Récit de voyage / Belgique
Jeudi 3 septembre 2026
Par : Joël Lorquet, PhD
Mon séjour à Bruxelles, dans le cadre d’un séminaire sur l’« Advocacy in the Media », est aussi l’occasion de découvrir la ville, son patrimoine, ses institutions et sa vie quotidienne. Au fil de mes promenades, je visite des lieux emblématiques, fais des rencontres inattendues et observe avec attention différentes facettes de la capitale belge. Ce récit rassemble ainsi mes découvertes, mes impressions et quelques réflexions personnelles sur Bruxelles.
Au-delà des sites touristiques, je m’intéresse également aux petits détails qui caractérisent la vie bruxelloise. Les déplacements dans les rues, l’architecture, les espaces publics, les restaurants et les habitudes des habitants offrent autant d’occasions de faire des observations intéressantes. Chaque sortie devient ainsi une nouvelle expérience et une manière différente de mieux comprendre cette ville européenne.
Une visite aux Musées royaux des Beaux-Arts
Jeudi 3 septembre 2026, nous avons terminé la formation à 16 heures. Je m’étais dit que je devais profiter du temps qu’il me restait pour me rendre aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
En cours de route, sans y avoir vraiment prêté attention auparavant, j’ai réalisé que je passais devant le Parlement, que je dois visiter en groupe le lendemain, vendredi. Je me suis donc arrêté quelques instants pour prendre une photo de ce superbe bâtiment qui abrite le Parlement.
J’ai ensuite poursuivi mon chemin vers les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Il était déjà 16 h 14, alors que le musée devait fermer à 17 heures. L’entrée au musée est payante, même si certaines parties ou certains espaces sont accessibles gratuitement.
Je souhaitais avoir un guide avant de filmer, mais on m’a expliqué que cela était compliqué, car il fallait réserver à l’avance. Il y avait bien la possibilité d’utiliser des audioguides, mais cette solution ne correspondait pas vraiment à mon objectif. Je voulais obtenir un son de qualité afin de pouvoir enregistrer et réaliser un reportage spécial.
Cela ne m’a toutefois pas empêché de poursuivre ma découverte. J’ai néanmoins pu visiter partiellement ce musée, durant le peu de temps dont je disposais encore, afin de découvrir cet imposant espace culturel qui abrite une grande variété d’œuvres d’art, notamment des tableaux, des statues, des sculptures et bien d’autres créations artistiques.
Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique en bref
Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) comptent parmi les grandes institutions culturelles de Bruxelles. Leur histoire remonte à 1801, lorsque Bonaparte crée un musée à Bruxelles. Après l’indépendance de la Belgique, les collections connaissent un important développement et l’institution devient progressivement un grand centre consacré à l’art belge et européen. En 1842, le musée est transféré à l’État belge et, en 1927, il adopte définitivement le nom de Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Aujourd’hui, les collections regroupent environ 20 000 œuvres, couvrant la peinture, la sculpture et le dessin du XVe au XXIe siècle. Elles comprennent notamment des œuvres de Bruegel, Rubens, Van Dyck, Ensor, Khnopff, Delvaux et Magritte.
Le Musée Old Masters
Le Musée Old Masters est principalement consacré à l’art ancien, du XVe au XVIIIe siècle. Il présente une importante collection de peintures des anciens Pays-Bas méridionaux et de l’école flamande, avec notamment Rogier van der Weyden, Hans Memling, Jérôme Bosch, Pieter Bruegel l’Ancien, Rubens, Van Dyck et Jordaens. Des œuvres des écoles française et italienne complètent également cette collection.
Le Musée Magritte
Le Musée Magritte, situé place Royale, est consacré au célèbre artiste surréaliste belge René Magritte. Sa collection, qui compte plus de 230 œuvres et archives, est considérée comme la plus importante au monde consacrée à l’artiste. Elle comprend des peintures, des gouaches, des dessins, des sculptures, des objets peints, des affiches, des photographies, des partitions et des films.
Le Musée Fin-de-Siècle
Le Musée Fin-de-Siècle, ouvert en 2013, était consacré à la riche effervescence artistique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle en Belgique. On y retrouvait notamment des œuvres de James Ensor, Fernand Khnopff et Léon Spilliaert. Actuellement, ce musée est inaccessible en tant qu’espace autonome et ses collections sont progressivement réintégrées dans le parcours du Musée Old Masters.
Le Musée d’Art moderne
Le Musée d’Art moderne était consacré aux œuvres allant de la fin du XVIIIe siècle à l’art moderne et contemporain. Ses collections comprennent notamment des artistes tels que Salvador Dalí, Henri Matisse, Francis Bacon et Marcel Broodthaers. Comme le Musée Fin-de-Siècle, il n’est actuellement pas accessible en tant que musée séparé, certaines œuvres étant progressivement réintégrées au parcours permanent du Musée Old Masters.
Le Musée Wiertz
Le Musée Wiertz, installé dans l’ancienne maison et l’atelier du peintre et sculpteur Antoine Wiertz, présente son univers artistique et ses œuvres. Il est toutefois inaccessible au public depuis le 11 octobre 2024.
Le Musée Meunier
Le Musée Meunier, situé à Ixelles, occupe l’ancienne maison et l’atelier du peintre et sculpteur Constantin Meunier. Il permet de découvrir son œuvre et son intérêt particulier pour le monde du travail, l’industrie et la société de son époque.
Recherche, documentation et collections numériques
Les MRBAB jouent également un rôle important dans la recherche et la conservation du patrimoine artistique. Leur catalogue en ligne permet de consulter une partie importante des collections, dont certaines ont été numérisées en haute résolution.
Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique constituent donc bien davantage qu’un simple lieu d’exposition. Ils forment un vaste ensemble consacré à la conservation, la recherche, la documentation et la transmission de l’histoire de l’art, depuis les maîtres anciens jusqu’aux créations modernes et contemporaines.
Dans les rues de Bruxelles : attention aux pavés
Après ma visite, je suis descendu par une petite ruelle située à côté du musée. Là encore, le sol est recouvert de pavés et de pierres irrégulières.
Durant mon séjour, j’avais déjà remarqué que plusieurs personnes trébuchaient lorsque leurs chaussures se heurtaient aux pierres qui ne sont pas toujours à la même hauteur. En circulant dans certaines rues de Belgique, il faut donc vraiment faire attention pour ne pas trébucher ou perdre l’équilibre.
La musique anime les abords du Mont des Arts
De l’autre côté, en contrebas, j’ai entendu de la musique et, naturellement, j’ai voulu aller voir ce qui se passait. Un monsieur jouait de la guitare, tandis qu’un autre jouait du saxophone, tous deux espérant recevoir une contribution des passants.
Beaucoup de touristes étaient assis dans cet espace, notamment devant le restaurant Château Moderne. L’endroit était animé et constituait manifestement un lieu de passage et de détente très fréquenté.
Château Moderne : une pause gourmande au pied des musées
Après ma visite, même partielle, des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, j’ai découvert Château Moderne, situé au Mont des Arts, en plein cœur de Bruxelles.
L’établissement bénéficie d’un emplacement particulièrement intéressant, à proximité immédiate des grands sites culturels de la capitale. Sa terrasse permet notamment de profiter de l’animation du Mont des Arts et des environs du Palais royal.
Château Moderne se présente comme un restaurant convivial où la tradition rencontre la modernité. Sa carte propose notamment des burgers, des frites, des plats à partager, des brunchs ainsi que différentes boissons et cocktails. Des options végétariennes, végétaliennes, sans lactose et sans gluten sont également proposées.
L’établissement possède un décor assez particulier. Avec son grand hall et son plafond aux formes circulaires, il m’a fait penser, par certains aspects, à une station de métro. On y trouve également un grand bar qui semble particulièrement fréquenté par les clients venus prendre des boissons, notamment de la bière et du vin.
Pourtant, lorsque j’ai reçu le menu, j’ai constaté qu’il y avait également un choix appréciable de plats. Comme je m’étais fixé pour objectif d’essayer un restaurant différent chaque jour afin de mieux découvrir les habitudes culinaires de Bruxelles, j’ai décidé de rester pour manger.
Un toast généreux à l’avocat, au saumon et à l’œuf
Cette fois, j’ai opté pour un toast à l’avocat, au saumon et à l’œuf, composé de pain balkanique grillé, avocat, œuf, saumon, oignons verts et flocons de piment. Le plat était accompagné d’un thé au jasmin.
La serveuse m’avait indiqué qu’il s’agissait d’un plat « normal », mais j’ai constaté qu’il était finalement très copieux et particulièrement rassasiant.
À première vue, le plat pouvait faire penser à une sorte de sandwich, mais il était beaucoup plus consistant que je ne l’imaginais. J’ai particulièrement apprécié l’avocat, car il est assez rare de trouver à l’étranger des avocats d’une aussi bonne qualité. Malheureusement, je ne pouvais pas savoir de quel pays provenait celui qui m’avait été servi.
La Place Royale, un véritable carrefour de vie
Après mon repas, j’ai continué à observer l’animation de la Place Royale. L’endroit était particulièrement mouvementé.
On y voyait des touristes marcher dans différentes directions ; certains prenaient des photos, d’autres filmaient. À côté d’eux, des personnes revenant de leur travail semblaient pressées. Certaines couraient pour ne pas rater leur bus ou leur métro.
J’ai également remarqué des personnes handicapées circulant en chaise roulante, ainsi que des personnes aveugles avançant avec leur canne. À cela s’ajoutaient de nombreux passants et même des amateurs de jogging pratiquant leur sport favori.
La Place Royale offre donc un véritable spectacle de la vie bruxelloise : touristes, travailleurs, sportifs, personnes à mobilité réduite, passants et artistes de rue s’y croisent constamment.
La baisse de l’attractivité touristique des États-Unis profite-t-elle à l’Europe ?
Cette forte fréquentation m’a une nouvelle fois donné le sentiment que la Belgique est véritablement un pays touristique. On avait même l’impression que beaucoup de personnes présentes dans cet espace étaient des touristes, peut-être particulièrement des Européens.
Cette observation m’a amené à réfléchir à l’évolution du tourisme international. En cette période marquée par le durcissement de la politique migratoire et des contrôles aux frontières américaines, l’attractivité touristique des États-Unis semble connaître un certain ralentissement auprès d’une partie des voyageurs internationaux, notamment européens.
Selon les chiffres du National Travel and Tourism Office (NTTO), les arrivées internationales aux États-Unis ont connu un recul, tendance qui s’est également poursuivie en 2026. Ces données témoignent d’un ralentissement du tourisme international vers les États-Unis, dans un contexte où les politiques migratoires, les contrôles à l’entrée et le climat général entourant les voyages peuvent influencer les choix de certains visiteurs.
Cette situation pourrait donc, dans une certaine mesure, profiter aux destinations européennes, et notamment à des villes touristiques comme Bruxelles, qui continuent d’attirer des visiteurs venus de différents pays.
Une rencontre quotidienne au jardin des sculptures ?
En rentrant à l’hôtel, j’ai jeté un coup d’œil à la petite place du jardin des sculptures, située à proximité des Musées royaux des Beaux-Arts.
Curieusement, à la même heure, la veille, j’avais aperçu un couple d’amoureux qui s’embrassait. Et ce jeudi, je les ai de nouveau vus au même endroit. Cette fois-ci, cependant, ils tournaient le dos à la rue.
Je me suis alors demandé s’il ne s’agissait pas tout simplement de leur rendez-vous quotidien d’amoureux. Ils n’étaient pas en train de s’embrasser cette fois-ci, mais leur présence répétée sur cette petite place publique, aménagée au pied des Musées royaux des Beaux-Arts, avait quelque chose d’amusant et d’intrigant.
Les voitures électriques et les bornes de recharge dans les rues de Bruxelles
Au cours de mes déplacements dans Bruxelles, j’ai également remarqué la présence croissante de voitures électriques et de bornes de recharge installées dans les rues.
Parmi les réseaux que l’on peut rencontrer figure EnergyDrive, qui participe au développement des infrastructures de recharge publiques. EnergyDrive n’est toutefois pas le seul opérateur présent en Belgique. On trouve également des réseaux tels que TotalEnergies, Allego, IONITY et D’Ieteren Energy, qui proposent différents services de recharge pour les véhicules électriques.
Il est important de préciser que la recharge sur ces bornes n’est généralement pas gratuite. Le prix dépend notamment de la puissance de la borne, de l’opérateur et du mode de paiement utilisé. Les tarifs peuvent ainsi varier sensiblement d’un réseau à l’autre.
À Bruxelles, une autre évolution est prévue : à partir du 1er octobre 2026, un tarif de rotation de 0,06 € par minute sera appliqué aux véhicules qui restent connectés à certaines bornes publiques pendant plus de six heures entre 9 h et 22 h. L’objectif est d’éviter que les bornes soient utilisées comme de simples places de stationnement et de permettre à davantage d’automobilistes d’y accéder.
Vers une multiplication des bornes de recharge
Je pense que le nombre de stations et de bornes de recharge devra probablement augmenter au fur et à mesure que les véhicules électriques remplaceront progressivement les véhicules fonctionnant à l’essence.
Aujourd’hui, les propriétaires de voitures électriques ont également la possibilité de recharger leur véhicule à domicile, moyennant l’installation et l’achat d’un système individuel de recharge.
En observant cette évolution dans les rues de Bruxelles, je constate une fois encore que le voyage permet de découvrir non seulement les monuments et les musées d’une ville, mais également ses nouvelles habitudes de vie, ses transformations urbaines et les changements qui accompagnent progressivement la mobilité moderne.
Joël Lorquet, PhD

