Paraguay — Santiago Peña annonce sa démission, mais reste en fonction; le Congrès poursuit la procédure de destitution
Asunción, vendredi 6 novembre 2026 — Le président paraguayen Santiago Peña a annoncé jeudi qu’il démissionnait, sous la pression de manifestations provoquées par la crise d’Ueno Bank. Mais le Congrès n’a pas entériné son départ : une session conjointe a été suspendue faute de quorum, et Peña demeure en fonction dans l’attente d’une décision institutionnelle.
Quelques minutes après son annonce, la Chambre des députés a approuvé par 78 voix l’ouverture d’une procédure de destitution. Le dossier doit être examiné par le Sénat, qui peut poursuivre le procès politique ou accepter la démission. Peña a indiqué qu’il entendait présenter sa défense.
La crise a éclaté après l’intervention de la Banque centrale dans Ueno Bank, dont les clients ne pouvaient plus accéder à leurs comptes. L’établissement comptait près de trois millions de clients et gérait environ 850 millions de dollars de fonds publics. Des élus accusent Peña de conflits d’intérêts et de mauvaise gestion des fonds liés à la banque; ces accusations font l’objet d’enquêtes et ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.
Des déposants et des employés ont manifesté à Asunción pour réclamer le remboursement de leurs économies et le paiement de salaires. L’effondrement de la banque aurait également affecté quelque 7 000 emplois directs et indirects. Le vice-président Pedro Alliana est appelé à succéder à Peña si la démission est finalement acceptée.

