« Se eli ki pou ranplase eli » : avant Fils-Aimé, Ariel Henry promettait déjà de terminer la transition par les urnes
NEW YORK — « Cette transition doit prendre fin […] par les urnes », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé le 25 septembre 2026 devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Trois ans auparavant, pratiquement à la même tribune, Ariel Henry développait déjà la même doctrine politique.
Le 22 septembre 2023, le Premier ministre de doublure d’alors appelait les acteurs politiques à « prendre le pouvoir par les urnes » et assurait que son « gouvernement intérimaire » était déterminé à organiser les élections « dans les meilleurs délais ».
Un an plus tôt, dans son discours du 24 septembre 2022 lu à l’ONU par le chancelier Jean Victor Généus, Henry promettait déjà de créer les conditions permettant de « remettre le pouvoir à des élus librement choisis par le peuple haïtien ».
La formule change ; la promesse institutionnelle demeure : la transition doit conduire aux urnes et remettre le pouvoir à des élus.
Ariel Henry quittera pourtant le pouvoir en 2024 sans avoir organisé les élections annoncées. En septembre 2026, Fils-Aimé reprend à New York le même principe de sortie électorale de la transition. Cette fois, la crédibilité de la promesse dépend de sa traduction institutionnelle effective, sur fond de controverse autour du contrat de lobbying à 65 000 dollars par mois, un dossier qui fragilise davantage la portée politique du discours gouvernemental.

