par Prof. Jean-Rony Monestime André
La mort est ce rendez-vous qu’aucun être vivant ne manquera et n’emportera avec lui aucun bien de la terre. Les derniers adieux sont toujours amers !
Vendredi 2 novembre 2017 ((rezonodwes.com))–Inéluctable, rigoureuse, injuste, voire cruelle sont les attributs qui décrivent la mort dans presque toutes les cultures du globe. Elle est si mal comprise, qu’on l’intitule le salaire du péché, alors que les animaux, pourvus d’instinct involontaire, ne pèchent point, mais pourtant meurent chaque jour.
Ici, on voudrait confirmer que la mort est naturelle, parodiant ainsi les interprétations les plus farouches de ce carrefour qui obstrue le chemin de tout être, au cours de l’existence.
2 novembre, le Jour des « Guédés »
La mort est ce rendez-vous qu’aucun être vivant ne manquera. L’an, le jour ou le dernier quart d’heure reste un mystère. Néanmoins, chaque 2 novembre, on célèbre le jour des morts dans de nombreux lieux du monde. En Haïti, on y ajoute le jour de « Guédé », un ancêtre Dahomey, fils-aîné des « guedevi », qui aurait sauvé son ethnie d’une épidémie ravageuse, se sacrifiant pour mieux atteindre le séjour des morts, en particulier, ses aïeux (Dorange, 2012).
Il y a un esprit dans chaque vivant
Les vivants restent incontestablement liés aux morts. Leur rapport est expliqué par la génétique qui révèle les principes de lignage entre les humains. Chaque mort vit dans, au moins, un vivant. Et, à l’inverse, il n’y a pas de vivant qui n’a, au moins, un mort sous les « dix mille terre ». Autrement dit, le mort et le vivant se joignent même s’ils se diffèrent.
Le jour des morts en Haïti est l’expression érotique d’un peuple pour lequel le sexe est un loisir sûr; les masses célèbrent les « Guédés » chantant leur misère, exprimant leurs frustrations, mais surtout vénérant leurs ancêtres. Le « piment » symbolise la chaleur de la vie, les ornements devinent l’apparence des trépassés.
Oui, les morts vivent dans les vivants. Certes, leurs corps se pulvérisent, mais leur « astralité » demeure. Les rêves et les songes des vivants sur les décédés authentifient la destinée de la mort. Tout n’est pas fini au jour du trépas.
Bonne fête « Guédé »! Ayibobo !!!
Prof. Jean-Rony Monestime André
BA en Connaissances Générales; BS en Médecine Nucléaire
MHA-Maitrise en Healthcare; PHD-Doctorant en Science de la Santé
Professeur à Seton Hall University, New Jersey
Chercheur, Hackensack University Medical Center & Hackensack Meridian Health, N.J.
Emails: Jean-rony.andre@shu.edu; Jean-rony.andre@hackensackmeridian.org
Sources :
Diapré, Yaya. 1987. Le mort en Abomey.
Dorange, Norluck. 2012. De l’origine des Guédés ». Tout-Haïti

