Vertières – Trois ans plus tard : Lettre de Pétion à Madame Dessalines justifiant le mauvais sort de l’Empereur !

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Tout d’abord, il importe de signaler à l’attention de tous ceux pensant refaire l’histoire que le Combat de Vertières n’a été reconnu et célébré comme Fête Nationale que plus d’un siècle plus tard et que les monuments érigés en 1954, par Paul E. Magloire, deviennent l’objet d’attention du régime dictatorial des Duvalier, qu’uniquement pour donner une certaine apparence (d’utilité) aux forces armées d’Haïti (FAd’H) asservies et humiliées pendant 29 ans.
« Le sacrifice est consommé et la mémorable journée du 17 avait été fixée par la Providence pour le moment de la vengeance » écrivit Pétion à l’Impératrice Claire Heureuse, deux jours après l’assassinat planifié de son mari, l’Empereur Jacques I, soit exactement 3 ans après l’épopée de Vertières. Un nom oublié et omis des constitutions haïtiennes pendant plus d’un siècle.





Samedi 17 novembre 2018 ((rezonodwes.com))–

Au quartier général du Port-au-Prince,
le 19 octobre 1806

Madame,

Toutes les lois de la nature les plus sacrées, violées par celui qui porta le nom de votre époux, la destruction générale des véritables défenseurs de l’Etat, dont l’arrêt était sorti de sa bouche coupable, l’excès du crime, enfin, a fait courir aux armes tous les citoyens opprimés pour se délivrer de la tyrannie la plus insupportable. Le sacrifice est consommé, et la mémorable journée du 17 avait été fixée par la Providence pour le moment de la vengeance. Voici, Madame, le tableau raccourci des derniers événements, et la fin de celui qui profana le titre qui l’unissait à vous.

Quelle différence de la vertu au crime ! quel contraste ! A peine respirons-nous, après la grandeur de nos dangers, qu’en élevant nos mains vers l’Essence suprême, votre nom, vos qualités inestimables, vos peines, votre patience à les supporter, tout vient se retracer à nos cœurs et nous rappeler ce que le devoir, la reconnaissance, l’admiration nous inspirent pour vous.

Consolez-vous Madame ; vous êtes au milieu d’un peuple qui consacra sa vie pour votre bonheur : oubliez que vous fûtes la femme de DESSALINES, pour devenir l’épouse adoptive de la nation la plus généreuse, qui ne connut de haine que contre son seul oppresseur.

Vos biens, vos propriétés, tout ce qui vous appartient, ou sur quoi vous avez quelques droits, est un dépôt confié à nos soins pour vous le transmettre dans toute son intégrité ; ils sont sous la sauvegarde de l’amour de vos concitoyens.




C’est au nom de toute l’armée, dont je me glorifie aujourd’hui d’être l’interprète, que je vous prie, Madame, d’agréer l’assurance des sentiments qui l’animent pour vos vertus,, et dont les traits gravés dans tous les cœurs ne pourront jamais s’effacer.

J’ai l’honneur de vous saluer avec respect,

Le général-commandant de la 2è division de l’Ouest
                                                          signé : PETION

A rappeler qu’Alexandre Pétion, devenu président d’Haïti en 1807, par la force des choses, s’est fait proclamer « président à vie » en 1816. Il a remplacé le drapeau impérial sans un texte constitutionnel et meurt de la fièvre jaune en mars 1818, sans jamais avoir eu un face-à-face avec Henri Christophe dont l’appui inconditionnel avait permis d’ourdir le complot contre Dessalines. Pétion et Christophe se sont parlés pour la dernière fois en décembre 1806 et ni l’un, ni l’autre n’a fêté et célébré la victoire de Vertières, un lieu interdit au premier jusqu’à sa mort survenue le 29 mars 1818.




D’autre part, Madame Dessalines, née esclave en 1758, qui s’est retirée de la vie politique en octobre 1806, après l’odieux assassinat de Dessalines, le début des troubles et de tous les malheurs d’Haïti à nos jours, a coupé le pont avec les gouvernements de Pétion et de Boyer. C’est dans la crasse et la misère, qu’elle s’est éteinte tranquillement en 1858 à l’âge de 100 ans et fut inhumée au Cimetière Communal des Gonaives.

Recherches et rédaction
cba

1 COMMENT

  1. Sa montre nou ke istwa ayiti se yon pèpetyèl rekòmansman, se trayizon,konplo sou konplo ,touye lòt pou pouvwa, se menm bagay yo ki ap kontinye la,anyen pa nouvo.

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