Sans langue de bois, le bon sens décèle que ces bons du trésor BRH/MEF – à émettre dans l’optique voilée de calmer la tempête financière torride où le système bancaire mafieux serait dans l’œil du cyclone – ne sauraient être de bon aloi. Manœuvre de tergiversation, il s’agit d’un jeu Poker menteur animé de véreux imposteurs dotés de l’expertise de toujours quinter dans une dernière carte de procrastination. Signé à bâtons rompus, ce protocole des bons du Trésor élargis aux entreprises et aux particuliers est juste bon pour la poubelle. Il sera sans effet.
Lundi 5 septembre 2022 ((rezondwes.com))–
La dialectique est atterrée de constater que ce couple de grands argentiers Dubois-Boisvert rémunéré au frais de la princesse en détresse aura dégainé des bâtons de tous les bois dans les fesses sans graisse de cette indigente population végétant sous la malédiction d’un stress quotidien généré par des bandits à col blanc. Une volée de bois durs, bois verts, bois rouges, bois secs, bois cochons, bois longs et bois crochus sont affaissés au corps squelettique du peuple ironisé pour davantage enfoncer Haïti dans la caverne.
Les portes en bois sont de plus en plus affaiblies face aux sévères agressions des portes en fer qui exposent leurs muscles de prédation dans la jungle où périssent les plus vulnérables. C’est ce qui arrive quand l’arbitre a failli à sa devise de combattre les spéculations arbitraires et les arbitrages indus qui entraînent des rentes gigantesques via des jeux pernicieux avec les différentes devises.
De nombreuses petites bourses ont déjà abandonné ce périlleux marathon contre l’insécurité et la vie chère au cours duquel ils ont pris le maquis ou exhalé leurs derniers souffles dans l’indigence la plus abjecte. Dommage que les rescapés les plus résilients sauvés de justesse grâce à une certaine main invisible languissent encore à sortir leurs fustibales pour dégainer des pierres salvatrices visant à décapiter ce Goliath géant qui les bastonne depuis 2011.
Cela fait trop longtemps que le cartel criminel PHTK trompe et triomphe sur les plus de onze millions d’opprimés et de désespérés de cette belle partie de l’Archipel des Antilles qui hallucinent de goûter au bonheur même sous des cieux crispés du froid glacial.
À chaque fois que le clan cleptomane PHTK prend du poil de la bête en ses bêtes stratagèmes de respirer une bouffée d’oxygène additionnelle dans la bulle officielle, la population est davantage décatie. Kwashiorkor à l’état embryonnaire, à peine si le talent cloîtré trop longtemps à l’état latent saura explorer le génie qui se cache en lui. Il fut un temps, la BRH s’intéressait aux lauréats des universités, au moins pour certains champs. De bonne guerre, la Banque centrale incitait à une guerre des talents depuis la base jusqu’au sommet de la pyramide académique.
En raison de la gouvernance médiocre d’une bande de voyous parrainés par l’hypocrisie de la coopération internationale, les nuls sont en permanence en exhibition alors que les étoiles se ternissent. La fermeture de la FDS est interpellatrice. Qui dit mot ? Par la complicité des pharisiens de la communauté internationale, la vie de la médiocratie a été prolongée dans une longévité décennale. Parallèlement, La méritocratie a bu la ciguë. La société a fait faux bond car les mauvais ont chassé les bons.
Des bons, à quoi bon ?
Dans un concert désarticulé émaillé d’une factice promesse d’harmonie économique, la BRH et le MEF ont fait un rebondissement cyclonique en des offres de bonbons au chocolat promises à des enfants affamés pour les amadouer dans les folles exaspérations intestinales. Ces charlatans de la BRH ne mettent plus de gants pour bafouer les « bons à rien » de cette société bon enfant en leur lançant des doigts d’honneur avec la perspective de toucher leurs points de Gutenberg.
Sésame ! Les Bons du Trésor seraient un potage magique à guérir les 101 maladies des finances publiques. Pourtant, c’est après une décennie d’existence de cet instrument exclusivement accessible aux banques commerciales que le MEF et la BRH réalisent que son élargissement au public pourrait servir à stopper l’hémorragie financière en contrecarrant les gabegies et en faisant des Madan-Sara et des Ti-Joël des entrepreneurs à succès. Foutaise !
Tâter la partie sensible du corps en de répétitifs tâtonnements cosmétiques en périphérie vers un équilibre rêveur, les déséquilibrés à l’hypophyse des institutions régaliennes auront épuisé toutes les ruses imaginables et inimaginables pour tenter de gagner la sympathie populaire. Alea Jacta Est.
Les Léviathans de la Cité atrophiée qui anéantissaient tout ce qui vit et tout ce qui respire pendant une décennie d’escroquerie auraient dû comprendre qu’il vient le timing du revers de la médaille. Un minimum de dignité aurait déjà interpellé de tels dirigeants impotents à jeter le tablier. Dommage qu’au niveau officiel le sens de l’honneur est en voie de disparition.
Pourquoi cette nouvelle avancée tardive de la BRH ? Deux possibilités : absence d’imagination ou subterfuge. S’il s’agit du premier cas, la logique serait étonnée. Car l’on pourrait questionner l’utilité de la pléiade de directions techniques et de cadres chevronnés au service du Conseil de la Banque centrale. Dans le cas du deuxième scénario, la raison serait dans la confusion car des autorités régaliennes ne devaient jamais dévier de leurs mandats pour plutôt ridiculiser une population.
La vérification simultanée des deux possibilités évoquées serait encore plus choquante. Pourtant, au cours de l’empire de la médiocratie instaurée par le PHTK, les observations critiques laissent entrevoir une criante absence de leadership et d’imagination de la BRH dans les affaires publiques du pays. De surcroît, la récente vague de perturbations suivies des sorties médiatiques crabes confirment que le Conseil ménage sa monture en vue d’inventer des subterfuges pour faire durer le plaisir douloureux de tirer le drap du côté des profiteurs de ce système en putréfaction. Mission impossible. À ce stade des débats, les oreilles des sourds ont été guéries et les yeux des aveugles ont été ouverts. Fini le jeu de dupe !
Éloge de la bêtise
Le numéro un du MEF Michel Boisvert de stipuler : « Avec les bons du Trésor, nous voulons aller vers l’objectif zéro financement monétaire dans deux ou cinq ans ». Cette ouverture permettrait d’assurer un meilleur contrôle de la masse monétaire, éponger l’inflation galopante, faciliter le Trésor public à anticiper ses besoins en termes de ressources pour financer certains projets et enrayer des problèmes de trésorerie.
Le gouverneur Jean Baden Dubois pour sa part a surenchéri dans le sens que de tels titres obligataires vont générer un cadre favorable au développement d’un marché des capitaux en Haïti. Ces papiers de créances engagés avec l’État auraient permis à la population de respirer face à la crise économique. Ils contribueraient à stabiliser le système financier national, améliorer les conditions de vie, octroyer aux entreprises l’opportunité de diversifier leurs revenus et permettre à l’État de mieux s’organiser.
Puisque de tels bons élargis seraient si efficients, il parait bizarre que ce soit à une phase terminale que les médecins veulent prescrire ce remède magique au malade agonisant. Serait-ce la démence de la raison ? Où étaient passés les cabinets techniques, les chercheurs, les analystes, les consultants et les experts chevronnés d’ici et d’ailleurs au service du MEF et de la Banque centrale ? Le gouverneur aurait fait un rêve – sinon un cauchemar – que des devins économiques fantasmagoriques du système lui mésinterprètent pour éviter les plaies ou les années de vaches dépourvues de chairs.
Dans une perspective de gestion axée sur les résultats, la BRH et le MEF devaient en tout premier lieu procéder à des analyses d’impact et d’efficacité économique de tels bons décernés aux banques commerciales depuis 2011. Quels sont les montants engrangés par les banques à travers ces titres obligataires auxquels elles pouvaient accéder en solo ? Quels sont les projets qui ont pu bénéficier de financement à partir de cette source d’entrée de fonds à termes des banques privées ?
Dans un cadre académique ou empirique plus large, dans quels pays de tels bons du Trésor public ont-ils favorisé des investissements et un relancement économique ? Même dans le cas de réponses à ces interrogations, il faudrait penser à l’adaptation de l’instrument en y incorporant les conditions préalables. Le « One size fits all » ne fonctionne pas.
Par exemple, c’est archi-faux de leurrer à ériger un marché financier en dehors de confiance entre les secteurs et les acteurs. Les Bons du Trésor ne peuvent s’ériger comme une panacée dans ce système asymétrique caractérisé par la méfiance et l’opacité des actions des agents économiques. La BRH doit cesser de nous bafouer.
La BRH s’est rangée du mauvais côté
C’est à bon escient que la société catalogue la BRH d’arbitre embonpoint incapable de faire un bon point sur les jeux de coquins et de vilains des institutions financières pilotées par la mafia. Les anti-jeux et les tacles financiers arbitraires concoctés contre les plus démunis avaient reçu feu vert alors qu’ils devaient écoper de cartons rouges. Sans expulsion des malversations, on ne saurait imaginer une société d’inclusion.
Parmi les cas de mutisme, de cécité ou de connivence de la Banque centrale dans les dérives financières, il convient de mentionner l’extorsion des billets verts via les transferts sans contrepartie, les spreads exorbitants du dollar, le prélèvement illégal des dollars-cinquante sur chaque transfert, l’écart flagrant entre le montant de transfert envoyé et celui à percevoir. Dans tous ces cas, une seule victime : la population vulnérable. La classe moyenne se déguerpit. La masse s’enfonce davantage dans la crasse.
Ces officiels champions de la mégalomanie dans la disette se cachent sous les carrosseries climatisées de tous les luxes des 4X4 dispendieuses au décor antique moderne dont les Porsche, les BMW, les Prado dernier cri et les bâton-Moïse. Récemment, ces acteurs publics de la sinécure onéreuse semblent tomber sous les bâtons d’un Moïse volcanique, accrocheur et opportuniste qui prétend lui-même être le libérateur des martyrs de la dernière décennie pris au piège des Pharaons du banditisme d’État.
D’un côté, la foule scande à l’incendie pendant que le pilote qui se croit un « Pitit Dessalines » authentique ne sait placer en ce plein 21e siècle le mot approprié pour éviter de mettre de l’huile sur le feu de la politique de la terre brulée. Encore une fois, les scandales et les hostilités de l’innovation financière numérique chimérique s’acharnent entre le créateur du BitKob mort-né face au blasphémateur du BitGoud avorté. La masturbation financière salit tous les pantalons déchirés de la gouvernance mazette qui exposent en bastengal leurs pantalettes décousues. La prostitution a envahi les ondes.
Une Banque centrale ne vit pas de scandale. Au contraire, elle en meurt. La Banque centrale devait être discrète, même quand elle serait proactive en des dispositions au profit du bien-être collectif. Pas de nouvelles seraient bonnes nouvelles. Pourtant, cette BRH fait le show-off dans un soudain syndrome de verbomanie en caressant la presse pour la sortir de la détresse.
Des artifices artificiels
C’est depuis la fin du mois d’août, période charnière pour le Conseil de facto actuel qui vit son renouvellement dans le scepticisme, que la Banque centrale a mis ses faux poings pour monter un ring surchauffé de coups de massue à la tête de la population en état de crise convulsive. Coups bas dans les testicules et coups traîtres dans le dos, la BRH serait volontairement KO aux premières secondes du premier round face aux mafiosos de la finance. Les chocs des uppercuts se répercutent sur les plus petites bourses qui se procurent le dollar à des ventes aux enchères.
En panne d’inspiration pour se disculper à la Ponce Pilate, c’est en vain que Dubois fait flèche de tout bois. Injections de dollars, demande d’accompagnement du MEF, du MCI et de l’UCREF dans les mesures relatives aux contrôles des transferts, un ensemble d’ajustement a été porté aux circulaires 114-2 et 114-3. Des coups d’épées dans l’eau.
Menace de sanctions aux banques commerciales pour cesser cette guerre de spéculations injustes, la BRH prévoit des punitions aux institutions et aux entreprises commerciales irrévérencieuses aux normes et particulièrement aux circulaires 114-2 et 114-3. C’est au beau milieu du fiasco fécal que la BRH entend boucler son ceinturon alors que son pantalon se positionne au-dessous de ses genoux. Tout porte à croire que le combat est perdu d’avance. La Banque centrale n’a aucun bois dur derrière sa banane pourrie.
De l’extrême du silence sépulcral à une verbomanie maladive, cette soudaine transition passe rarement bien. Absente hier pour être trop présente aujourd’hui, c’est quoi les incitations de la BRH qui fermait ses yeux pendant trop longtemps sur le pillage ? Le Conseil voudrait-il véritablement juguler le désordre du marché de la monnaie ou serait-il sous des menaces de révocation ? Bizarre.
Où était la BRH trois mois, six mois, neuf mois, un an de cela ? Le Conseil entier jouissait-il d’une année sabbatique ? La dialectique perçoit dans ce brusque empressement un retour en force pour se suicider en des mesures drastiques ridiculisées d’avance par les faussaires ciblés.
Bon gré mal gré, le rôle de cette régulatrice est crucial pour assurer l’équilibre et la paix dans les finances publiques du pays. Malheureusement, l’épave régulatrice de la rue Pavée y est impotente. L’institution en soi n’est pas le problème ; mais plutôt les incompétents et les impotents qui la conduisent vers le naufrage. La solution requiert alors de nouvelles têtes car ce Conseil ne jouit d’aucune confiance. Il ne fait pas autorité.
Bon compte, bons amis
La dialectique voit toujours d’un bon œil. Quand les références sacrées vous disent que d’un sac de charbon tu ne peux extraire de la farine, ce n’est pas une parole fantaisiste. Le syllogisme voudrait que le vagabondage implique le sauvage. C’est aussi simple que la simplicité qui est simplement simple. Les psychologues Américains James Wilson et Georges Kelling ont sciemment théorisé sur la question à travers leur masterpiece « Théorie de la fenêtre brisée ». Chimen bouton se chimen maleng.
Tout quidam sait que l’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître. Pourtant, seul l’argent constitue l’étalon de la mesure des valeurs de ces officiels petits d’esprit et de cœur qui ont tout ravagé dans leur mégalomanie excessive. La dernière décennie a vu trôner à la plus haute magistrature du pays des familles présidentielles espiègles. On dénombre une kyrielle d’escroqueries dans les finances publiques qui profitent au père, au fils et au Saint-Rémy.
Haïti s’enfonce dans le labyrinthe en raison de la boulimie des maîtres de la jungle qui ont tout emporté vers les paradis fiscaux où logent leurs comptes aux plus de dix digits au détriment du bien-être collectif. Quand la nation demande des comptes sur la dilapidation des fonds du Petrocaribe, des transferts et bien de contrats publics signés dans l’opacité, les derniers Conseils de cette BRH au service du clan vilain PHTK seront également passés au crible de la justice. « Les bons comptes qui font de bons amis ».
« A bon chat, bon rat ». Quand les ratpaka à sapattes et à cravates semaient la terreur dans la Cité, il a fallu un mouvement GNB pour les contrecarrer. Malheureusement, ce mouvement antagoniste contenait de nombreuses failles. Il y a des leçons salutaires à tirer de telles expériences de notre passé récent. Décidément, il ne convient pas uniquement de rompre avec les pratiques collectivement désavantageuses. Il faut surtout planifier la relève à travers des offres politiques et sociales inclusives à implémenter dans le long terme au profit de la collectivité.
Puisque de mauvais Larrons se dressent en de véritables barons pour étrangler les plus vulnérables, la vigilance devrait cesser de les regarder au blanc des yeux et les laisser faire sans y objecter. Martelly a été un oiseau de mauvais augure. Avec PHTK, Haïti se trouve enveloppée en de mauvais draps. Le bon ange du pays est parti.
Le ver est dans le fruit. Halte-là à ces flatteries de bonbons au sirop miel pour endormir la population dans une léthargie catatonique. Haïti en meurt. La conscience collective est interpellée à s’atteler à lancer un coup de pied au cul des va-nu-pieds à la tête de la sphère publique pour qu’Haïti reparte du bon pied. Il est temps de festoyer la fin du règne de la médiocratie. Ce sera bon débarras !
Carly Dollin

