Mercredi 24 août 2022 ((rezonodwes.com))–
Haïti vit sous le règne de la terreur. C’est une illusion de croire que cette terreur se cantonne à la zone métropolitaine, Port-au-Prince et communes avoisinantes. En effet, protéiforme, elle gagne progressivement du terrain dans les villes de province jusque-là épargnées.
Comme dans n’importe quel État digne de ce nom, on pourrait s’attendre à ce que des mesures vigoureuses soient prises pour endiguer le phénomène. Mais, hélas, pas en Haïti, pays dirigé par une coalition de criminels qui ne cache plus son mépris pour le peuple. Les réactions hypocrites de certains responsables politiques, à la suite de l’assassinat crapuleux d’une mère et de ses deux filles, ne sauraient faire oublier l’indifférence de cette bande de criminels politiques à l’égard de la descente aux enfers du pays.
Toute une jeunesse végète sous leurs yeux, les supplie de réagir, de trouver des solutions, ne serait-ce que pour tenter de sortir le pays de ce gouffre, n’est-ce pas ? Ce n’est pas leur souci ! Les Haïtiens vivent dans la peur permanente pour effectuer le moindre geste de la vie quotidienne notamment dans la capitale dont des pans entiers sont devenus de véritables zones de non droit contrôlés par des théoristes ? Ils s’en fichent totalement puisque c’est de notoriété publique que ce sont eux qui les ont armés !
De nombreuses familles craignent d’être atteintes par une balle perdue, comme cela s’est déjà produit dans la capitale, ils poursuivent tranquillement leur vie de luxe, roulant en voiture blindée, menant une vie de nababs dans des villas sous haute sécurité ! Zafè ti nèg pa zafè gran nèg !
Il n’y a plus de doute là-dessus, les derniers évènements survenus dans le sud le 23 août 2022 – date d’anniversaire de la cérémonie du Bois Caïman, le 23 août 1791! – finissent de prouver que le pays est bel et bien dirigé par une coalition de puissants criminels. Ces derniers à la tête d’un régime réactionnaire et autoritaire protègent les théoristes qui manifestent dans les rues de Port-au-Prince, armes lourdes à la main, à visage découvert. Pire, ils ne pipent mot lorsque ces théoristes font des descentes à Cité Soleil et Bel Air et massacrent des centaines d’habitants de ces bidonvilles.
Mais, ils n’hésitent même pas une seconde à ordonner à la police de charger de paisibles citoyens qui pleurent misère lors de manifestations pacifiques comme à Jacmel, aux Cayes et à Miragôane.
Inutile de dire qu’il est insupportable que des citoyens, qui exigent pacifiquement de l’Etat de pouvoir vivre dignement, se fassent tuer tandis que des terroristes, criminels à sapates, sont dorlotés par des criminels à cravates. C’est le droit le plus fondamental du peuple haïtien de dénoncer la vie chère et l’insécurité qui gangrène le pays. Les brutaliser ou les attaquer à balles réelles est donc criminel !
Une chose est sûre, ce n’est pas de la science-fiction, cette situation débouchera inéluctablement tôt ou tard sur une explosion sociale. Et c’est peu dire que les dégâts seront incalculables. À trop jouer avec le feu, on finit par provoquer un incendie d’une telle ampleur que même les pompiers les plus aguerris auront du mal à éteindre.
Que personne ne s’en étonne ce jour-là ! À moins d’être aveugle, insouciant ou insensible aux malheurs de tout un peuple, pour ne pas se rendre compte que Haïti est plus que jamais un pays éruptif !
Malè avèti pa tiye kokobe !

