Le porte-parole de « Nou se revolisyonè », Winter Étienne invite les écoliers à regagner les salles de classe. Loin d’abdiquer dans la lutte pour le respect de la Constitution, il annonce que la mobilisation sera engagée sur d’autres fronts
Mercredi 24 février 2021 ((rezonodwes.com))–Les autorités locales aux Gonaïves, ont jusque-là peiné à faciliter la reprise des activités socio-économiques, paralysées depuis des semaines à la suite des troubles nés de la mobilisation appellant au respect des dispositions 134-2 de la Constitution.
Des tentatives engagées par les policiers et les autorités locales pour libérer la chaussée des barricades, faciliter le retour des commerçants au marché communal, organiser la reprise des activités scolaires se sont révélées sans succès.
Des militants du quartier de Raboteau, en première ligne dans les mouvements visant à forcer Jovenel Moïse à abandonner le Palais national, imposent leur loi, décident de l’avenir de plus de 400 mille âmes de la Cité de l’Indépendance.
Ce mardi 23 février, tard dans la soirée, le porte-parole de »Nou se revolisyonè » Winter Étienne, en conférence de presse, exprime le souhait de libérer la ville, et œuvrer pour un retour à la normale de la situation.
Il évoque la situation difficile des parents qui peinent à joindre les deux bouts, des écoliers éloignés des salles de classe depuis le début de l’année, des résidents qui abandonnent leur foyer en raison des troubles sociaux.
L’intervention des forces de l’ordre pour rassurer la population civile depuis le début des soulèvements s’est révélée infructueuse. Des civils armés exigeant le départ de Jovenel Moïse du Palais national ont mené la vie dure à la collectivité. Pas un jour sans observer des défilés de militants armés défiant les forces de l’ordre. Des détonations sporadiques, des débordements ont caractérisé cette épilogue douloureusement vécue par les gonaiviens.
Le grand commerce roulait au ralenti, les activités scolaires pratiquement à l’arrêt, le transport public limité dans certains circuits ont contraint les citoyens à maintenir la cadence au rythme de l’évolution de faits.
La nouvelle enflait sur les réseaux sociaux avant d’être confirmée par Winter Étienne. Le porte-parole de »Nou se revolisyonè » sans dévoiler les motifs de la décision annonce être en faveur d’une reprise scolaire dans la commune. Dans le quartier de Raboteau, devant une foule chauffée à blanc, il informe des dernières stratégies pour poursuivre la mobilisation.
»Les enfants sont l’avenir du pays, ils ne devront pas être pénalisés », a-t-il soutenu.
Dans la foulée des annonces, il révèle qu’une demi douzaine de policiers ont été blessés par des militants, mardi, au cours des opérations policieres visant à libérer la chaussée. Cependant, l’ombre de nouvelles escalades de violence hante encore les esprits en raison du contexte fragile, concèdent des sources locales.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

