5 novembre 2026
Haïti — Après l’assassinat de Guyto Toussaint, Michel Martelly avait choisi Jean Philippe Vixamar, cité dans le dossier d’UNA-Haïti, pour diriger la BNC
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Haïti — Après l’assassinat de Guyto Toussaint, Michel Martelly avait choisi Jean Philippe Vixamar, cité dans le dossier d’UNA-Haïti, pour diriger la BNC

L’ancien président de la Banque nationale de crédit a été abattu en juin 2011. Son successeur, Jean Philippe Vixamar, est aujourd’hui cité par le RHAJAC dans une démarche présumée autour d’une lettre d’UNA-Haïti à l’ONU. Les circonstances de cette initiative et les accusations de bombardements qu’elle contient appellent des explications.

Jeudi 5 novembre 2026 (Rezo Nòdwès) — Une banque publique, un président assassiné et un successeur choisi sous Michel Martelly, – chèf bandi legal -. Quinze ans plus tard, le nom de Jean Philippe Vixamar réapparaît dans une controverse liée aux opérations des forces salvadoriennes contre les gangs en Plaine du Cul-de-Sac, Haïti.

Le banquier Guiteau Toussaint présidait le conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (BNC) lorsqu’il a été atteint par balles, le 12 juin 2011, à sa résidence de Vivy Mitchell, à Frères. Transporté à l’hôpital, il y est décédé. Il avait 56 ans.

Après ce meurtre, Michel Martelly a désigné Jean Philippe Vixamar, alors vice-président de la BNC, pour prendre la tête de l’institution. Le nouveau conseil a été approuvé par le Sénat, puis installé le 10 novembre 2011. Vixamar est resté président jusqu’en octobre 2015.

Dans le rapport annuel consacré à la mémoire de son prédécesseur, Vixamar avait salué celui qu’il présentait comme « l’architecte de la renaissance, de la restructuration et de la modernisation de la BNC ». Guyto Toussaint avait dirigé le comité chargé de la restructuration de la banque à partir de 1999, avant d’en devenir président en 2001.

L’affaire criminelle a également été marquée par la mort de Serge Démosthène. Un rapport des Nations unies indique qu’il a été torturé à mort au commissariat de Pétion-Ville pour lui faire avouer son implication présumée dans l’homicide du banquier.

La lettre qui divise

Le nom de l’ancien dirigeant bancaire est désormais cité par le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) à propos d’une lettre d’UNA-Haïti adressée à António Guterres.

Datée du 28 octobre 2026, la correspondance attribue aux forces salvadoriennes des bombardements aériens, des attaques d’hélicoptères armés et des assauts à l’arme lourde dans des zones habitées, notamment à Croix-des-Bouquets, à Canaan et dans la Plaine du Cul-de-Sac. Elle réclame l’arrêt des bombardements offensifs allégués et une enquête indépendante sur les victimes civiles.

Les publications consultées identifient Harvey Dupiton, fondateur d’UNA-Haïti, comme signataire. La présence d’une seconde signature, celle de Jean Philippe Vixamar, n’a pas pu être confirmée à partir des sources disponibles.

Le président salvadorien Nayib Bukele a contesté le récit. Il affirme que les hélicoptères d’attaque de son pays sont arrivés en Haïti le 29 octobre, après la date de la lettre, et qu’ils n’avaient effectué aucune mission au 31 octobre. Il soutient également que sa mission ne disposait pas de bombes.

La rapidité avec laquelle UNA-Haïti a saisi l’ONU interroge : sur quels éléments précis reposaient les faits rapportés ? Témoignages datés, images vérifiées, lieux des attaques et identité des victimes permettraient d’éclairer le débat. Le démenti salvadorien mérite lui aussi d’être confronté à des vérifications indépendantes.

Les accusations du RHAJAC et le démenti de DEBLOKE

Dans sa note du 2 novembre, le RHAJAC affirme, sur la foi de sources anonymes, que Michel Martelly aurait sollicité Harvey Dupiton, Jean Philippe Vixamar et Randolf St Leger afin de faire adresser la lettre à l’ONU. Le réseau soupçonne une tentative de freiner les opérations contre les gangs et demande une enquête. Ces allégations n’ont pas été établies indépendamment.

Le regroupement DEBLOKE, l’enfant prodigue de PHTK, qui soutient Michel Martelly, a rejeté ces accusations. Il affirme que l’ancien président n’a demandé ni mandaté une démarche visant à suspendre les opérations salvadoriennes. Le mouvement dit soutenir l’appui du Salvador, dans le respect de la souveraineté haïtienne et des droits fondamentaux.

Qui a rédigé la lettre ? Qui en a validé le contenu et sur quelle base ? Quelles démarches les personnes citées ont-elles menées en faveur des victimes des gangs ?

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