Pour ne pas dire que jamais il ne démissionnera, péyi-a te mèt kraze la mizè te mèt touye tout moun, te mèt pagen lekòl, pagen travay, lopital kanpe… Jovenel Moise, jouant à l’inconscience, tactiquement utilise un autre jeu de mots: « Je ne suis pas accroché à un mandat« , prenant les manifestants exigeant sa démission pour des canards sauvages. Que va encore annoncer le président dans son prochain entretien avec la presse internationale ?
La seule « réforme » dont nous avons encore en mémoire, entreprise jusqu’à présent par le président, est une tentative de bâillonnement de la presse à travers un projet de loi suspecté allant remettre en cause l’un des plus grands acquis de l’après-7 février 1986.
Mercredi 23 octobre 2019 ((rezonodwes.com))–Dans cet entretien exclusif accordé à la journaliste de RFI en Haïti, Amélie Baron, le président Jovenel Moise qui a déclaré « n’être pas attaché à un mandat« , a cependant admis que « nous pouvons profiter de cette crise pour faire de cette crise une opportunité » et avec lui, a-t-il laissé sous-entendre, de façon très nuancée, « attaquer le système » lequel lui a donné une chance inespérée de venir s’asseoir dans la cour des Grands où se retrouvent l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, Lysisus Salomon, l’avocat Dumarsais Estimé, les professeurs Daniel Fignolé et Leslie François Manigat.
Jovenel Moise dont la présence au Palais National représente le principal nœud gordien de la crise, selon l’Alternative Consensuelle, est accusé d’incompétence et de pratique ouverte de corruption institutionnalisée depuis son arrivée au pouvoir, le 7 février 2017.
Parlant de réformes, alors qu’en trois ans, il a fait voter une seule loi fiscale contestée par la suite, M. Moise a indiqué « être très accroché à des réformes« . Le président donne par exemple la réforme constitutionnelle, ironie de l’histoire, ses partisans et les proches du pouvoir ont laissé « pourrir » dans les tiroirs du bureau de la Chambre des Députés, un travail colossal réalisé par le député Jerry Tardieu qui allait permettre aux haitiens de vivre sous une autre ère où l’Etat haitien allait subjuguer ses dépenses pour les orienter vers le progrès réel et effectif.
Revenant sur des contrats dénoncés « abusifs« , Jovenel Moise, un novice dans l’administration publique, a reconnu que l’un des contrats « a été signé sous l’administration du président Martelly« , son mentor, mais, a-t-il ajouté, pour dédouaner son bienfaiteur qui a signé plusieurs « Résolutions Petro Caribe, très douteuses, « que la mise en place des garanties a été faite lors de la transition. Mon équipe et moi avons constaté que ce contrat ne respectait pas les intérêts de l’État. C’est pour cela que nous avons pris cette décision pour le peuple« . Une décision, selon le président, « pour le peuple« , ignorant jusqu’à aujourd’hui le but principal de la mission de 7 mercenaires rodant autour de la Banque Centrale en février dernier et la présence en Europe de la première dame intervenant dans le dossier de Dermalog.
« Nous sommes dans un pays divisé, déchiré, et nous avons besoin de mettre les gens ensemble aujourd’hui » a laissé entendre le président voulant toujours être un acteur au premier plan et être situé au centre des discussions tandis qu’il a spécifié au début de l’entretien d’un ton adoucissant « n’être pas attaché à un mandat« . Question de ne pas enrager les millions d’ haitiens réclamant sa démission sans condition, mardi encore par des milliers de fidèles catholiques à travers tout Haïti.
En Haïti « l’économie suit le politique » comme pour toute réponse donnée par le président questionné par Mme Barron sur la dévalorisation de la gourde et la hausse de l’inflation atteignant la barre de 20%. Jovenel Moise, pour justifier l’état dégradant de l’économie haïtienne avec une population devenue plus pauvre qu’avant son accession au trône qu’il jure de ne pas abandonner, a tenté d’accuser la bande à Gary Bodeau pour avoir « censuré le gouvernement« , sans le spécifier.
Le président commentant pour la première fois le dossier du massacre de la Saline, a voulu faire croire que sous son gouvernement, le système judiciaire est fiable, avec la présence de 50 juges corrompus qu’il a déclaré lui-même avoir nommés.
Veuillez cliquer sur ce lien pour lire l’intégralité de l’entretien acco6 par Jovenel Moïse a RFI.


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