Le Comité de renaissance et d’action nationale pour la souveraineté met en cause la gestion des ressources publiques, la réponse à la violence armée et la conduite du processus électoral.
Port-au-Prince, jeudi 5 novembre 2026 (Rezo Nòdwès) — Le Comité de renaissance et d’action nationale pour la souveraineté (CRANS) a réclamé, mercredi, la démission immédiate du Premier ministre de doublure Alix Didier Fils-Aimé et de son équipe, leur reprochant de ne pas assurer la protection de la population et de servir des intérêts particuliers au détriment du patrimoine public.
« La corruption a atteint son paroxysme », affirme l’organisation dans un communiqué. Elle dénonce des « contrats mirobolants » attribués sans appel d’offres, des voyages personnels qui auraient été financés par le Trésor public et des dépenses luxueuses engagées par les autorités de facto.
Le comité dénonce aussi un « laxisme inconcevable envers les gangs » et estime que l’insuffisance de la réponse gouvernementale pourrait être interprétée comme une forme de complicité. Il s’indigne que des forces étrangères interviennent au secours de la population tandis que les institutions nationales peinent à garantir sa sécurité.
Les violences, les massacres et les déplacements forcés s’ajoutent à une crise sociale marquée par la cherté de la vie. Selon l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire publiée le 28 octobre, plus de 5,94 millions de personnes connaissent une insécurité alimentaire aiguë de niveau crise ou pire entre septembre 2026 et février 2027. Le CRANS y voit une manifestation de l’incapacité des autorités à répondre aux besoins fondamentaux de la population.
Sur le terrain électoral, l’organisation accuse le Premier ministre pope twèl de vouloir « se pérenniser au pouvoir » en exerçant une mainmise sur l’institution électorale et en favorisant des personnalités contestées. Elle juge ces pratiques incompatibles avec la neutralité administrative, l’égalité des candidats et l’indépendance des organes chargés du scrutin.
Le comité invoque l’article 21 de la Constitution de 1987, qui qualifie notamment de haute trahison le vol par un fonctionnaire de biens de l’État confiés à sa gestion. Il se réfère également à la loi de 2014 sur la prévention et la répression de la corruption ainsi qu’à la Convention des Nations Unies contre la corruption.
L’organisation rappelle par ailleurs que l’article 19 de la Constitution impose à l’État de garantir le droit à la vie, à la santé et au respect de la personne humaine, tandis que l’article 22 reconnaît notamment les droits au logement, à l’éducation, à l’alimentation et à la sécurité sociale. Elle considère que leur détérioration engage la responsabilité politique des dirigeants de la transition.
« Par ces motifs, le CRANS fait appel à toutes les forces vives de la nation pour exiger le départ immédiat de ce gouvernement de facto irresponsable et corrompu », conclut le communiqué.
La déclaration est signée notamment par Marie Antoinette Gautier, Winie Edugène Robin, Myrtha Désulmé, Venise Dubique Guiteau, Don Rocher, Bastien Jean et Philippe Laporte.

