Alors qu’en mai 2017, 7 344 Haïtiens ont mis le cap sur le Chili, à partir de mai 2018, la tendance a commencé à s’inverser. On a recensé 376 nouveaux arrivants contre 623 migrants ayant abandonné le pays
Santiago, vendredi 31 août 2018 ((rezonodwes.com))– Depuis mai dernier, le nombre de ressortissants haïtiens qui sont entrés sur le territoire chilien s’est révélé inférieur à la quantité de ceux qui ont quitté le pays. Ces données contrastent avec la tendance enregistrée jusqu’à présent en termes de flux migratoires.
Plusieurs causes semblent expliquer ce fait et, suivant les analyses, les autorités chiliennes et haïtiennes, volontairement pour les premières et involontairement pour les dernières, ont amplement contribué à cette situation.
Juste après l’élection du président de droite, Sebastián Piñera, les autorités chiliennes ont commencé à déclarer les Haïtiens inadmissibles pour entrer au Chili par le biais de l`Aéroport Arturo Merino Benitez, en évoquant des problèmes au niveau de leur réservation d’hôtel alors que la loi chilienne exige simplement de présenter son passeport et de prouver qu’on a les moyens de séjourner sur place.
Le deuxième coup porté à la migration haïtienne au Chili a été la suspension des vols entre Port-au-Prince et Santiago, par la compagnie aérienne d’Amérique latine Wings (LAW) par l’Autorité de l’aviation civile, privant des milliers de jeunes de la possibilité d’aller tenter leur chance dans ce qui leur paraissait un nouvel eldorado.
A la prise en charge de Sebastián Piñera en tant que Président de la République, celui-ci a institué un changement important dans les politiques migratoires du Chili. Ceci, à travers l’exigence d’un visa consulaire pour le tourisme, traité en Haïti à partir du 16 avril dernier, fermant définitivement les portes à ces jeunes dont l’idée n’est surtout pas de venir faire du tourisme, mais de chercher une meilleure vie dans le pays andin.
De plus, alors qu’on pensait que la décision du nouveau gouvernement d’inviter les étrangers vivant au Chili à régulariser leur statut migratoire allait permettre aux Haïtiens de se stabiliser dans leur pays d’accueil, cette mesure a jeté le désarroi dans cette communauté.
En effet, l’état haïtien a été incapable de fournir à des milliers de demandeurs les documents administratifs (en particulier le certificat de bonnes vies et mœurs) exigibles pour faire avancer le processus de régularisation, alors que les autorités chiliennes ont durci les contrôles sur les lieux de travail, sanctionnant patrons et travailleurs irréguliers.
Ainsi, ces migrants se retrouvent dans l’incapacité de trouver un emploi pour subvenir à leurs besoins alors qu’ils étaient confrontés à des problèmes au niveau de la langue et du climat, deux éléments qui leur étaient jusque là étrangers. Ils se sont donc retrouvés plongés dans une misère insoutenable les portant à exprimer le besoin de retourner dans leur pays natal ou de partir vers d’autres cieux.
Selon le journal El Mercurio, en mai 2017, on avait enregistré 7 344 Haïtiens comme nouveaux arrivants dans le pays, tandis que 365 ressortissants d’Haiti avaient quitté les frontières du Chili. En revanche, au cours du même mois de 2018, on ne comptait plus que 376 nouveaux migrants haïtiens sur le territoire chilien, tandis que 623 l’ont abandonné.


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