La « PHTKarisation » serait un néologisme de la dernière décennie qui renvoie à une kyrielle de connotations néfastes dont mégalomanie, narcissisme, flagornerie, tragédie, diffamation, malversation, conspiration, aversion, perversion et diversion.
Samedi 8 octobre 2022 ((rezonodwes.com))–
Depuis l’intronisation frauduleuse de ce cartel de nuls, de crapules, de débiles et de pédophiles aux axes stratégiques de la république historique, la cité est déboitée, estropiée et badigeonnée. Cette pullule toxique – composée par le laboratoire conspirationniste de l’ingérence étrangère – que l’on croyait être une couleuvre venimeuse impossible à avaler, a été finalement répandue au corps politique et social. Vive Barrabas ! La bêtise et le cannabis avaient damé le pion à la sagesse.
Comme pour vérifier dans une apagogie le paradigme de développement étayé par Acemoglu et Robinson (2012) qui table sur les institutions pour établir les facteurs de la prospérité et de la pauvreté, toutes les références sacrées d’Haïti ont été au contraire sabotées. Il en ressort les deux principaux problèmes qui certifient « Why Nations Fail ». 1) Une économie d’extraction au profit d’un groupuscule de prédateurs qui exploitent la masse et 2) Des approches politiques d’exclusion conçues par des mercenaires et des contrebandiers.
C’est précisément un tableau sinistre qui est dépeint à cette partie de l’Hémisphère considérée vraisemblablement comme cobaye pour des expériences cyniques qui s’apparenteraient à des crimes contre l’humanité. Au cours de ces dix années de toutes les gabegies et inepties insolites allant crescendo, le pays a vécu tous les drames.
Les multiples crises ont fini par se transformer en un cancer qui tutoie son stade de métastase avant d’immobiliser le pays dans un coma irréversible. Si rien n’est fait immédiatement dans l’intérêt de la sauvegarde des valeurs, Haïti disparaîtra de la carte mondiale. Les fils authentiques du bercail et de la diaspora hérités des chromosomes de Toussaint et de Dessalines en sont interpellés. Il y a urgence dans la demeure !
Avant la gangstérisation, l’imposture et l’usurpation
Lamothage, martellage et jovenelage effrénés des institutions, le bavardage des tonneaux vides champions de l’usurpation et de l’imposture officielle visait à mariner le peuple en des slogans creux. Au palais, à la Primature, au sein des ministères et des organismes autonomes, les bambochards festoyaient, magouillaient et faisaient « gouyer » dans l’indécence hommes, femmes et enfants. Fort souvent, en contrepartie de « zorèy bourik », sacs de riz, spaghettis, boîtes de lait ou motocyclettes. « Bay misye yon moto ! ». Sinon « Bay manzè yon machin ! ». La débandade !
Ces têtes de pioche dépourvues de cœurs et ces cerveaux détraqués dépouillés de matières grises étaient fascinés par l’exhibition des fesses mais rebutés par les prouesses des prodiges culturels et scientifiques confirmés ou en devenir. Les génies de nos lycées, nos collèges et écoles congréganistes sont complètement ignorés dans ce système plutôt promoteur de « Atè Plat », « Ti-Mamoun » et « Carwash ». « Ouvè Lekò » l’a remporté haut la main sur « Ouvè Lespri ».
Déperdition scolaire spectaculaire dans une grossesse politique ectopique plongée dans une sempiternelle déperdition, sous PHTK, Malice a abandonné la plume au profit de la manche longue. Parallèlement, Bouki est admis en Philo (Merci BIC). Dans cette défaite cuisante de l’éthique, Bouki deviendra certainement un arrogant Zabèlbòk qui va nourrir l’espoir de trôner plus tard au Parlement, à la Primature ou au fauteuil prestigieux d’un ministère. « Eske tèt nou drèt » ?
Une école au rabais où le diplôme n’est guère un bon signal du savoir et du savoir-faire. On y a constaté des épisodes de pays lock qui ont provoqué une fermeture à triple tour des cadenas de cette école hétérogène qui se diverge davantage en des vitesses discriminatoires. Pourtant, les taux de réussite au baccalauréat s’étaient révélés les plus élevés dans cet étrange Nouveau Secondaire importé, implémenté sous couvert d’un nivellement par le bas. Cadeaux empoisonnés offerts dans une logique de chemin facile afin de taire les exaspérations contre l’éducation nationale.
Les dirigeants médiocres ont charrié d’énormes déficits dans une singulière perte d’image interne et externe. Les chiffres et les lettres ont quasiment bu la ciguë dans ce système médiocratique qui déroule tapis rouge à des avocats marrons, des ingénieurs usurpateurs, des députés sans lekti et des sénateurs sans ekriti. L’encre est desséchée de la plume. L’image du système éducatif est déguisée comme un crayon de courte mine mal aiguisée.
La famille ne dresse plus de balise pour protéger ses enfants. L’église ne convertit plus les cœurs. L’université ne cogite plus. Par l’urgence de ne pas succomber aux coups tragiques de la famine ou par la course à l’argent facile, les institutions de référence sont à la dérive.
La presse ne divertit plus, ne forme plus, n’informe plus. En contrepartie de retours mesquins, elle a plutôt pris l’option de livrer son studio au banditisme à cravate et à sapate pour faire le vedettariat dans leurs crimes les plus spectaculaires. Mélange nauséabond de prostitution et de gangstérisation. Perte de repère.
Valse de vassalisation
Les fonds du Petrocaribe dévolus originellement à des projets collectifs mais détournés à l’avantage de ce clan avare ont compliqué les conditions de vie des couches les plus vulnérables. Les milliards de milliard de dollars en provenance des coopérations bilatérales et multilatérales auraient pu construire plusieurs hôpitaux, des campus universitaires, de multiples parcs sportifs standards et des dizaines d’écoles. De préférence, l’arbitrage a été de renoncer à tous ces projets au profit de la collectivité pour plaire à des groupuscules cupides qui envoyaient la cagnotte de la CIRH et du Petrocaribe dans les paradis fiscaux.
Lancés dans l’amateurisme et dans une cleptomanie boulimique par les frères siamois du PHTK, plus de quatre cents projets cosmétiques mais budgétivores dont « Gouvèdman Lakay », Manmi Cheri, Papi Doudou, « Banm Limyè, Banm Lavi », « Sport-Changement », etc. – consistaient à envoyer de la poudre aux yeux d’une population naïve qui se laissait dévaster par de véreux imposteurs et usurpateurs. Dans cette arène où fait rage l’escroquerie, un bracelet en plastique peut valoir deux ou trois fois plus qu’un sac d’école de marque.
Mal fagotés, sabotés et lamothés, ces projets bidons n’ambitionnaient que l’enrichissement déloyal des fils, femmes, beaux-frères, cousins, neveux, copains et partisans de ce régime dilapidateur. Surfacturation et pluri-facturation, davantage de projets, davantage de pots de vins, davantage de deals souterrains. Le trésor public se fait dévorer par une famille présidentielle espiègle. « Au nom du père, du fils et du Saint-Rémy. Les valses de vassalisation financière clouaient l’intégrité au pilori.
La vache Petrocaribe a été épluchée et désossée sans qu’un hôpital, un campus ou une école professionnelle n’aient été érigés. Le rapport technique de la CSCCA, qui étale les gabegies tout en les associant avec leurs artisans, est interdit aux cardiaques. Un ensemble de grands commis de l’Etat dont ministres et directeurs généraux y sont épinglés.
Que d’anciens ordonnateurs de ce régime corrompu ne se targuent point de taguer de cris de déraison le Petrochallenge qui évoque l’intérêt juridique du procès Petrocaribe. Le devoir citoyen doit nous interpeller à faire en sorte que l’intégrité vainque l’impunité. Celle-ci étant « talenticide » et « argenticide ».
Nettoyer les écuries
Plat complet de la chute politique, diplomatique et économique en parachute libre déchirée ; la cité PHTKarisée et squattérisée se trouve kokoratisée par une médiocratie rancie qui exhibe ses muscles cyclopéens sur la méritocratie. Un quadruplex d’insouciance, de déviance, d’ignorance et d’arrogance politique couplé du triplex d’anomalie, d’ineptie et d’asthénie économique, cette gouvernance mazette singulière a cumulé en une phobie pluridimensionnelle. Il en résulte une fuite massive de cerveaux et de capitaux qui laisse le corps social squelettique.
Sauf les braves (un petit groupe d’intègres), les contrebandiers (le clan de cupides) ou les incapables de se procurer un passeport (la majorité) ont opté de résider au bercail. Les statistiques de la vague de la migration « transitaire » Haïti vers l’Amérique latine en sont la preuve. Face aux petits monstres criminels conçus par les animaux politiques détraqués qui finissent par en perdre le contrôle, la classe moyenne est contrainte de faire de monstres arbitrages en détruisant son capital professionnel et social pour se jeter ignoblement au Canada, aux États-Unis, etc.
Le risque de se faire kidnapper ou trucider s’accroît au jour le jour. Les témoignages de kidnappings subis par des exilés forcés sont légion. L’héritage de la PHTKarisation est insalubre et cancérigène. Le passif est énorme. Il faudra des séances de chimiothérapie approfondie et des tonnes d’éponge pour nettoyer les écuries d’Augias. Difficile certes. Cependant, ce n’est pas un défi de taille quand la politique le veut en toute sincérité. Ce que l’Etat veut, Dieu le veut.
L’alternative salvatrice
Face à cette crise aiguë causée par le vide politique abyssal, Haïti détient aussi l’occasion de déclencher à travers son élite probe la stabilité politique et la garantie du respect des institutions. C’est le moment où toutes les forces vives – dont la société civile, la « bonne » presse, l’université, les intellectuels, les communautés de base ainsi que les bons grains de tous les partis politiques (y compris du PHTK) – doivent synchroniser leurs réflexions pour proposer une offre politique consensuelle salvatrice au profit de la collectivité.
Démence de la raison où l’évidence subirait l’assassinat du paralogisme, l’étrange ministre des Affaires étrangères de ce gouvernement indécent a claironné à la tribune des Nations Unies que tout est sous contrôle. Parallèlement, le PM hébété inapte au jeu de poker-menteur se plaint de l’impotence de son gouvernement à contrecarrer les dangers et défis d’un quotidien vécu sous le signe de la providence. Échec et mat.
Cette équipe indigne devait démissionner depuis belle lurette. D’ailleurs c’est un gouvernement de facto qui ne jouit ni popularité ni légitimité pour engager la nation en de grands projets. La signature de cette requête d’une intervention militaire est un crime de haute trahison perpétré par le neurochirurgien et ses collaborateurs à la vision myope. Ces traîtres fils seraient les premiers à endosser les crimes humanitaires qui en résulteraient à l’instar de celui du choléra causé par les Casques bleus de l’ONU au lendemain du séisme de 2010 qui a endeuillé des milliers de familles haïtiennes.
En 1994, en 2004, en 2010 et avant ces dates postérieures à la chute de la dictature, les coûts économiques et sociaux des interventions militaires étrangères ont été monstrueux. Mille fois NON à toute intervention militaire. Place à une transition de rupture à assurer des Haïtiens compétents et intègres pour remettre à l’heure les pendules de la stabilité et du développement inclusif.
Débarrassons Haïti de ses faux-amis et de ses traîtres fils. De toute évidence, la communauté internationale doit se rétracte d’approuver ce tract d’une intervention militaire signé par Ariel. Sinon elle serait une fois de plus complice de la barbarie. Le Core-Group et consort n’auront de choix que de suivre le Vox Populi couplé d’un leadership collectif avisé. La recherche de cet effort d’engagement citoyen permettra à terme de regagner la confiance, booster le tourisme, créer la prospérité, attirer des investissements étrangers et amorcer une fuite inversée des cerveaux et des capitaux.
De bonnes institutions et donc des représentants valables à la tête des entités régaliennes, ce sont toutes les couches économiques et sociales qui en sortent bénéficiaires lorsque science et conscience sont les empreintes de la gouvernance d’une société. C’est à partir de tels déclics que des sociétés émergentes notamment le Rwanda, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et le Taiwan se sont taillé une place dans le concert de la modernité.
“…Fool me twice, shame on me”
Hier, nous avons raté par légèreté ou par ignorance le train de la création de la richesse et du développement endogène soutenable à concrétiser par des projets publics à implémenter par des personnalités dignes, compétentes et intègres. Aujourd’hui, nous n’avons plus droit à de telles erreurs catastrophiques de banaliser les affaires politiques de notre république historique.
Nous sommes conscients des conséquences désastreuses de nos égarements de notre passé décennal récent. Le vagabondage à la tête politique a engendré le naufrage du corps social. Nous ne pourrions oser réitérer ces imprudences et stupidités inexcusables. Une prise en main par l’élite consciencieuse est urgente.
Entre-temps, les vendus de ce cartel politique en déconfiture sont entêtés à vendre notre pays en contrepartie de la jouissance personnelle des fonds publics qu’ils ont transférés dans les paradis fiscaux. « Kale Je Nou », Bien dit PM ! L’existence et la fierté d’Haïti sont une fois de plus menacés dans un risque d’intervention militaire étrangère que les crapules politiques dépourvus du sens de l’histoire veulent rendre imminente.
Alors que les bottes militaires charrient en permanence viol, vol, maladies ; dans sa série de maladresses à la nation, le cynique neurochirurgien à la tête de la Primature immature, monsieur Ariel Henri, divaguait en sollicitant en filigrane une intervention militaire au pays qu’il allait parapher plus tard en compagnie de son cabinet entier.
Si notre Haïti n’est pas déPHTKarisée, elle sera définitivement néantisée. Si nous ne nous indignons pas dans une sainte colère pour changer de trajectoire, la génération future ne nous pardonnera pas d’une épitaphe ignoble en nous taxant de « génération de la honte ».
Carly Dollin

