Dans une note de presse datée du 26 octobre 2026 et signée par Jean William Jeanty pour la Coordination nationale de KONTRAPÈPLA, l’organisation paysanne frappe fort. Elle accuse l’État haïtien de « liquider l’attribution fondamentale de l’Etat » accordée au Salvador et de compromettre la souveraineté nationale au profit d’intérêts étrangers.
Le communiqué part d’un constat simple et cinglant : le gouvernement haïtien aurait cédé des terres à un État voisin, ouvrant la voie à une présence militaire salvadorienne qui, selon KONTRAPÈPLA, s’accompagne déjà de tensions, d’incidents et d’un sentiment de mépris envers la population locale. L’organisation rappelle que la responsabilité première de l’État est de protéger la vie et les biens des Haïtiens, y compris face aux étrangers vivant sur le territoire. Elle s’indigne que cette responsabilité soit, à ses yeux, inversée.
Le texte dresse un tableau alarmant : présence de militaires salvadoriens, incidents rapportés dans certaines zones, envoi de troupes supplémentaires par le président Nayib Bukele, et silence ou faiblesse de la réponse haïtienne. KONTRAPÈPLA pose des questions directes et sans détour : le président Bukele respecte-t-il la souveraineté haïtienne ? L’État haïtien a-t-il réellement le contrôle de son territoire ? Les autorités nationales protègent-elles leur propre population ou facilitent-elles une forme de domination étrangère ?
Au-delà de la critique ponctuelle, le communiqué élargit le débat. Il relie cette affaire à une longue histoire de cessions, d’accaparements et de politiques qui, selon l’organisation, affaiblissent le paysan haïtien et le peuple en général. KONTRAPÈPLA y voit un danger pour l’indépendance nationale, la dignité collective et la possibilité même d’un développement souverain. Le slogan final résonne comme un appel : « Pou yon pèp lib nan yon peyi granmoun ! Savalouwe ! »
Ce document n’est pas une simple plainte. C’est un acte politique. En s’adressant à l’opinion publique, KONTRAPÈPLA cherche à forcer un débat national sur la question de la souveraineté , la présence militaire étrangère et la capacité de l’État à défendre les intérêts du peuple haïtien. Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité, la précarité foncière et la fragilité institutionnelle, ce cri d’alarme mérite d’être entendu, discuté et confronté aux faits.
La souveraineté ne se négocie pas à la légère. Lorsqu’une organisation paysanne affirme que l’État « liquide » ce qui lui appartient de plus fondamental – la terre et le contrôle de son territoire –, il ne s’agit plus seulement d’une note de presse. Il s’agit d’un signal d’alerte sur l’état de la nation.



