26 octobre 2026
Au moins 240 personnes ont été tuées au cours d’opérations punitives des gangs pro-pouvoir sous la présidence de Jovenel Moïse, a rapporté la Harvard Law School des États-Unis
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Au moins 240 personnes ont été tuées au cours d’opérations punitives des gangs pro-pouvoir sous la présidence de Jovenel Moïse, a rapporté la Harvard Law School des États-Unis

Vendredi 23 avril 2021 ((rezonodwes.com))– Harvard, l’une des plus grandes universités des États-Unis d’Amérique, à travers la Clinique internationale de défense des droits humains (IHRC) de sa Faculté de droit s’est penchée sur la répression sauvage et les crimes contre l’humanité commis en Haïti par le régime Tet Kale, dirigé par Jovenel Moèse et les gangs fédérés par le pouvoir, G9.

De concert avec l’Observatoire Haïtien des crimes contre l’humanité (OHCCH) l’IHRC de la Harvard Law School, dans un rapport récemment publié, a indiqué que tout au long de la présidence du président Jovenel Moïse, des attaques haineuses ont été commises par des groupes armés contre des civils dans des quartiers défavorisés de Port-au-Prince.

 »L’ampleur de ces attaques, ainsi que le scénario et le contexte dans lesquels elles s’inscrivent indiquent qu’elles peuvent être qualifiées de crimes contre l’humanité », peut-on lire dans ce rapport.

Les attaques ont eu de graves conséquences sur les communautés touchées : au moins 240 personnes ont été tuées, au moins 45 personnes ont subi des blessures, au moins 25 femmes ont été violées et des centaines de maisons ont été incendiées, ce qui a mené à un déplacement forcé généralisé.

Les attaques ont pris pour cibles des civils résidant dans des quartiers défavorisés où l’opposition au gouvernement est forte et les manifestations contre le gouvernement fréquentes. Les attaques ont été menées par des chefs de gangs bien connus, dont Jimmy Chérizier, Serge Alectis alias Ti Junior, Iscar Andrice alias Isca, et Micanor Altès alias Roi Mikano, qui, en juin 2020, ont formé l’alliance de gangs G9.

Des représentants de l’État ont été impliqués dans chacune de ces attaques — allant de la participation de hauts fonctionnaires de l’administration Moïse à celle d’agents et de ressources de la PNH —, ce qui indique que les attaques commises par les gangs ont été déployées systématiquement comme outil de répression politique.

Selon le rapport, il existe une base raisonnable pour conclure que des acteurs étatiques et non-étatiques pourraient avoir commis des crimes contre l’humanité en Haïti. Les attaques qui ont été analysées comportent des meurtres, des viols, de la torture et la persécution d’un groupe en raison de son identité politique – les types de crimes sous-jacents qui constituent le fondement des crimes contre l’humanité33. L’ampleur, le scénario et l’intensité de la violence indiquent que les actes n’étaient ni isolés ni fortuits, mais qu’ils constituaient plutôt des attaques généralisées et systématiques ciblant des populations civiles.

La preuve indique en outre que les attaques ont été planifiées à l’avance et qu’elles s’inscrivaient dans la poursuite de la politique d’une organisation (les gangs) et d’une politique implicite de l’État visant la répression de l’opposition politique. Le fait que ce soient des quartiers occupés par l’opposition qui aient constamment été pris pour cible et la participation répétée aux attaques de fonctionnaires et représentants du gouvernement, de policiers et de ressources policières permettent de déduire l’existence de cette politique d’État.

De plus, des acteurs étatiques ont permis que les attaques soient exécutées sans aucune intervention policière et n’ont toujours pas sanctionné les personnes responsables.

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