Madrid, dernière escale d’une tournée européenne
Carnet de voyage | Madrid, dernière escale européenne : transit mouvementé, contrôles et premières impressions
Dernière étape d’une tournée européenne effectuée du 28 août au 9 septembre 2026, Madrid n’aura été qu’une courte escale avant Miami. Entre l’immensité de l’aéroport, des indications de vol contradictoires, un contrôle documentaire inattendu et quelques rencontres contrastées, ce passage de quelques heures a pourtant nourri une réflexion sur le voyage, l’identité haïtienne et la perception des sociétés européennes.
Par Joel Lorquet
MADRID, 9 septembre 2026 — Cette escale, dernière étape de mon parcours européen avant Miami, a été trop courte pour visiter réellement la capitale espagnole. Elle m’a néanmoins offert une succession d’expériences assez fortes pour transformer un simple transit en carnet de voyage.
Vue aérienne à l’approche de Madrid, le 9 septembre 2026.
Une arrivée sous le signe de la comparaison
Je suis arrivé à Madrid tôt le mercredi 9 septembre, après un vol d’environ deux heures au départ de Genève. Depuis le hublot, le paysage espagnol m’a immédiatement paru différent de celui de la Suisse : moins de verdure, davantage de terres aux tons dorés, une agglomération plus étendue et un réseau routier beaucoup plus dense.
J’avais choisi Madrid comme point de transit avant de poursuivre vers Miami. Mon projet initial était simple : sortir de l’aéroport, prendre un taxi et consacrer environ une heure et demie à une découverte rapide de la capitale espagnole. La configuration de Madrid-Barajas allait rapidement rendre cette idée impraticable.
Vue d’un terminal de l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas.
Madrid-Barajas, un aéroport où l’on peut vite perdre ses repères
Après l’atterrissage, l’avion a encore circulé une quinzaine de minutes avant d’atteindre la zone de débarquement. Mes bagages ayant été enregistrés jusqu’à Miami, ma priorité consistait à identifier la porte du prochain vol.
La carte d’embarquement remise à Genève ne portait pas toutes les indications attendues. Au comptoir d’American Airlines, on m’a indiqué un départ à 11 h 20. Les tableaux affichaient toutefois deux vols vers Miami à des horaires rapprochés, l’un associé à American Airlines, l’autre à Iberia, deux compagnies opérant en coopération. Plus tard, à la porte S4, l’écran affichait 12 h 20. Ces informations successives, non concordantes, ont ajouté une difficulté à un transit déjà exigeant.
Le déplacement entre les zones de correspondance impose en outre d’emprunter le train interne de l’aéroport. À Madrid-Barajas, quelques minutes d’inattention suffisent pour se retrouver dans la mauvaise direction.
Un contrôle documentaire qui suscite une interrogation
Au cours du parcours vers le vol à destination des États-Unis, j’ai été soumis à un contrôle de mes documents de voyage. Après vérification de mon passeport et de mon visa américain, un agent m’a demandé de me présenter à un policier prénommé Manuel.
Celui-ci a de nouveau examiné mes documents, puis m’a demandé si j’étais diplomate. Je lui ai répondu que je travaillais pour l’ambassade des États-Unis, tout en étant Haïtien. Après vérification, il m’a assuré que tout était en ordre et qu’il ne comprenait pas lui-même pourquoi j’avais été orienté vers lui.
Cet épisode m’a laissé une impression inconfortable. Était-ce lié à mon apparence, à ma couleur de peau ou au fait de voyager avec un passeport haïtien ? Je ne peux l’affirmer. Il s’agit d’une interrogation personnelle, non d’une accusation contre l’Espagne ou ses institutions. Le contexte international entourant Haïti et l’image du pays diffusée par les médias peuvent aussi influencer, consciemment ou non, la manière dont un voyageur haïtien est perçu.
À l’intérieur de l’aéroport de Madrid-Barajas, vaste plateforme de correspondance.
Retrouver la bonne porte
Une fois ce contrôle terminé, il fallait encore retrouver la porte d’embarquement. American Airlines m’avait indiqué S4, mais cette référence n’était pas immédiatement visible. Après avoir demandé de l’aide à une hôtesse, j’ai finalement localisé la porte en contrebas, sur la droite.
Cette séquence m’a rappelé une règle élémentaire du voyage aérien : lorsque plusieurs compagnies desservent la même destination à des horaires voisins, il faut vérifier sans délai le numéro de vol, la porte et l’horaire auprès du personnel. Un grand aéroport ne pardonne pas toujours une erreur d’orientation.
Wi-Fi simple, accueil plus contrasté
L’un des aspects positifs de l’escale a été la connexion Wi-Fi, que j’ai trouvée relativement simple : une adresse électronique, une confirmation, puis l’accès au réseau. La procédure m’a paru plus directe que celles rencontrées précédemment en France et en Suisse.
Mes impressions sur l’accueil ont été plus contrastées. Dans une boutique de souvenirs, une vendeuse m’a paru distante et peu chaleureuse. Ailleurs, notamment au comptoir d’American Airlines, le personnel s’est montré disponible et courtois. Ces expériences contradictoires invitent à la prudence : quelques contacts ne permettent pas de transformer une impression personnelle en jugement sur une société entière.
Joel Lorquet lors de son transit à Madrid, dernière escale de sa tournée européenne.
L’Espagne, quelques repères au-delà de l’escale
Mon passage à Madrid a été trop bref pour constituer une véritable visite. Il m’a néanmoins conduit à replacer l’Espagne dans une histoire plus vaste : pays de la péninsule Ibérique, marqué par les héritages romain, chrétien et musulman, ancienne puissance impériale, puis théâtre au XXe siècle d’une guerre civile et de plusieurs décennies de dictature sous Francisco Franco avant la transition démocratique ouverte après 1975.
L’Espagne contemporaine est une monarchie parlementaire organisée en 17 communautés autonomes, auxquelles s’ajoutent Ceuta et Melilla. Sa diversité régionale, notamment en Catalogne, au Pays basque et en Galice, s’exprime aussi par la coexistence de plusieurs langues et identités historiques.
Dernière escale, nouvelle envie de repartir
Madrid a donc constitué la dernière étape de ma tournée européenne du 28 août au 9 septembre 2026. Je n’ai pas pu découvrir la ville comme je l’avais souhaité : mon expérience espagnole s’est essentiellement déroulée entre les allées de l’aéroport, les trains internes, les comptoirs et les portes d’embarquement.
Je garde néanmoins un beau souvenir de ce voyage en Europe, qui m’a permis de revoir Paris près de quarante ans après une précédente visite et de découvrir d’autres environnements sociaux et culturels. Voyager, à mes yeux, ne consiste pas seulement à franchir des frontières. C’est observer, comparer, questionner et apprendre — y compris sur Haïti, que l’on peut parfois mieux interroger à travers le miroir d’autres sociétés.

