Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est dit lundi « profondément choqué » par la victoire de l’extrême droite en Saxe-Anhalt, tout en excluant de modifier son programme de réformes après la lourde défaite de son parti, la CDU, aux élections régionales.
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), formation hostile à l’immigration et favorable à un rapprochement avec Moscou, a obtenu près de 44% des suffrages dimanche, contre environ 17% pour la CDU. Le scrutin constitue une première historique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : l’AfD dispose désormais d’une possibilité de diriger un Land.
Son candidat, Ulrich Siegmund, 35 ans, a entamé des discussions en vue de former un gouvernement. Il lui manque trois sièges pour atteindre la majorité absolue. La CDU exclut officiellement toute coalition avec l’AfD, mais celle-ci espère pouvoir attirer des élus conservateurs ou obtenir un soutien extérieur.
Friedrich Merz, arrivé au pouvoir il y a un peu plus d’un an, a reconnu sa part de responsabilité dans le revers électoral, qu’il a qualifié de l’un des plus importants subis par la CDU depuis des décennies. Il a toutefois assuré vouloir maintenir son « cap des réformes », estimant que son gouvernement devait surtout mieux expliquer sa politique.
La progression de l’AfD intervient dans un contexte de difficultés économiques, de débats sur l’immigration et de tensions liées à la guerre en Ukraine. Le parti critique notamment le soutien allemand à Kiev et réclame une réorientation de la politique énergétique et migratoire.
Le résultat inquiète également les organisations représentant les survivants du nazisme. Deux autres scrutins régionaux sont prévus le 20 septembre, en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, où l’AfD pourrait de nouveau peser sur le rapport de forces politique.

