L’Assemblée nationale du Nicaragua a approuvé mardi à l’unanimité une réforme constitutionnelle renforçant les restrictions imposées aux opposants politiques et prolongeant à sept ans le mandat présidentiel.
Adoptée en session extraordinaire à León, la réforme prévoit notamment d’exclure des élections les personnes accusées de participer à des « actes putschistes », de « trahison de la patrie » ou de solliciter une intervention militaire étrangère.
Le texte renforce un système politique déjà largement verrouillé. La Constitution adoptée en 2025 avait interdit la participation de partis ne partageant pas la ligne idéologique du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), dirigé par le président Daniel Ortega. Elle avait également reporté à novembre 2027 les prochaines élections législatives.
M. Ortega, au pouvoir depuis 2007 après un premier passage à la tête du pays dans les années 1980, affirme vouloir protéger le Nicaragua contre les ingérences étrangères. Il accuse notamment Washington d’avoir soutenu les manifestations de 2018, dont la répression avait fait environ 350 morts selon l’ONU.
La réforme a été vivement critiquée à l’étranger. Les Etats-Unis et plusieurs pays de l’Organisation des Etats américains ont appelé début août à des mesures contre Managua.
Depuis la crise de 2018, la répression a poussé des centaines de milliers de Nicaraguayens à l’exil et fortement réduit l’espace accordé à la presse indépendante et à l’opposition.
La réforme constitutionnelle de 2025 avait par ailleurs instauré une coprésidence exercée par Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, tandis que plusieurs de leurs enfants occupent des fonctions importantes au sein de l’Etat.

