27 octobre 2026
Assassinat de Jovenel Moïse : le parti-pris de la lucidité!
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Assassinat de Jovenel Moïse : le parti-pris de la lucidité!

par Joseph Baker A.

Samedi 10 juillet 2021 ((rezonodwes.com))–

Dans cette conjoncture macabre, les analyses pleuvent. Tout le monde s’efforcent de placer un mot, c’est compréhensible. Assassiner un président chez lui et, de surcroit, avec les pratiques de tueries dignes du moyen âge, c’est exaspérant, indignant.

Cependant, j’estime qu’il y a une image qu’on est entrain de constuire de l’assasiné qui est une forme d’exagération, d’écart par rapport à la réalité. A mon grand étonnement, hier je lisais un papier d’un camarade qui qualifiait l’assasiné de visionnaire à cause de ses IDÉES. Et, de plus, c’est à cause de ses IDÉES qu’on l’a éliminé.

Avec une telle approche idéaliste, on peut dire que le pays n’a connu que des dirigeants visionnaires, presque tous nos dirigeants avaient des IDÉES de changement. Le dernier, sur ce point peut paraître le plus prolifique tellement il avait des IDÉES. Alors, est ce qu’on peut mesurer à l’aune des IDÉES, de bonnes intentions le bilan d’un dirigeant? A ces questions il y a une tendance de dire que le système l’a empêché de les concrétiser. Il avait des IDÉES, mais le système… Discours facile. En effet, pour essayer de comprendre le parcours de l’assasiné, pour moi, il faut faire un effort d’analyser son parcours dans une double dimension : le réel et l’apparence.

Dans le reel, l’assasiné était le digne fils du système, un bénéficiaire, il ne pouvait arriver à la magistrature suprême sans son aide. Et, en ce sens, il avait des redevances, il avait d’énormes tâches à accomplir pour la pérennisation de son bienfaiteur (le système). Et, en apparence, comme il fallait un discours pour camoufler le réel, et l’assasiné était le prototype idéal du petit nègre pour apporter un discours à caractère développemental, nationaliste, épidermique pour la séduction de la grande masse, pour tromper les vigilances, on l’a choisi d’emblée.

En conséquence, il n’était jamais question d’une quelconque volonté de changement, d’amélioration des conditions de vies. Ainsi, arriver au pouvoir, quelles étaient ses actions? Qu’est ce qu’il a entrepend comme décisions politiques pour implémenter ses IDÉES? Le constat est clair, le pays laissé par l’assasiné peut servir d’éléments de réponses à ces questions.

In fine, comprendre la réalité haïtienne demande un effort d’analyse, un peu de recul pour saisir cette réalité complexe. La tentation est grande de sympathiser avec les bourreaux par ici. L’assasiné, peut-être, voulait franchir quelques limites, il voulait nuire à quelques bourgeois, mais il a oublié que nuire à un bourgeois c’est nuire à tous les bourgeois.

Il avait un temps de travail, le système a besoin de temps en temps d’éléments nouveaux pour se régénérer. Il était devenu nuisible, pas parce qu’il voulait changer la donne, mais parce qu’il était devenu un élément désuet.

Joseph Baker A. 
Étudiant.

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