26 octobre 2026
Haïti : L’ancien PM Evans Paul lance un appel urgent à la réglementation de la circulation des motos
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Haïti : L’ancien PM Evans Paul lance un appel urgent à la réglementation de la circulation des motos

Dans une tribune consacrée à la circulation des motos en Haïti, l’ancien Premier ministre Evans Paul appelle à une meilleure réglementation des motocyclettes et des tricycles, devenus indispensables à la mobilité et à l’économie, mais associés à de graves problèmes de sécurité routière, d’embouteillages et de contrôle fiscal. Au nom du mouvement ABC (Atizan Bon Chanjman), il plaide pour un encadrement renforcé du secteur, fondé sur l’immatriculation, l’assurance et le respect du Code de la route, afin de réduire les accidents, de renforcer la sécurité publique et de mieux protéger les usagers.

HAÏTI : CIRCULATION DES MOTOS, L’URGENCE D’AGIR

ABC : ATIZAN BON CHANJMAN

Le cas préoccupant des motos à 2 et 3 roues

Un transport indispensable, mais insuffisamment réglementé

Des grandes villes aux zones les plus reculées, la motocyclette est devenue incontournable en Haïti.

Les motos à deux roues et les tricycles occupent désormais une place prépondérante dans la circulation, répondant aux besoins de mobilité d’une population confrontée aux défaillances du transport en commun.

Sur le plan économique, ce secteur fait vivre des centaines de milliers de jeunes. Une moto neuve coûte environ 200 000 gourdes, tandis qu’un taxi-motocycliste peut générer entre 2 500 et 6 000 gourdes par jour.

Cependant, cette activité échappe largement au contrôle de l’État. Environ 70 % des motos en circulation ne seraient ni immatriculées à la Direction générale des impôts (DGI), ni assurées auprès de l’Office d’assurance véhicules contre tiers (OAVCT).

Lancé en août 2025, le programme « Moto pa m légal » vise à régulariser le secteur et à mobiliser plus de 4 milliards de gourdes de recettes fiscales.

UNE ALERTE QUI S’IMPOSE

L’utilité économique et sociale des motos ne saurait justifier l’inaction face à une crise routière aux conséquences humaines, sanitaires et urbaines alarmantes.

L’urgence est claire : réglementer, contrôler et responsabiliser. La mobilité ne doit plus se payer au prix de vies humaines ni de la paralysie de nos villes.

UNE FACTURE HUMAINE ET URBAINE INSOUTENABLE

Des motocyclistes en première ligne

Les données disponibles sont préoccupantes. Sur la Route nationale 6 (RN6), près de 400 accidents auraient été recensés entre 2024 et début 2025, faisant au moins 40 morts, majoritairement de jeunes motocyclistes.

À l’échelle nationale, les statistiques policières attribuent aux motocyclistes 55,9 % des décès routiers. Pour 2025, 505 décès auraient été recensés, soit une moyenne de 10 morts et 50 blessés par jour.

Le non-respect du Code de la route, les comportements imprudents et la dégradation des infrastructures aggravent cette situation.

DES VILLES À BOUT DE SOUFFLE

Au Cap-Haïtien, entre autres, ainsi que dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Delmas, la prolifération des tricycles accentue les embouteillages et complique la circulation.

UN DÉFICIT DE CONTRÔLE QUI AFFAIBLIT L’ÉTAT

L’informalité du secteur entrave les contrôles policiers et prive potentiellement le Trésor public de milliards de gourdes de recettes fiscales.

L’absence d’immatriculation complique également l’identification des motos utilisées lors de braquages et de crimes violents, fragilisant davantage la sécurité publique.

SYNTHÈSE : RÉGULER POUR PROTÉGER

La moto n’est pas le problème en soi. Elle répond à un besoin réel de mobilité et de survie économique. Le véritable problème réside dans l’absence d’une régulation efficace, de contrôles systématiques et d’une politique cohérente des transports.

ABC : ATIZAN BON CHANJMAN lance un appel à l’action : immatriculer, assurer, contrôler et responsabiliser. L’État doit agir pour sauver des vies, désengorger les villes, renforcer la sécurité et récupérer les recettes fiscales.

Réglementer la circulation, c’est protéger la vie, restaurer l’autorité de l’État et défendre l’intérêt collectif.

Evans PAUL
ABC : ATIZAN BON CHANJMAN

Delmas, Haïti
Dimanche 25 octobre 2026

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