Partis du quartier de Raboto, les manifestants ont parcouru plusieurs rues de la ville pour exiger le départ du premier ministre de facto, le docteur Ariel Henry. Les contestataires dénoncent l’insécurité, la crise de l’essence et l’inflation ; héritage d’une mauvaise gouvernance politique chaotique du régime de facto.
La contestation populaire contre le docteur Ariel Henry gagne en intensité à Port-au-Prince comme dans les provinces. Après les Cayes, le Cap-Haitien, Petit-Goave, les Gonaïves ont pris le relais pour exiger la démission du chef du gouvernement de facto.
À l’appel des organisations politiques locales dont « Ayiti an aksyon » (A.A.A), des milliers de citoyens ont, vendredi, gagné les rues pour exiger la disponibilité du carburant dans les pompes, la baisse du dollar, des réponses à l’insécurité, entre autres.
A travers plusieurs artères de la ville, des centaines de manifestants emmenés par AA, ont scandé des propos défavorables au régime PHTK3, qui, selon eux, a échoué et qu’”il n’y a plus lieu de composer avec Ariel Henry dans un gouvernement de sauvetage de la barque nationale”.
Des figures politiques dont l’ancien sénateur Youri Latortue, le leader de Jeunesse montante du Grand-Nord, Raphael Marado Clavanet, l’ancien membre du cabinet de l’ex premier ministre Jean Henry Céant, Jorchemy Jean-Baptiste ont accompagné la population sur le macadam.
“Trop tard, et trop peu, des tentatives de solutions de saupoudrage ne passeront plus”, ont dénoncé les manifestants ne prenant pas au mot le Gouverneur de facto de la Banque Centrale avec ses nouveaux projets dévoilés jeudi, “pour amuser la galerie”.
La Police nationale d’Haïti (PNH) manquait à l’appel. Selon la presse locale, aucun dispositif policier n’a été remarqué sur le parcours.
Le coordonnateur national de « A.A.A », Youri Latortue, réitère sa détermination de participer à la mobilisation contre le régime de facto, jugé incompétent pour adresser l’insécurité, la vie chère, l’inflation, la décote de la Gourde.
Ce réveil national, ont affirmé des dirigeants, est pour attirer le projecteur sur la communauté internationale, le BINUH, Core Group, les tuteurs d’Ariel Henry, pour leur faire comprendre que “l’ère de l’esclavage est révolue et qu’il revient désormais aux Haïtiens de nommer leurs propres dirigeants à l’instar de la France, le Canada et les Etats-Unis”.
En dépit des cris réitérés de la population, le pouvoir demeure insensible à ses souffrances.
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

