Rentrée parlementaire, quel bilan ! par Claudy Briend Auguste

Port-au-Prince, 10 janvier 2017 [[rezonodwes.com]].- A entendre lundi après-midi, à la tribune de l’Assemblée nationale, différentes interventions  à l’ouverture d’une nouvelle session parlementaire de la 50 ème législature, si nous étions au temps de Victor Hugo, nous leur dirions « Dirigeants montrez que vous êtes utiles ».




Ni le discours du Premier-ministre, ni celui du président provisoire de la République ne cadre avec la réalité actuelle du pays. C’est le bilan fictif d’un pays rêvé d’une autre époque pour lequel ni l’un ni l’autre n’a déployé les efforts consentis pour passer du rêve à la réalité.

En une année, du deuxième lundi de janvier 2016 au deuxième lundi de septembre 2016, ce parlement qui coûte les yeux de la tête aux pauvres contribuables haïtiens, n’a seulement voté que 2 lois. Lundi en présence des diplomates étrangers, ces parlementaires qui d’un coup affichent un sentiment de nationalisme exacerbé, depuis « l’Affaire Guy Philippe », par la voix d’un des leurs, ont déclaré avoir fait une dizaine de propositions de lois.

Si le sens d’avoir honte les animait, au moins ils auront l’absolution dans une démonstration de bonne foi. Une envie de justifier un salaire reçu pour donner quelque chose en retour au pays.



Le progrès réalisé par les parlementaires, semble-t-il, résidait en 2016 dans le nombre de voyages élargis effectués à l’étranger. Ils ont pu voyager aux frais de la princesse, de capitale en capitale avec un capital de 1 million de gourdes accordé en plus comme étrennes, à la fin de l’année, pour l’achat des légumes de soupe.

Entre séances avortées et bagarres rapportées entre sénateurs qui se lassaient de s’asseoir sans rien produire, l’accès au Bicentenaire est devenu un casse-tête car il faut protéger les bagarreurs et les cowboys. Il faut bien protéger le symbole, l’institution qui reste de nom car les acteurs et leurs dérives sont appelés à disparaître. En dépit de certains très coriaces et accolés à la fonction.

Quel bilan ! Grève prolongée dans les hôpitaux publics, déception dans la gestion et de distribution de l’aide aux sinistrés de Matthew, décote accélérée de la gourde, crédibilité de la présidentielle avec un BCEN en mission…à quel prix du trésor public, l’apaisement de la rue fut obtenu ? Et pour combien de temps?




Ainsi va la République avec un président qui a moins d’un mois à passer au pouvoir, insiste-il, et avec un 7ème anniversaire d’un séisme qui trouve le pays plus divisé que jamais, noyé dans la perception au lieu de la réalité des choses.

cba

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