est devenue la principale préoccupation politique et sécuritaire en République dominicaine. Les Dominicains perçoivent la situation à Haïti comme une menace sérieuse pour leur pays, en raison des conséquences de la violence, des flux de réfugiés et d’autres dynamiques. L’histoire complexe des relations entre les deux pays, notamment une invasion haïtienne brutale de 22 ans au XIXe siècle, influence la perception dominicaine d’Haïti.
La situation a été exacerbée par la construction d’un canal par des groupes haïtiens en septembre 2023, visant à détourner de l’eau de la rivière Masacre pour l’irrigation. Cela a entraîné des consultations tendues entre Haïti et la République dominicaine, car la taille du canal projeté menaçait de détourner la rivière, compromettant ainsi l’agriculture et la viabilité des ressources en eau en aval.
En outre, la République dominicaine est confrontée à des défis liés à la jeunesse, aux gangs, et aux flux illicites de drogues, d’argent et d’armes provenant de pays voisins. La croissance de la production de drogues en Colombie et au Venezuela a accru le trafic de cocaïne et d’autres produits illicites vers la République dominicaine, affectant négativement la société dominicaine. La lutte pour le contrôle de ces trafics englobe le pays, piégeant les autorités dans une lutte constante contre la corruption et les problèmes institutionnels.
Malgré un appareil de sécurité bien développé, la réponse du gouvernement à ces défis est entravée par la corruption et les faiblesses institutionnelles.

