Un verdict motivé du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Edler Guillaume dans le traitement du dossier à scandale de libération des employés de la Sogebank accusés dans des cas de vols, d’abus de confiance, de faux et usage de faux et d’association de malfaiteurs ? Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), sur la base du rapport du Bureau des affaires financières et économiques (BAFE), monte au créneau et appelle à enquêter sur la libération des accusés.
Mercredi 9 aout 2023 ((rezonodwes.com))–S’il faut remonter aux faits, il s’avère utile d’évoquer la plainte déposée à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) en date du 29 avril 2022 par les époux Jean Rony Enade et Sonia Lagrenade Enade, à travers le Cabinet Fortuné, contre la Sogebank, la directrice de la succursale de la Rue Darguin à Pétion-Ville, Anne Ketia Georges, pour détournement de fonds et association de malfaiteurs.
Selon le rapport du Bureau des affaires financières et économiques (BAFE), saisi par la DCPJ dans le cadre de l’enquête, que le journal a consulté, Anne Ketia Georges, employée de la Sogebank, affectée au guichet des transactions de chèques, s’est souvent présentée aux victimes comme facilitatrice dans des transactions d’acquisition de dollars sur le marché. Il est également noté que les nommés Jean Ralph Antoine, Catherine Barochin, Daphkar Saint-Paul Jean Junior Memnon, Leevens Lifète Déjoie, sont cités dans cette affaire qui se révèle une vaste opération d’escroquerie, de malversation au préjudice des clients de la Sogebank.
Le rapport du BAFE est sans équivoque. Plusieurs entreprises commerciales dont Sonia Provisions alimentaires, Caribex S.A, Christo Ferrus, N & S Multiservices, Cassis Frères, Dépôt Pasteur sont victimes de transactions financières irrégulières en lien avec d’actes de dilapidation, de perversité liée à la cupidité de la Sogebank, rapporte le BAFE. Le document fait état du compte 30 60 30 586, libellé en gourde frauduleusement vidé par les employés de la Sogebank suspectés, afin d’encaisser une somme équivalent à 132, 744 dollars américains.
Des transactions de retournement de chèques sans provision, des décisions de refus de la Sogebank de collaborer avec les victimes, des révélations confuses du directeur Jean Antoine lors de sa présentation au BAFE, des données embarrassantes liées au poste de Catherine Barochin, des contradictions dans les déclarations de Catherine Barochin et celles d’Anne Ketia Georges relèvent des suspicions légitimes et confirment la thèse des cas d’irrégularités graves, assimilables à la fraude.
Au regard de ces considérations, le BAFE a déféré en état les nommés Catherine Barochin, Daphkar Saint-Paul, et Leevens Déjoie pour les suites de droit. Néanmoins, il a recommandé la libération de Leevens Lifète Dejoie sur la base qu’aucune évidence n’a été trouvée.
En outre, le BAFE souhaite que la justice, par des voies diplomatiques et l’INTERPOL, poursuit des démarches afin de trouver les nommés Anne Ketia Georges, Jean Ralph Antoine, Jean Junior Memnon et Stéphane Joseph pour qu’ils puissent répondre de leurs actes, conclut le rapport.
Commentaires et considérations du RNDDH
Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance se dit scandalisé d’apprendre que les suspects ont été relâchés par le Parquet, sans une forme de procès et que dans le même temps le droit des plaignants a été violé. Un tel dossier devrait être acheminé au Cabinet d’instruction afin d’explorer d’autres pistes et fixer les responsabilités. De tels agissements du chef du Parquet de Port-au-Prince, Me Edler Guillaume portent à questionner la libération des fautifs et justifier ses motivations réelles.
Le numéro un du RNDDH déplore le rôle de la justice haïtienne à maintenir l’impunité, à institutionnaliser la corruption. À l’Inspection judiciaire au Ministère de la justice et de la sécurité publique (MJSP), Pierre Espérance exige une enquête célère afin de faire la lumière sur les intentions réelles du chef de la poursuite à libérer les coupables.
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

