
OTTAWA/WASHINGTON, dimanche 11 octobre 2026 — Le Premier ministre canadien Mark Carney a vivement critiqué l’accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur l’approvisionnement des États-Unis en diesel russe, estimant que cette décision procurera à Moscou des recettes supplémentaires susceptibles de financer son offensive militaire contre l’Ukraine, engagée depuis février 2022.
Lors d’un entretien téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Mark Carney a dénoncé un accord contraire aux efforts diplomatiques du Canada, de l’Ukraine et de leurs alliés pour restaurer la paix et la stabilité en Europe. Ottawa a réaffirmé son intention de maintenir, voire de renforcer, les sanctions économiques contre Moscou.
L’administration Trump défend néanmoins cette entente, annoncée vendredi, comme une mesure destinée à réduire les prix du carburant, particulièrement du diesel, à quelques semaines des élections américaines de mi-mandat. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a soutenu dimanche sur Fox News que cette décision respectait les prérogatives légales de l’exécutif et répondait aux intérêts économiques des consommateurs américains.
L’accord suscite également des critiques au sein du Parti républicain. Le sénateur Thom Tillis a contesté sa légalité, estimant qu’il pourrait contrevenir aux dispositions législatives destinées à priver la Russie des ressources financières nécessaires à la poursuite de la guerre. Plusieurs analystes doutent par ailleurs de son efficacité sur les prix du diesel.
Parallèlement, Donald Trump a annoncé dimanche un cessez-le-feu énergétique immédiat entre Moscou et Kyiv. Une déclaration accueillie avec prudence par Volodymyr Zelensky, qui affirme attendre des précisions de Washington et conditionne l’arrêt des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes à la cessation des attaques de Moscou contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Aucun accord réciproque n’avait été confirmé par les deux belligérants.
Cette divergence diplomatique intervient après plus de quatre années de guerre, tandis que les alliés occidentaux débattent des moyens de contraindre Vladimir Poutine à négocier. Une interrogation demeure : comment Washington entend-il concilier sa politique de sanctions contre Moscou avec un accord commercial susceptible d’accroître les revenus énergétiques russes ?
Sources : Reuters, Associated Press, communiqué du cabinet du Premier ministre canadien, 11 octobre 2026.

