29 octobre 2026
Me Serge H. Moïse :  »Unissons-nous autour d’un idéal commun! »
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Me Serge H. Moïse :  »Unissons-nous autour d’un idéal commun! »

« Ite Missa Est »

par Me Serge H. Moïse

Mardi 28 septembre 2021 ((rezonodwes.com))–

Il est certes un peu trop tôt pour penser à jeter l’éponge. On peut perdre plusieurs batailles avant de gagner la guerre à condition de ne pas faire du sur place car « qui n’avance recule ».

Un de nos éminents intellectuels, excellent analyste, mais acteur politique malchanceux, affirmait avec raison que le pays reculait à une vitesse vertigineuse. Nous étions dans les années quatre-vingt dix et les événements jusqu’à aujourd’hui ont fini par lui donner raison.

Le mal en nous est tellement profond que même le séisme du douze janvier deux mille-dix n’a pas eu la vertu de nous secouer et de nous extirper de cette somnolence, cette torpeur qui paralyse notre avancement depuis l’assassinat de notre empereur Jacques 1er.

Qui pis est, nombreux parmi nous qui se targuent d’être des chrétiens, donc d’honnêtes citoyens, y ont vu l’opportunité de renflouer leurs comptes en banque. Ils ont manœuvré tant et si bien qu’une deuxième secousse ne ferait que les arranger davantage.

Dix ans déjà, et nous parlons encore de notre résilience, avec un vague espoir d’un certain lendemain probablement meilleur.

Nous devons nous résoudre à questionner notre comportement pour le moins délétère face à la misère de nos compatriotes, et ce, depuis toujours.

Qu’en est-il de la refondation du pays qui aurait dû être amorcée depuis belle lurette par la réforme judiciaire en particulier et celle de l’administration publique en général, d’une part et la lutte acharnée contre le chômage par le « FHS » Fonds Haïtien de Solidarité, priorité absolue, d’autre part?

On soulève beaucoup d’air, si au moins c’était pour activer des turbines éoliennes, l’électrification promise semblerait en voie de réalisation.

Une commission nationale de la réforme judiciaire (CNRJ) aurait pu être créée avec la participation des meilleurs juristes du pays auxquels s’adjoindraient : sociologues, économistes, politologues, le secteur des affaires, afin de revoir l’ensemble de notre législation, la mettre à jour dans la perspective de notre réalité économique, sociale et politique d’aujourd’hui et de notre vision pour l’avenir de notre société.

À ce chapitre, l’Amicale des Juristes qui a déjà fait sa marque sur le terrain ne se ferait pas prier pour apporter sa contribution substantielle à cette démarche fondamentale et incontournable. L’Amicale des Juristes ne manquerait pas de crier haut et fort :

« En route vers un État de Droit »!

Et pour que la santé, la paix et l’ordre dans la cité, le développement durable et le progrès, sans oublier une éducation en adéquation avec notre histoire, aux fins de bien former le nouvel homme haïtien, certainement pas d’autres générations d’acculturés, pour que tout ce qui précède cesse d’être des vœux pieux, il s’avère indispensable de s’attaquer farouchement au chômage qui affecte soixante-dix pour cent de notre population.

Est-il besoin de rappeler que l’oisiveté est la mère de tous les vices?

Certes non, en conséquence, conformons-nous donc au (PIDESC) Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels, qui vient d’être ratifié par le sénat et à l’article 35 de la constitution qui prescrit :

« La liberté du travail est garantie. Tout citoyen a pour obligation de se consacrer à un travail de son choix en vue de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, de coopérer avec l’état à l’établissement d’un système de sécurité sociale »

Le pays a été dévasté par le séisme d’il y a dix ans, soixante pour cent du budget national est fourni grâce à la générosité de la communauté internationale, nos institutions, à toutes fins pratiques bancales, le secteur privé des affaires ne mène pas large, il est donc plus que temps de faire appel à tous les enfants du pays pour qu’ils mettent la main à la pâte. Ils n’attendent que ce signal de manière claire et nette.

Et comme l’exemple doit venir d’en haut, il incombe à nos leaders politiques, religieux, sociaux et économiques de plancher sur cette priorité absolue et que tous ensemble, filles et fils d’une même nation décidions de former cette grande chaîne de solidarité en dehors de laquelle il n’y a point de salut.

Diriger c’est prévoir; la faim, la maladie, la misère et le désespoir sont les pires ennemis de la démocratie. N’attendons pas qu’il soit trop tard pour jouer aux pompiers mal équipés.

Unissons-nous autour d’un idéal commun, mettons de côté toute partisanerie mesquine, resserrons nos liens à travers le Fonds Haïtien de Solidarité (FHS) afin de financer les millions d’emplois qui nous font défaut. C’est pourtant simple, pratique et porteur de liberté, de dignité et de progrès.

Faire la sourde oreille aux cris et lamentations de nos chômeurs et des membres de leurs familles qui crèvent de faim, s’avère un crime de lèse-patrie, leurs réponses pourraient être catastrophiques pour la nation tout entière et nous confiner à murmurer à travers nos sanglots : Ite Missa Est!

Me Serge H. Moïse av.

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