4 novembre 2026
Haïti – CEP : ni Bac I ni Bac II pour certains conseillers électoraux, selon Wally Dessence, ancien président du BED de l’Ouest I
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Haïti – CEP : ni Bac I ni Bac II pour certains conseillers électoraux, selon Wally Dessence, ancien président du BED de l’Ouest I

Révoqué du BED de l’Ouest I, l’ancien responsable affirme sur Radio Méga que des membres du Conseil électoral provisoire n’auraient ni le Bac I ni le Bac II. Qui sont les conseillers visés par les accusations de Wally Dessence ?

Sous la présidence de Michel Martelly, le salaire mensuel des conseillers électoraux était passé de 124 000 à 240 000 gourdes. Cette augmentation, fixée par un mémorandum signé du ministre de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau, avait pris effet dès octobre 2015. Elle avait été rendue publique en janvier 2016. Le pays traversait alors une crise électorale. Jude Célestin ayant annoncé son boycott du second tour, Jovenel Moïse, candidat soutenu par le pouvoir, était seul à faire campagne pour ce scrutin qualifié par ses détracteurs d’élection « grenn solèy ». Prévu le 24 janvier 2016, le vote avait finalement été reporté.

PORT-AU-PRINCE, mercredi 4 novembre 2026 (Rezo Nòdwès) — Wally Dessence, ancien président du Bureau électoral départemental (BED) de l’Ouest I, a affirmé lundi matin, à l’émission Booster de Radio Méga, que certains membres du Conseil électoral provisoire (CEP), qu’il n’a pas nommés, ne seraient titulaires ni du baccalauréat première partie ni du baccalauréat deuxième partie.

Ces déclarations, dont la véracité n’a pas pu être établie de manière indépendante, font écho à des rumeurs qui circulaient déjà lors de la constitution du CEP en 2024. Elles visent des hommes et des femmes chargés de conduire un processus électoral qui requiert une solide maîtrise des règles juridiques et administratives. Aucune réaction du CEP à ces accusations n’a été trouvée dans les sources consultées en fin de soirée.

M. Dessence, qui se présente comme titulaire d’une licence de l’École normale supérieure et d’un master de l’Université Quisqueya, conteste sa révocation, intervenue le 29 octobre. Il la juge politique, arbitraire et contraire aux normes administratives.

Son éviction est survenue quelques heures après un différend concernant le dossier de candidature à la présidence de Jean Ernest Muscadin, alors commissaire du gouvernement de Miragoâne. Présenté comme un « justicier de la ville » par certains de ses partisans, ce magistrat est mis en cause par l’ONU pour des exécutions extrajudiciaires.

Selon la presse haïtienne, le BED avait refusé de recevoir les pièces de M. Muscadin en raison de « documents manquants« . La lettre de révocation de M. Dessence, signée par Peterson Pierre-Louis, invoque notamment un manquement au devoir de réserve. M. Pierre-Louis est le troisième président de facto de l’actuel CEP depuis sa mise en place en 2024 par un CPT illégal et inconstitutionnel.

Le Bac I et le Bac II correspondaient respectivement aux examens de rhétorique et de philosophie dans l’ancien système secondaire. L’épreuve officielle du Bac I a été supprimée à partir de l’année scolaire 2014-2015, sous Nesmy Manigat, ministre de l’Éducation nationale durant la présidence de Michel Martelly. Cette réforme a été critiquée par des acteurs du secteur. Une personne ayant étudié sous le nouveau régime peut donc avoir achevé le secondaire sans avoir passé un Bac I officiel distinct.

L’article 193 de la Constitution de 1987 énumère les conditions requises pour siéger au Conseil électoral permanent sans mentionner de diplôme. Par le passé, des juristes, des professeurs d’université et des titulaires de licences, de maîtrises ou de doctorats ont siégé au sein de conseils électoraux. Ces parcours universitaires n’ont toutefois pas toujours protégé l’institution contre les soupçons d’ingérence de l’exécutif ou d’achat de consciences.

Les règles applicables à l’actuel conseil provisoire doivent être examinées distinctement. Son arrêté de nomination, publié le 19 septembre 2024, impose à ses membres des obligations d’intégrité, d’impartialité et d’indépendance dans un pays où la corruption et l’impunité font rage.

Cette indépendance a été mise à l’épreuve en juin 2026, lors de la nomination d’Uder Antoine au poste de directeur général par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Déjà directeur exécutif du CEP, M. Antoine avait vu son contrat résilié par une majorité des conseillers, qui dénonçaient une atteinte à l’autonomie de l’institution. Il a néanmoins été installé à la direction générale.

Le décret électoral révisé du 6 octobre 2026 prévoit par ailleurs une « ratification populaire » de changements constitutionnels. La compatibilité de cette procédure avec l’article 284-3 de la Constitution, qui interdit de modifier celle-ci par référendum, demeure contestée.

L’examen des candidatures suscite aussi des interrogations. L’ancien président Tèt Kale Michel Martelly, qui a déposé ses pièces au BED de l’Ouest I le 23 octobre, est visé par des sanctions de l’Union européenne pour son implication présumée dans le financement et l’armement de gangs. Ces mesures sont distinctes des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. Le dépôt de son dossier ne vaut pas validation définitive de sa candidature.

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