L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a lancé, ce vendredi 18 septembre 2026, une campagne d’enregistrement à l’état civil en faveur des enfants nés dans le contexte du déplacement forcé des populations de Mirebalais et de Saut-d’Eau, à la suite des événements du 31 mars 2025.
Déployée au site transitoire semi-durable de Papaye, dans le département du Centre, cette initiative se déroulera sur trois jours. Elle vise l’enregistrement de 236 enfants âgés de 0 à 18 mois, vivant actuellement sur le site et nés depuis le début de cette vague de déplacement.
Garantir le droit à une identité
Au-delà d’une simple démarche administrative, cette campagne répond à un enjeu fondamental de protection de l’enfance : garantir à chaque enfant une identité juridique et une reconnaissance officielle de son existence par l’État.
Dans les situations de déplacement forcé, les familles peuvent rencontrer des difficultés accrues pour accomplir les formalités administratives nécessaires à la déclaration des naissances. L’absence d’enregistrement à l’état civil peut, à terme, constituer un obstacle à l’exercice de plusieurs droits et à l’accès à certains services essentiels.
À travers cette intervention, l’OCNH entend ainsi contribuer à réduire les risques de non-identification et de non-enregistrement des enfants nés dans un contexte déjà marqué par une forte vulnérabilité sociale et humanitaire.
Une mobilisation institutionnelle autour des enfants déplacés
La campagne est réalisée en collaboration avec l’Office d’État Civil de Hinche et bénéficie de la participation de plusieurs institutions publiques, notamment la Mairie de Hinche, l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) ainsi que la Direction Départementale de la Protection Civile du Centre (DDPC-C).
Cette mobilisation traduit l’importance d’une réponse coordonnée entre les organisations de la société civile et les institutions publiques pour assurer la protection des enfants affectés par les déplacements de population.
Présente au lancement au nom de la DDPC-C, Madame Magareth MULTY a salué l’initiative de l’OCNH et mis en évidence l’importance de l’enregistrement à l’état civil pour renforcer la protection des enfants déplacés et faciliter leur accès à leurs droits.
Un besoin qui dépasse le site de Papaye
La représentante de la DDPC-C a également attiré l’attention sur l’ampleur des besoins dans l’ensemble du département du Centre. Elle a sollicité l’accompagnement de l’OCNH afin d’étudier la possibilité d’étendre cette initiative aux 58 sites accueillant des personnes déplacées, répartis dans 8 des 13 communes du département.
Une éventuelle extension permettrait d’identifier davantage d’enfants confrontés à des difficultés d’enregistrement à l’état civil et de rapprocher les services administratifs des familles déplacées.
Dans un contexte où les déplacements forcés fragilisent les mécanismes traditionnels de protection et l’accès aux services publics, cette campagne rappelle une réalité essentielle : un enfant déplacé ne doit pas devenir un enfant invisible aux yeux de l’État.
En facilitant l’enregistrement des naissances, l’initiative contribue à préserver le droit à l’identité des enfants et à renforcer leur protection, malgré les bouleversements provoqués par le déplacement forcé.
Vitalème ACCÉUS
acceus2009@gmail.com

