Par Pierre Robert Auguste
Qu’un Commissaire de gouvernement, réputé jusqu’à date par l’histoire comme homme lige du pouvoir en place à moins d’être un fort caractère respectable, convoque un justiciable n’a rien d’anormal. Que cette convocation soit une tentative de persécution politique et manifestement une atteinte au droit politique et une menace contre la manifestation publique, il y a de quoi s’inquiéter des dérives dictatoriales et de la réapparition des méthodes d’intimidation et de persécution politique connues dans les périodes noires de la gestapo, du KGB et de tous les anges individuels de la mort qui ont sali leur nom, leur famille dans des actes cruels pour le compte des régimes férocement inhumains.
Le 4 septembre, malgré la soumission tristement monnayée et gagée de presque tous les partis politiques en mal de pouvoir, une manifestation populaire a pu réveiller Port-au-Prince et montrer qu’il est désormais possible de renverser l’imposture antinationale que représente le pouvoir usurpé, veule, esclavagiste, traite de Didier Fils Aimé. Comptant sur la peur que répand la complicité d’avec les terroristes commandités pour empêcher toute manifestation populaire de contestation, la panique a gangrené le camp des prédateurs,confondant corrupteurs et corrompus à la solde des commanditaires étrangers ébranlés.
Toujours faibles, sans appuis populaires réels, les apprentis dictateurs, ignorants de la marche de l’histoire, ne s’en remettent qu’aux bras armés ou, à défaut, aux thuriféraires dont l’inconscience, entortillée par l’avidité poussent au suicide comme un héros racinien qui ne peut faire marche arrière devant le destin qui l’entraîne. Ils ne comprennent pas qu’il vaut mieux perdre un pouvoir éphémère que la considération de la postérité. Il faut savoir se retirer pour gagner l’éternité de l’histoire.
On aimerait bien comprendre cette formule défaillante attentatoire qui demande à un citoyen jouissant de ses droits politiques le motif de sa présence à une manifestation publique,sans doute autorisée.
Reste à demander à chacun des témoins comment et pourquoi ils étaient là dans un endroit, à tel moment. Le déni ne saurait être plus flagrant.
Quand un dictateur se lance à la trousse du droit démocratique personnifié, l’effondrement de son pouvoir s’annonce. Veille qu’il ne finisse dans la débandade des tumultes ensanglantés ou des charivari populaires.
Gonaïves le 6 septembre 2026
Pierre Robert Auguste

