Le transport public limité dans certains endroits de la capitale haïtienne, le gros commerce observé en demi-teinte, et les portes des écoles gardées encore fermées définissent l’entame d’une nouvelle semaine dans le mouvement de contestation visant le départ du pouvoir du Président Jovenel Moise
Lundi 21 octobre 2019 ((rezonodwes.com))– Les klaxons des tap-tap résonnent encore dans des rues de Pétion-Ville, alors que des passants pressent le pas pour exécuter leurs premières obligations. Aux premières heures du lundi, à l’annonce des tumultes en milieu de journée, des citoyens s’activent dans les marchés publics et dans des centres commerciaux pour se ravitailler.
Au centre-ville de Port-au-Prince, la vie administrative se décline progressivement. Rares ont été des magasins à ouvrir leurs portes et les institutions publiques, en dépit des garanties sécuritaires de l’Exécutif, peinent à se rattraper.
Dès l’entame de cette nouvelle semaine de paralysie, l’angoisse est à son comble. Des opérateurs hôteliers, des restaurateurs, des entrepreneurs, voulant garder l’anonymat, évoquent des chiffres d’affaires en chute libre. Parallèlement, des annonces de compression de personnel justifiées par des contraintes budgétaires s’accroissent au sein du secteur privé. Certains chefs d’entreprises, contactés par Rezo Nòdwès, menacent de plier bagages si le climat persiste.
Dans l’intervalle, des acteurs de la société envisagent d’intensifier la mobilisation. Des organisations syndicales sont appelées à manifester, ce lundi dans les rues pour exiger un changement de gouvernance politique. À l’occasion de cette marche, des écoliers seront de la partie, ont annoncé les initiateurs.
La Conférence haïtienne des Religieux maintient au mardi, le rendez-vous sur le macadam pour une marche silencieuse. D’autres associations spirituelles envisagent de s’engager dans le mouvement, révèle Gilbert Peltro, secrétaire général de cette structure.
Dans le même registre, l’étau se resserre autour du président de la République, Jovenel Moise, en raison de la multiplication des appels à sa démission. Si dans certaines rues les barricades ont disparu, la criante d’une résurgence de violence demeure.
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

