Menottes au poignet, comme un quidam quelconque, une image que les haitiens ne verront peut-être jamais chez eux vu le degré de pourriture de notre système judiciaire et la complicité du pouvoir législatif, l’ex-président du Salvador, Elías Antonio Saca (2004-2009), rend des comptes à la nation salvadorienne qui va l’envoyer en prison pour longtemps. Celui-est inculpé d’actes de corruption et de blanchiment d’argent
San Salvador, vendredi 17 août 2018 ((rezonodwes.com))–Le dernier épisode en date depuis le début du procès de l’ancien-président Antonio Saca, le 7 août dernier, remonte à jeudi lors du témoignage accablant de l’un des accusés.
La déposition de ce témoin à charge, identifié comme « Olympus« , enfonce le clou dans la plaie. Il a révélé que l’un des complices de l’ex-président, le populaire journaliste Jorge Hernandez, dirigeait une compagnie afin de faciliter le blanchiment d’argent.
Il a expliqué que la société Hernandez a simulé un recouvrement de créances de plus de 5.9 millions d’arriérés dans le reste des pays de l’Amérique Centrale et ailleurs en République Dominicaine, et quant à lui (le témoin), en vendant la mèche, il a seulement bénéficié d’une commission de 15%.
Toujours selon « Olympus », une partie de l’argent a été transférée vers d’autres sociétés ayant servi de prête-nom au président Saca qui a lui-même avoué le 9 août dernier, ses crimes de détournements de fonds et de blanchiment d’argent.
Les accusés et complices de Saca, à l’exception d’un ancien employé de la présidence, ont accepté en échange d’une réduction de peine, (de 3 ans au lieu de 10), de dire toute la vérité et rien que la vérité sur les procédures utilisées par l’administration Saca (2004-2009) pour détourner du trésor public quelque 300 millions de dollars.
Il est important de signaler que Antonio Saca est le premier président démocrate salvadorien à être jugé et à avouer ses crimes de corruption devant la justice de son pays.
A rappeler que le Salvador qui ne fait plus désormais cadeau aux chefs d’Etat corrompus, avait déjà jugé et condamné l’ex-président Francisco Flores (1999-2004) (voir photo) pour corruption et détournement d’argent, mais celui-ci est mort en janvier 2015 avant d’aller définitivement élire domicile dans une cellule de prison. Il est reconnu coupable de détournement de $15 millions destinés au soulagement des victimes après un tremblement de terre dévastateur au Salvador.


