18 août 2026
Veuve Henry Christophe – Témoignage de reconnaissance après le 8 octobre 1820: « Président Boyer ; dans nos malheurs, vous vous êtes montré notre protecteur, notre ami, notre frère… »
Actualités

Veuve Henry Christophe – Témoignage de reconnaissance après le 8 octobre 1820: « Président Boyer ; dans nos malheurs, vous vous êtes montré notre protecteur, notre ami, notre frère… »

Au Port-au-Prince, ce 31 juillet 1821, an XVIIIe de l’indépendance. 




A Son Excellence le Président d’Haïti. 
Président, 

Sur le point de quitter pour quelque temps ce beau pays, cette patrie qui nous a vues naître et que nous ne cesserons jamais de chérir, moi et mes filles, nous éprouvons le besoin de vous exprimer autrement que de vive voix, toute la reconnaissance que nous ressentons des procédés généreux dont Votre Excellence a usé envers nous depuis neuf mois passés. 

Recevez, Président, les nouvelles et solennelles assurances du souvenir profond que nous en conserverons. 

Dans nos malheurs, nous avons trouvé en vous un protecteur, un ami, un frère… Nos cœurs en sont pénétrés d’admiration. 

Nous vous prions de nous continuer les mêmes dispositions, et nous connaissons assez votre âme pour être assurées que cette prière ne sera pas vaine. Nous faisons la même prière à votre famille et à la fille de votre immortel prédécesseur, auxquelles nous promettons le plus tendre souvenir. 

Je laisse au Cap une partie de ma famille et celle de mon feu mari ; je les recommande à toute votre bienveillance. 

Je mets sous votre puissante sauvegarde et sous celle de l’honneur de mes concitoyens qui m’ont accueillie avec tant de bienveillance, et la maison que je possède depuis longues années au Cap, et celles que mes filles et moi avons acquises et payées comptant aux domaines, lors des ventes qui en ont été faites par l’État. 

Pensant que les importantes et nombreuses occupations du chef de l’État, mon puissant ami, ne lui permettraient pas de régir pour moi ces diverses propriétés, j’ai donné ma procuration au général Magny

Je prie Votre Excellence de l’appuyer de toute sa protection à cet effet. Une grande infortune ne peut intéresser qu’un grand homme ; les indiscrétions que la mienne me met dans le cas de commettre seront, à ce titre, mises par vous au chapitre des exceptions auquel elles appartiennent. 

Je le répète, Président Boyer; dans nos malheurs, vous vous êtes montré notre protecteur, notre ami, notre frère, et ces titres m’ont portée à vous demander ces nouveaux et importants services : je sais que vous me les rendrez. 

Je suis avec respect, Président, de Votre Excellence, la très reconnaissante concitoyenne et amie, 

Signé : Veuve HENRY CHRISTOPHE. 

1 Comment

  • Endijen 9 octobre 2019

    En ce sens, Boyer n’etait pas aussi bete. Il n’avait pas dit comme l’autre la reconnaissance est une lachete’. En faisant cause commune avec Petion pour assassiner l’Empereur Dessalines, Christophe allait contribuer aussi a’ l’avenement de Boyer au pouvoir. Dans le Malheur, Boyer avait agi en consequence envers la femme de son bienfaiteur.

    Depuis plus de 200 ans, la poignee des fils et filles de Petion sont aux anges. Les syro-libanais et core group jouent bien leurs roles. Jean Bertrand ARISTIDE… et Jovenel MOISE etaient des soubrekas pour le maintien du systeme.

    Plus de 11 millions des fils et filles de Jean Jacques Dessalines continuent de lutter pour leur survie, sans aucun espoir de devenir des citoyen.ne.s a’ part entiere. USA, St Domingue, Bahamas… Bresil ak Chili femen pot yo.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.