Étudiant en Journalisme, en Sciences Politiques et Relations Internationales, le slameur haïtien Keseul BELIZAIRE, plus connu sous le nom de scène Kabysenn, est également policier affecté au CIMO issu de la 25ème promotion de la Police Nationale d’Haïti. Le jeune professionnel mène une double vie en choisissant le métier de l’art pour combattre l’injustice sociale sous toutes ses formes.
Ayant plusieurs projets à son actif dont les titres (Bel Soley, Regardez, et Pouki), le slameur confie que le personnage Kabysenn décrit son enfance. « Je suis poète, diseur, penseur, parolier. En somme, Kabysenn est un personnage qui décrit mon enfance dans le milieu endogène du voisinage, et c’est un nom qui provient de mon nom », a-t-il déclaré.
Kabysenn rapporte qu’il est également un travailleur social, un leader par nature qui prône l’humanité, et qui dénonce l’absence de la philanthropie, le mépris social dans le contexte de la prolifération des individus armés, le clivage idéologico-politique dans l’espace social.
Le Slameur dit avoir pris goût au slam en découvrant son attitude à l’écriture et à la prise de parole en publique.
« Le Slam est une activité de l’esprit, cest le relationnel entre les mots et la pensée. En somme l’une des qualités d’un Slameur c’est la capacité langagière. Du coup, après avoir découvert mon aptitude à l’écriture et la prise de parole en publique, et suite au décès de Mikaben, je me suis lancé dans cette activité de mots, et à travers mes mots, je soigne les maux de l’esprit, je peins les rapports machiavéliques entre les acteurs et les bandits », a-t-il indiqué.
Entre-temps, le poète estime que le Slam est un métier de mot, et à travers lequel il est possible de faire une révolution. Pour citer les propos de l’artiste, cette révolution doit être une révolution littéraire qui serait en mesure de mettre à l’écart le modèle de révolution sans fin des activistes politiques pyromanes, menteurs, mailleur, blofeur.
Kabysenn pense que la révolution qu’il prône, devrait avoir pour mission de façonner la mentalité de tout un chacun, en mettant l’emphase sur le patriotisme constitutionnel, l’Etat de droit etc.
Constatant une jeunesse qui se livre à la tendance musicale Drill et Trapp, qui selon le poète, n’a pas de valeur sociale, il affirme que cette tendance mène nos enfants à la culture de la violence, ou les initie dans une activité de gang symbolique.
Kabysenn utilise plutôt sa capacité langagière et des mots qui vaillent pour conscientiser les gens, y compris les autorités à prendre des décisions radicales, afin d’insérer le changement dans un contexte de dégradation sociopolitique.
Bidler Nelson
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