4 octobre 2026
Haïti–RD | Après la controverse, le Grenadier Wilson Isidor clarifie sans se rétracter ni s’excuser : « Représenter Haïti dépasse le football »
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Haïti–RD | Après la controverse, le Grenadier Wilson Isidor clarifie sans se rétracter ni s’excuser : « Représenter Haïti dépasse le football »

« Je porte ce maillot avec une immense fierté. Une fierté profonde, sincère, qui n’a besoin de s’opposer à personne pour exister », affirme Wilson Isidor, après la polémique née de la victoire haïtienne en République dominicaine.
Cette profession de fierté nationale tranche avec l’épisode de Judith Exavier, alors consule générale d’Haïti à Santiago, interpellée le 7 décembre 2019 à Jimaní au volant d’une Lexus recherchée par les autorités dominicaines dans l’enquête visant le réseau de narcotrafic de César Emilio Peralta, dit « El Abusador ».

PORT-AU-PRINCE, 4 octobre 2026 — Trois jours après la victoire 4-1 d’Haïti sur la République dominicaine et la controverse provoquée par ses déclarations à Santo Domingo, Wilson Isidor a publié dimanche un long message dans lequel il réaffirme sa fierté de porter le maillot national tout en inscrivant la rivalité sportive dans une logique de respect entre les peuples. Le texte ne contient ni rétractation de ses propos initiaux ni excuses explicites ; il constitue plutôt une clarification de la portée qu’il entend donner à son attachement à Haïti.

« Représenter Haïti dépasse le football », écrit l’attaquant des Grenadiers. « C’est porter une histoire, une identité, une culture et les espoirs de tout un peuple. C’est mesurer le privilège de défendre ses couleurs et la responsabilité qui l’accompagne. » Isidor insiste sur une identité nationale qu’il présente comme pleinement compatible avec le respect de l’autre : « Je porte ce maillot avec une immense fierté. Une fierté profonde, sincère, qui n’a besoin de s’opposer à personne pour exister. »

Son message intervient après plusieurs jours de tension consécutifs au match de Ligue des Nations de la Concacaf, disputé le 1er octobre au stade olympique Félix-Sánchez. Auteur de deux des quatre buts haïtiens, Isidor avait déclaré après la rencontre : « La Hispaniola, c’est Haïti. Ici, c’est Haïti », en désignant le terrain puis son maillot. Ces propos ont été dénoncés par le président de la Fédération dominicaine de football, José Deschamps, comme un « manque de respect » envers la souveraineté dominicaine.

Sans reprendre cette formule dans son nouveau message, Isidor développe une conception du sport fondée sur la séparation entre l’affrontement compétitif et les rapports entre nations. « Le football nous apprend justement cela : défendre passionnément ce qui nous appartient tout en respectant profondément ce que les autres défendent », écrit-il. « Pendant 90 minutes, il y a des couleurs, des rivalités, des émotions et cette volonté absolue de gagner. »

L’international haïtien poursuit : « Après, il reste l’essentiel : le respect que l’on se porte et ce que le sport est capable de créer entre les peuples. Nos différences font la beauté du football. Notre capacité à nous retrouver autour de lui en fait la grandeur. » La formulation marque ainsi une volonté d’apaisement, sans abandon de l’affirmation identitaire placée au centre de son intervention.

Cette prise de parole survient au moment où le différend a franchi le cadre des réseaux sociaux. La Fédération dominicaine de football (FDF) a annoncé avoir officiellement saisi les instances disciplinaires de la Concacaf et informé la FIFA des faits survenus autour de la rencontre. Elle dit avoir transmis les documents nécessaires afin que les organismes compétents déterminent si une procédure disciplinaire doit être engagée. À ce stade, le dépôt de la plainte ne signifie pas qu’une infraction a été établie ni qu’une sanction a été prononcée.

La Fédération haïtienne de football (FHF) a, pour sa part, défendu son attaquant. Dans un communiqué publié dans la soirée du 3 octobre, elle a estimé que la célébration d’Isidor devait être replacée dans son contexte sportif et interprétée comme une manifestation de son attachement à ses origines haïtiennes, et non comme une expression d’hostilité envers un autre peuple. La FHF a également appelé à maintenir le différend dans le champ du football et à éviter son instrumentalisation à d’autres fins.

Isidor termine son message par une triple profession de fierté nationale : « Je suis fier d’Haïti. Fier de notre peuple. Fier de porter nos couleurs. » Puis il replace l’épisode dans une perspective de réconciliation sportive : « Et si le football peut nous opposer pendant 90 minutes sur le terrain, sa plus grande force est de nous rassembler en dehors. »

Ainsi, sans effacer les paroles ayant provoqué la controverse, l’attaquant haïtien choisit de préciser publiquement le sens qu’il attribue à son patriotisme : défendre Haïti avec intensité, sans transformer cette affirmation identitaire en opposition aux autres nations. La suite du dossier dépend maintenant des instances de la Concacaf saisies par la fédération dominicaine.

cba

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