minute de la rédaction
Quelle honte : ce pays vend désormais la corruption à ciel ouvert, sans pudeur ni démenti possible, parce que tous ces figurants obéissent au même patron !
Au Conseil électoral provisoire, la pièce se joue désormais sans rideau, sans coulisses et presque sans metteur en scène. Le 3 juin 2026, le CEP dirigé par Jacques Desrosiers avait interdit à Uder Antoine de pénétrer dans les locaux de l’institution, après la circulation de son nom comme Directeur général choisi par le gouvernement et après près de vingt-quatre heures sans nouvelles,. Le même jour, une autre publication rapportait que le contrat de travail d’Uder Antoine avait été résilié avec effet immédiat et que la résolution lui interdisait l’accès aux locaux du CEP.
Deux jours plus tard, changement de décor : Uder Antoine, auparavant écarté, était installé Directeur général du CEP. Jacques Desrosiers, président du Conseil, était signalé comme le seul membre du CEP présent à cette cérémonie, aux côtés des représentants de l’Exécutif. Le ministre Patrick Pélissier y vantait le décret électoral adopté le 2 juin, ce même texte qui avait provoqué la contestation du CEP au nom de son indépendance institutionnelle.
Le sketch devient presque pédagogique : Jacques signe, Jacques conteste, Jacques interdit, Jacques assiste. Uder sort par la porte du CEP avec une mesure conservatoire collée au dos, puis revient par l’entrée officielle, escorté par la Primature. Alix Didier Fils-Aimé, lui, ne force même plus la serrure : il arrive avec le décret, le protocole, les ministres et les éléments de langage. À ce niveau, le droit administratif devient vaudeville ; la hiérarchie des normes se transforme en jeu de chaises musicales.
La farce prend une autre dimension lorsqu’une réunion présentée comme une concertation électorale est annoncée par la Primature. Cette rencontre aurait inclus le gouvernement, quatre membres de la Primature, dont Uder Antoine, le CEP et des partis non identifiés ; mais des sources autorisées indiquaient qu’elle n’aurait impliqué qu’une partie du CEP, avec trois à quatre conseillers, dont Jacques Desrosiers, décrit par certains acteurs comme proche des orientations du pouvoir actuel.
Ainsi va le théâtre électoral haïtien : un communiqué dit non, une cérémonie dit oui, une photo dit peut-être, et le peuple doit applaudir. Le ridicule ne tue plus ; il se vend en communiqué officiel, se photographie en costume sombre et s’archive sous la rubrique “processus démocratique”. Corruption, quand tu nous prends, tu ne prends même plus la peine de te cacher : tu viens avec badge, décret, micro et sourire protocolaire.
Au fond, ce n’est plus seulement Uder Antoine qui entre ou sort de l’immeuble du CEP. C’est la crédibilité même de l’institution qui reste coincée à la barrière. Et pendant que Jacques serre les mains, Alix serre l’appareil électoral. Le reste s’appelle élections. Ou, plus exactement, répétition générale avant proclamation.

