GENÈVE, 9 septembre 2026 — Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a demandé aux États-Unis de suspendre les renvois vers Haïti lorsque les personnes expulsées risquent d’y subir un « préjudice irréparable », lors de son intervention devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.
« J’exhorte les États-Unis à mettre fin au renvoi de personnes vers des endroits où elles pourraient subir un préjudice irréparable, notamment Haïti », a déclaré M. Türk, demandant également à Washington de garantir le respect des procédures régulières pour les expulsions vers des pays tiers.
Selon les Nations unies, près de 200 000 personnes ont été retournées de force vers Haïti entre janvier et août 2026. Ce chiffre ne concerne pas uniquement les États-Unis : la République dominicaine représente de très loin la principale provenance, devant les îles Turques-et-Caïques, les États-Unis, les Bahamas et la Jamaïque. En 2025, l’OIM avait recensé 270 214 retours forcés, dont 265 215 depuis la République dominicaine, soit environ 98 %.
L’appel intervient sur fond de durcissement de la politique migratoire américaine envers les Haïtiens. Il renvoie au principe de non-refoulement, consacré par le droit international, qui encadre l’éloignement d’une personne lorsqu’elle risque, dans le pays de destination, la torture, des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ou d’autres atteintes irréparables à ses droits fondamentaux.


