Être formée ne garantit pas de trouver un emploi. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, de nombreuses femmes acquièrent des compétences professionnelles mais restent éloignées du marché du travail formel, confrontées au manque de stages, de réseaux, de transports ou de services de garde.
Une note récente du Groupe de la Banque mondiale, consacrée à l’accès des femmes à l’emploi salarié formel, identifie cinq priorités. Les formations doivent d’abord associer compétences techniques et comportementales, notamment communication, travail en équipe et capacité d’adaptation. Au Rwanda, un programme combinant ces compétences a accéléré l’insertion professionnelle. Dans l’habillement, le programme GEAR de la Société financière internationale (IFC) a été associé à une hausse de 40 % des revenus des participantes.
Deuxième enjeu : créer de véritables passerelles vers l’emploi. Au Népal, l’association d’une formation à des services de placement a augmenté de 72 % les revenus des femmes. En Inde, le Skill Impact Bond, qui conditionne le financement aux résultats en matière d’emploi, a fait passer de 4 à 19 % la part des femmes dans certains secteurs manufacturiers.
La Banque mondiale insiste également sur les obstacles matériels. En Sierra Leone, l’ajout d’allocations et de services de garde d’enfants a fait progresser le taux d’emploi féminin de 31 à 43 %. Les programmes doivent aussi encourager l’accès aux métiers mieux rémunérés, notamment techniques et numériques, plutôt que reproduire la concentration des femmes dans les professions traditionnellement féminines.
Enfin, l’institution plaide pour des systèmes durables : certifications reconnues, contrôle de la qualité des formations et informations fiables sur le marché du travail. Avec 1,2 milliard de jeunes qui devraient rejoindre le marché du travail au cours de la prochaine décennie, l’enjeu dépasse la formation : il s’agit de transformer les compétences acquises en emplois réellement accessibles.

