14 septembre 2026
Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir grâce aux États-Unis, selon France 24
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Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir grâce aux États-Unis, selon France 24

Crise en Haïti : « Le maintien de Jovenel Moïse au pouvoir ne tient qu’au soutien de Washington »

Alors qu’Haïti s’enfonce depuis plus d’un an dans la crise, le président Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir avec le soutien des États-Unis. La diplomatie américaine pourrait toutefois évoluer sur ce dossier : son ambassadrice à l’ONU a été envoyée sur place, mercredi, pour rencontrer le président et les manifestants

par Romain BRUNET de France 24

Samedi 23 novembre 2019 ((rezonodwes.com))– Une issue à la crise est-elle possible en Haïti ? Depuis plus d’un an, la rue réclame la démission du président Jovenel Moïse, élu en février 2017. La colère initiale contre les pénuries d’essence a évolué en ras-le-bol généralisé contre la hausse continue des prix et les scandales de corruption impliquant l’élite gouvernementale. Tous les secteurs de l’économie et des services publics sont bloqués depuis plus de deux mois, tandis que les manifestations tournent souvent à l’émeute.

De son côté, le président haïtien s’accroche au pouvoir, se mure le plus souvent dans le silence et limite ses apparitions publiques. Dernier exemple en date : la commémoration a minima de la bataille d’indépendance, le 18 novembre, à Port-au-Prince.

Conspué par de nombreux Haïtiens, Jovenel Moïse n’a pas fait le déplacement sur le site historique de la bataille de Vertières, situé à 240 km au nord de la capitale, et a simplement procédé à un dépôt de gerbe de fleurs au musée qui jouxte le palais national, où s’est tenu un défilé militaire. La place du Champ de Mars, où se situent le musée et le palais, a été interdite d’accès au public le temps des cérémonies et un lourd dispositif policier veillait à éviter la moindre intrusion.

Les deux camps semblent incapables de dialoguer. Dans ce contexte, difficile d’imaginer une sortie de crise dans un avenir proche. La donne pourrait toutefois changer si Washington, qui a envoyé sur place, mercredi 20 novembre, son ambassadrice à l’ONU, décidait de mettre la pression sur Jovenel Moïse. Selon le politologue Jacques Nesi, spécialiste d’Haïti et chercheur à l’université des Antilles, contacté par France 24, l’avenir du pays « dépend des États-Unis« .

France 24 : Où en est la situation en Haïti ? Une sortie de crise est-elle envisageable ?

Jacques Nesi : La situation est toujours chaotique mais il y a eu quelques développements ces derniers jours. Des efforts ont été engagés par l’opposition qui a pu se réunir et adhérer à une proposition de sortie de crise. Ils réclament la démission du président Moïse, la désignation de son remplaçant par un juge de la Cour de cassation, un Premier ministre issu de la société civile à la tête d’un gouvernement réduit. Les opposants à Jovenel Moïse demandent également une réforme constitutionnelle qui ne figurait pas à leur agenda au début des manifestations il y a plus d’un an. Les Haïtiens veulent un « nouveau système politique » car ils jugent l’actuel pourri, mafieux et corrompu, avec de trop nombreuses collusions d’intérêts entre politiques et acteurs économiques.

De son côté, après des mois de silence, le président de la République a annoncé, la semaine dernière, avoir engagé un dialogue avec la société civile. Mais aucune information n’a filtré sur ses échanges : on ne sait pas quels représentants il a rencontrés et ce qu’il s’est dit lors de ces échanges, ni même s’ils ont vraiment eu lieu.

Enfin, les États-Unis ont envoyé hier [mercredi 20 novembre] leur ambassadrice aux Nations unies, Kelly Dawn Knight Craft, pour rencontrer le président et l’opposition, mais rien ou presque n’a filtré des discussions.

La mission de cette émissaire peut-elle déboucher sur quelque chose de concret ? Quel rôle peuvent jouer les États-Unis dans la crise haïtienne ?

En fait, tout dépend des États-Unis. Depuis 1915, tous les présidents haïtiens ont reçu l’aval des Américains et le maintien actuel de Jovenel Moïse au pouvoir ne tient qu’au soutien de Washington. Les États-Unis sont reconnaissants du vote du président haïtien, en janvier 2019, lors du sommet de l’Organisation des États américains (OEA), contre la reconnaissance de la légitimité du pouvoir de Nicolas Maduro au Venezuela. Par ailleurs, les États-Unis cherchent toujours à avoir accès à une partie du territoire haïtien, qui est richement doté en ressources minières, pour ses propres entreprises.

Maintenant, Washington sait aussi faire preuve de pragmatisme. Un pays totalement bloqué, ce n’est pas bon pour le business. Un président dont le nom est cité dans des affaires de corruption, ce n’est pas bon non plus. La plupart des Haïtiens et des observateurs pensaient que Kelly Dawn Knight Craft viendrait avec une feuille de route pour assurer le maintien de Jovenel Moïse au pouvoir. Ça n’est visiblement pas le cas. Elle a déclaré être venue pour s’informer de la situation et écouter. Est-ce que les choses vont évoluer après sa visite ? Difficile à dire car le problème en Haïti, c’est qu’il n’y a plus d’institution « tampon » susceptible de prendre le relais : la société civile est trop faible, l’opposition n’est pas crédible car elle a exercé des fonctions du temps de Michel Martelly [2011-2016] et de René Préval [2006-2011]. Ce sont d’anciennes figures de l’establishment qui sont aussi responsables de la situation actuelle.

Donc au sein de la communauté internationale, il y a des inquiétudes sur l’après car on ne voit pas qui mettre à la place. Aucun nouveau visage n’a réellement émergé depuis le début de la contestation.

En attendant, Haïti s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise…

Oui car les manifestants continueront de descendre dans la rue tant que Jovenel Moïse continuera de s’accrocher au pouvoir. Aujourd’hui, le pays est paralysé : les manifestants coupent les routes et empêchent les gens de circuler. Il y a une tension latente, tout est fermé, les activités commerciales sont au point mort et les gangs sèment la terreur.

Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir grâce à l’appareil répressif et administratif, mais c’est un président qui dispose finalement de très peu de soutiens. Il n’a jamais été en mesure d’organiser la moindre contre-manifestation et même son parti, le Parti haïtien Tèt Kale (PHTK), se montre timide à son endroit. Lui-même ne semble pas vraiment croire au dialogue avec ses opposants : lorsque son ancien Premier ministre Jean-Henry Céant a tenté de discuter avec les manifestants en 2018, il a tout fait pour saboter ses démarches et l’éjecter. C’est un président qui n’est pas à la hauteur des enjeux.

source France 24


1 Comment

  • Endijen 24 novembre 2019

    Jacques Nesi ak France 24, pa aprann nou anyen ki nouvo. Bon, Lonbrik Pouri ki tap di « kapitalis se peche motel, » ak diri Miyami se diri pepe, Etazini te mennen l tounen sou pouvwa. Menmsi tounen an te fet nan entere Etazini sitou, NEOLIBERALEMAN pou Demantibile peyi a. Lonbrik Pouri tidezod.

    Apre yon vot Ayiti konn Venezuela, se Nomal pou Washington ap Soutni Jovenel Moise. Sitou kom atik la di l tou se menm moun ki te fe Kob sou Martelly ak Preval yo ki pi cho devan bann nan ki bezwen ranplase Jovenel. Atik la te bliye ajoute pwezime asasen Privert. Deboure peyi a se an patne sa fet, Privert te gen rele nome Jean Max Bellerive vin ede l konprann kijan yo fe Resolution pou debloke Kob Petro Caribe. Depi Konpatriyot Petro Challenger tap chofe beton an, pwezime Petrovole Bellerive gen tan Kouri al jwenn madanm, business, ak pitit li St Domeng. Peyi papa Dessalines nan, se kote Malandren ki sou pouvwa fe Kob.

    Neg Nwe poko vle fe peyi, jodi a se kou pa Jovenel Moise poul jwenn soutyen Washington. Aye’ se te Aristide (li te mande Okipasyon, 1994) Preval (pat gen 2e tou eleksyon pou yo choute Leslie Francois Manigat, 2006) ak Martelly (yo choute kandida Preval kite Jude Celestin) ki te jwenn soutyen an. Jovenel Moise, ap jwi vot konn Venezuela a…

    Ak menm Move Plan sa yo nan opozisyon, se pa fasil konsa, Washington tap lage Jovenel. Si te gen lot sekte ki emeje. Peyi a poko rive nan faz sa a. Se menm retay moun Aristide/Preval/Martelly ak Privert yo kap bay Jovenel Moise chale…

    Si Jovenel Moise te menm rive Kale kek Baz 7, 47, 67…. ak 87 nan kek kote nan peyi a, Passerelle, Tourelle, Michel, Nenel ak Makorel tap oblije poze yo. Jovenel pat menm bezwen Mesene ak soutyen Washington. Nan mal nan mal net, nan non SISTEM PEZE SOUSE a, Jovenel ap fe rezistans nan dengonn konpayi Verella, Preval ak Dorsainvil yo nan Jou Bare l…

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