par Gumais Jean-Jacques
Vendredi 5 avril 2019 ((rezonodwes.com))– Un danger politique imminent est clairement en train de s’ajouter aux conditions socio-économiques calamiteuses et préoccupantes que connait Haiti depuis plus de quatre décennies.
Les présages d’un panorama catastrophique après des éventuelles élections générales en 2021 dessinent déjà un futur climat hostile à tout changement transcendantal capable de reconstruire une nouvelle nation et propice à toute stabilité politique.
En effet, les principales forces politiques qui ont entraîné ce pays dans cet état de fiasco durant ces 40 dernières années, sont bizarrement en pôle de reconquérir ou de conserver leurs acquis de pouvoir politique chaotique et pathétiquement triomphant. Haiti devenu officiellement cette République bananière depuis 2011, est-elle condamnée à disparaître entre l’enclume des Néomacoutes-PHTK et le Marteau de Lavalas et Co?
Nous sommes en 2019, à l’âge post-moderne de la digitalisation où des voyageurs clandestins se tuent en haute mer comme au temps des grandes vagues de migrations haïtiennes des années soixante dix, période où intellectuels et opposants au régime duvaliériste s’échappaient massivement pour fuir la mort et le déclin économique d’Haiti.
Il en était de même durant l’époque du règne des militaires putschistes des années quatre vingt dix jus’qu à la fin du régime Lavalas en 2010.
La vérité historique veut qu’on se demande contre quel système le Président Michel Martelly a fait campagne? Qu’en est il de sa gouvernance et en quoi son bilan et celui de son poulain, Jovenel Moise, jusqu’ici au pouvoir, ironiquement qui ne dirige rien, est-il différent de ses prédécesseurs Duvalieristes, Putschistes et Lavassiens?
Sans ambages, tous ont successivement formalisé et officialisé la corruption, l’impunité et le chaos comme modèle luciférien de gouvernance accouchant cet Haiti lamentablement failli. Dans ce contexte politique tendu où les alternatives de projet socio-économique venant de ce système politique en déliquescence se révèlent totalement inexistantes, le besoin d’un leadership cohérent équipé d’hommes et de femmes compétents et honnêtes s’impose grandement.
Cependant, cette nécessité urgente de combler ce vacuum politique doit inéluctablement tourner autour d’une idéologie politique centriste pouvant désamorcer cette bombe à retardement qu’est devenu Haiti, qui s’est laissé coincer dans une spirale de crises interminables et révoltes populaires sporadiques provoquant misères et défis économiques monstrueux.
En réalité, toute prise de pouvoir venant de ces radicalistes Lavalas, Duvalieristes et Tet Kale occasionnera un climat politique revanchard et tendancieux où des anciens démons se réveilleront pour attiser le cercle vicieux de la politique gloutonne dans le but d’empêcher toutes démarches de justice et de réparation concernant tous les grands dossiers sociétaux pour lesquels le peuple Haïtien ne cesse de réclamer lumière et reddition de compte.
En fait, une élection présidentielle de l’un de ces groupes politiques peut aussi entraîner un bain de sang en considérant la polarisation extrême des velléités politiques venant des masses peu informées, défendant corps et âmes leurs clans politiques à chaque sortie publique des différentes figures de ces entités politiques anthropophages et surtout en tenant compte du retrait total de la présence militaire onusienne et l’affluence inquiétante des groupes armés sur le territoire haïtien.
En clair, par dessus ces rivalités historiques et clivages politiques haineux, la conjoncture actuelle qui ne cesse d’alerter les élites intellectuelles, économiques et politiques sur la fin d’un système épuisé, nécessite un leadership politique crédible, rassembleur et équilibré capable d’élever l’Etat Haïtien dans ses dimensions régaliennes et providentielles.
Les réclamations légitimes et inconditionnelles de justice sociale, de transparence dans les dossiers de corruption et des crimes notoires, l’adoption d’une nouvelle constitution, l’organisation d’une conférence nationale et la définition d’un nouveau contrat social, ne pourront être jamais satisfaites avec des entités politiques radicales, corrompues et qui se sont déjà révélées incapables d’accoucher le moindre résultat socio-économique pouvant changer les conditions infrahumaines que connaissent les haïtiens depuis quatre décennies.
Du centre droit ou centre gauche, le peuple Haïtien aura rendez-vous avec l’histoire pour élire un futur leadership politique centriste afin d’éviter qu’Haiti soit encore une proie de la politique politicienne et apocalyptique faite de ruse, de populisme, de démagogie et d’incompétence inédite.
À bon entendeur, salut!
Gumais Jean-Jacques,
AvMP jjgumais@gmail.com


2 Comments