15 octobre 2026
Covid-19: Travailleuses du sexe, les oubliées du gouvernement de facto
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Covid-19: Travailleuses du sexe, les oubliées du gouvernement de facto

Par : Vitalème ACCÈUS

Lundi 4 mai 2020 ((rezonodwes.com))– La pandémie de coronavirus accroît la vulnérabilité des travailleuses du sexe. Privées des aides du gouvernement de facto , certaines n’ont d’autre choix que de poursuivre leurs activités, et ce, malgré les risques de contagion inhérents à leur profession. Si certaines femmes refusent de continuer à travailler pendant la pandémie, d’autres ne peuvent tout simplement pas être privées de quoi à  vivre durant cette longue période .

Ces derniers jours dans les communes de Pétion -Ville et de Delmas ,les travailleuses du sexe ont vu leurs revenus réduits considérablement depuis que la pandémie de la COVID-19 a commencé à se propager en Haïti. Plusieurs d’entre elles ont besoins de nourriture et de produits de première nécessité. Elles sont parfois sans abri et sans revenu.Pour les travailleuses du sexe, le confinement signifie vivre avec des revenus désormais réduits au minimum, dans le huis clos de leurs maisons , mais aussi continuer à faire face à la stigmatisation et aux préjugés, conjugués dans le contexte culturel Haïtien .

À Delmas et Pétion-Ville les choses se sont beaucoup plus compliquées avec le couvre-feu instauré depuis  la mi- Mars . Plus personne n’ose circuler dans les rues de Pétion-Ville au-delà de 8h du soir . Ce qui fait que les trottoirs sont déserts et les Travailleuses de sexe ne pouvant plus s’exposer.

 Vanessa est justement l’une de ces jeunes femmes qui a choisi le commerce du sexe. Elle le pratique depuis l’adolescence, malgré qu’elle ait maintenant la quarantaine. « Ces temps-ci, les choses ne marchent plus pour nous à cause du Covid-19 . Tous les clients qui venaient me voir pour solliciter mes services ont fondu dans la nature. Ils refusent même de répondre à mes appels. Actuellement, je suis complètement fauchée et je n’ai rien pour subvenir à mes besoins et ceux de mes 4 enfants que je dois nourrir. Je suis obligée d’emprunter de l’argent à un de mes voisins», a-t-elle dit.

Selon elle, « l’apparition du coronavirus a eu beaucoup de conséquences sur son travail dès lors qu’elle pouvait se retrouver avec 5000HTG ou plus par jour. Et avec la présence du Covid-19 où chacun cherche à se prémunir, elle peut rester tout une journée sans avoir la somme de 1000HTG. N’ayant que ce métier pour nourrir sa famille, elle reste stoïque à la maison, priant que l’épidémie disparaisse le plus rapidement possible pour que les choses redeviennent à la normale et que son business recommence à marcher. Une autre Travailleuse du sexe, du nom de Safira appelle le Président Jovenel Moïse à les mettre dans le lot des familles démunies à soutenir, « notre saison fermé », a-t-elle affirmé. « Les clients ne viennent plus à cause de cette pandémie du Covid- 19. Et on ne peut plus fréquenter les bars, dancings et autres endroits qui sont fermés. Les trottoirs non plus à cause du couvre-feu », raconte cette belle femme créole qui dit vivre de la prostitution.

D’un autre côté, elle a ajouté que son  inquiétude, c’est également de ne plus pouvoir payer sa chambre qui se situe dans une rue de Pétion-Ville . « On ne sait plus à quel saint se vouer. Nous traversons des périodes difficiles, car nous sommes en chômage technique. N’eussent été les quelques économies que j’avais mis de côté pour épargner, cette période de crise serait très difficile pour moi et pour toute ma famille dont j’ai la charge », murmure-t-elle.

 Contrairement à ses autres collègues, Claudine,continue toujours de recevoir sa fidèle clientèle. « Le Covid 19 ne peut pas m’empêcher de travailler car c’est mon gagne-pain. Tout ce que j’ai réalisé dans la vie, je l’ai eu en vendant mon magnifique corps », a-t-elle déclaré sans gêne. Avant d’indiquer : « Mes fidèles clients viennent me voir dans mon appartement où je  reçois comme d’habitude. Mais, comme tous les Haïtiens , je respecte les mesures d’hygiène en me lavant bien les mains, en y mettant les solutions hydro alcoolisée. Cette disposition est également valable pour mes visiteurs. Et après chaque contact avec un client, je prends le soin de bien me nettoyer par mesure d’hygiène », a-t-elle conclu.

 Mirlande , sans être une travailleuse du Sexe , se désole qu’elle ne voit plus les nombreux hommes qui lui rendaient visite depuis la présence du Covid -19 sur nos murs. Certains ne font qu’appeler. Et depuis l’annonce du couvre – feu, « certains hommes que je recevais souvent dans la soirée m’ont clairement dit qu’ils ne pourront plus venir. D’autres m’ont même prié de ne plus essayer de les joindre », fait-elle savoir.

À rappeler que le Covid-19 ne se transmet pas à proprement parler par voie sexuelle. Le coronavirus se propage par les gouttelettes et les sécrétions que l’on projette lorsque l’on éternue ou que l’on tousse. On peut également l’attraper quand on est en contact physique avec quelqu’un déjà atteint, par exemple en lui serrant la main ou en lui tapant le dos. Les rapports sexuels sont néanmoins déconseillés, comme l’est tout contact physique.

Enfin,dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince , les mesures préventives contre la pandémie du Coronavirus n’épargnent aucun secteur. Chez les travailleuses du sexe, des mesures sont aussi prises pour barrer la voie à la pandémie. Ce qui  explique aujourd’hui que les travailleuses du sexe dépitées de ne plus avoir des clients à côtoyer . Ça aussi, c’est le coup fumant du méchant Covid -19.

Vitalème ACCÈUS

acceus2009@gmail.com

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