31 août 2026
Corrompu et mafieux, le Fonds national de l’éducation d’Haïti est-il le principal partenaire financier des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ?
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Corrompu et mafieux, le Fonds national de l’éducation d’Haïti est-il le principal partenaire financier des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ?

Par Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Ancien responsable de la coopération inter-universitaire à la Banque de terminologie du Québec (Gouvernement du Québec, Office québécois de la langue française).

Ancien enseignant à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti.

Conseiller spécial, Conseil national d’administration du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH).

Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA).

Membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones (DDF).

Montréal, le 31 août 2026.

audit des états financiers / Synonymes : audit financier, vérification financière, vérification des états financiers, révision des comptes, contrôle des comptes. « Audit portant sur des états financiers et effectué en vue d’exprimer une opinion quant à la fidélité de l’image que ces états donnent de la situation financière et des résultats selon le référentiel comptable identifié ». (Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, Ordre des comptables professionnels agréés du Québec (CPA) et Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française)

Depuis Montréal et à grand renfort de publicité sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ont annoncé la tenue, le mardi 25 août 2026, du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti ». Et par courriel acheminé le 23 août 2026 à un nombre indéterminé de personnes, les JIDH2026 précisent que « Ce mardi 25 août 2026 Montréal accueillera une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti ».

Le courriel du 23 août 2026 comprend des ANNONCES. Alors il faudra en toute rigueur examiner les données accessibles et vérifier, sur le site Web des JIDH2026, si LES PARTENAIRES IDENTIFIÉS ont effectivement participé à l’événement et si LES OBJECTIFS ANNONCÉS ont été atteints…  

Au niveau de la présentation des ANNONCES, le courriel du 23 août 2026 est constitué d’une malgracieuse et médiocre affiche promotionnelle comprenant une suite de slogans : « PARTICIPER – COLLABORER – INNOVER – TRANSFORMER. Ensemble mobilisons l’expertise, les compétences et les ressources de la diaspora et de nos partenaires afin de contribuer au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti ».

Le dispositif énonciatif de cette affiche promotionnelle est éclairant à plusieurs égards. Il comprend quatre grands « BLOCS » et une « GRANDE CONFÉRENCE » ainsi présentés : 

  1. SANTÉ. TABLE RONDE ET COURTES PRÉSENTATIONS DE PROJETS

Avec notamment :

  • Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) d’Haiti – Présentation du Plan stratégique 2026-2030
  • Médecins du Monde Canada
  • Les Anges de l’Espoir
  • Association des Médecins Haïtiens à l’Étranger (AMHE), chapitre de Montréal
  • ÉCHANGES : renforcement du système de santé, coopération médicale, formation, accès aux soins, projets communautaires et mobilisation de l’expertise de la diaspora.
  1. ÉDUCATION, SANTÉ ET DIASPORA : CONSTRUIRE DES PARTENARIATS DURABLES CANADA-HAÏTI. Une conférence centrale consacrée aux grands enjeux ainsi qu’aux perspectives de coopération entre Haïti, le Canada et la diaspora. 

PRÉSENTÉE AVEC LA PARTICIPATION [des partenaires institutionnels suivants :] Centre de production de produits biologiques (CPB) inc. [et] Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE).

  1. PRÉSENTATIONS « SPEED »

PROJETS, SOLUTIONS ET INITIATIVES INNOVANTES

Courtes présentations permettant aux entreprises, organisations et porteurs de projets de présenter leurs initiatives et d’identifier rapidement des possibilités de partenariat.

AVEC NOTAMMENT :

  • DOCMOBIL CORP / VIDALTIA – Miami
  • KnowMediQ – Montréal

Comme il est donné de le constater, l’ANNONCE du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » ratisse large et expose un ample et fort diversifié programme. Mais entre l’ANNONCE et la réalisation de tant de beaux objectifs, il est nécessaire de prendre la mesure de leur mise en œuvre et de leur réalisation effective…

Quel est le bilan du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » tenu à Montréal le 25 août 2026 ?

Par-delà les grandes ANNONCES ciblant les objectifs du Forum et la présumée participation de partenaires institutionnels en provenance d’Haïti et du Canada, que nous enseigne l’examen attentif des données accessibles sur le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026)   ?

Premier constat Sur le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026), nous n’avons trouvé aucune information spécifique traitant du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » et dont la date annoncée est le 25 août 2026.  Au moment de la rédaction du présent article, sur le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026), aucune information, aucun bilan chiffré et documenté n’a été publié au sujet du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti ». En date du 30 août 2026, le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) n’avait fourni aucune information spécifique relative au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti ». Il n’avait toujours pas donné accès à une information documentée, fiable et vérifiable attestant que les ANNONCES relatives à ce « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » ont donné lieu à l’atteinte des objectifs énumérés. 

Deuxième constat – En l’absence, sur le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026), d’une information documentée, fiable et vérifiable attestant que les ANNONCES ont donné lieu à l’atteinte des objectifs énumérés, ce n’est que sur le profil Facebook des JIDH2026 que quelques très brèves capsules audio –de nature promotionnelle plutôt qu’informative–, ont circulé le 25 et le 26 août 2026. Ces capsules audio donnent à voir une très faible assistance de personnes présentes dans des salles relativement désertées. L’une de ces capsules audio donne à voir et à entendre des séquences de l’intervention de Manon HOURDIN, Directrice des opérations internationales et du développement stratégique de Médecins du Monde Canada.

Troisième constat – Une recherche approfondie sur le site Web officiel du ministère de l’Éducation nationale d’Haïti a permis de constater l’absence totale d’une quelconque participation de ce ministère au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » tenu à Montréal le 25 août 2026. De manière factuelle, le site Web officiel du ministère de l’Éducation nationale d’Haïti ne fournit aucune confirmation officielle attestant que ce Ministère aurait effectivement participé à « une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti » (voir le courriel du 23 août 2026 des JIDH2026 cité plus haut).

Quatrième constat — Une recherche approfondie sur le site Web du ministère de la Santé publique et de la population d’Haïti a permis de constater l’absence totale d’une quelconque participation de ce ministère au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » le 25 août 2026. De manière factuelle, le site Web du ministère de la Santé publique et de la population d’Haïti ne fournit aucune confirmation officielle attestant que ce Ministère aurait effectivement participé à « une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti » (voir le courriel du 23 août 2026 des JIDH2026 cité plus haut).

Le ministère de la Santé du Canada a-t-il participé, le 25 août 2026, à « une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti » ? Avant de répondre à cette interrogation, il est utile de poser une question de fond qui relève, au Canada et au Québec, de la culture de la transparence et de la reddition des comptes : QUI EST-CE QUI FINANCE les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) depuis leur création en 2013 ? Est-ce le gouvernement du Canada ? Est-ce le gouvernement du Québec ? Est-ce le secteur privé des affaires du Canada et du Québec ? Est-ce le secteur haïtien des affaires au Canada et au Québec ? Comment comprendre, sur le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026), l’absence totale de données relevant de la transparence administrative et financière et de la reddition de comptes ? Comment et pourquoi les Journées internationales de la diaspora haïtienne n’ont-elles jamais publié –depuis leur création en 2013–, le moindre état financier, le moindre audit de leurs états financiers, le moindre bilan de projets éducatifs résultant de leurs « Forums » ? 

Une institution qui n’a jamais publié la moindre information analytique sur l’identité de ses commanditaires et de ses partenaires financiers ainsi que sur la provenance de ses finances est-elle crédible ? Peut-elle faire le plaidoyer pour un « nouveau modèle de gouvernance » et de partenariat avec Haïti alors même que l’omertà est totale sur la provenance de ses fonds, sur l’identité de ses pourvoyeurs de fonds et sur son administration financière ? Une institution qui, lors des Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026) tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026, a fait du Fonds national de l’éducation (FNE) son « fier partenaire », son « partenaire principal » est-elle fiable alors même que le FNE est sous le coup d’une INVESTIGATION CRIMINELLE conduite, en Haïti, par l’Unité de lutte contre la corruption, l’ULCC ? Au regard des lois en vigueur au Canada et au Québec, les Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026) sont-elles en train de commettre un délit en faisant du Fonds national de l’éducation (FNE) –une institution haïtienne sous le coup d’une INVESTIGATION CRIMINELLE depuis 2024–, son « fier partenaire », son « partenaire principal » ? Et dans l’hypothèse où le Fonds national de l’éducation d’Haïti serait le principal partenaire financier des Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026), celles-ci ne tombent-elles pas sous le coup des lois canadiennes et des lois québécoises potentiellement applicables, entre autres le Code criminel du Canada ? NOTE – En l’absence de document officiels, le plausible financement des Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026) par le Fonds national de l’éducation d’Haïti n’a pas encore été établi. Cela est dû au fait que le Fonds national de l’éducation d’Haïti –depuis sa création en 2011 et jusqu’à 2026–, n’a pas publié le moindre état financier, le moindre audit de ses états financiers. Cela est dû au fait que les Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026), depuis leur création en 2013, n’ont pas publié le moindre état financier, le moindre audit de leurs états financiers. L’on observe qu’il ne s’agit pas en l’espèce d’une erratique coïncidence ou du hasard : État dans l’État, le Fonds national de l’éducation d’Haïti a été créé par Michel Martelly et Laurent Lamothe –les deux caïds en chef du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste–, au titre d’une entité extra-budgétaire dont le « modèle » est la Régie du tabac et des allumettes mise sur pied par le dictateur François Duvalier dans les années 1960. Les centaines de millions de dollars qu’il collecte chaque année, depuis 2011, ne sont pas consignés dans le budget officiel de la République d’Haïti et ne sont pas soumis au contrôle du Parlement et de la Cour supérieure des comptes. Les sommes colossales collectées depuis 2011 par le Fonds national de l’éducation d’Haïti sont l’objet d’une véritable industrie de la corruption et du détournement des finances de l’État comme nous l’avons rigoureusement démontré dans les 10 articles que nous avons publiés sur ce sujet. Voir le « Dossier actualisé de la corruption au Fonds national de l’éducation », site Madinin’art, 25 août 2026. Ce dossier contient :

  • une chronologie détaillée de la corruption au FNE, de 2011à 2025,
  • des analyses politiques, juridiques et médiatiques,
  • des données factuelles sur les détournements des finances de l’État,  
  • des références aux sanctions internationales contre Michel Martelly et Laurent Lamothe.

État dans l’État, le Fonds national de l’éducation d’Haïti est une institution mafieuse sous le coup, en Haïti, d’une INVESTIGATION CRIMINELLE depuis 2024, mais les Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026) on en fait leur « fier partenaire » et leur « partenaire principal ». C’est le lieu de rappeler que le Fonds national de l’éducation d’Haïti est l’un des 9 organismes d’État placés sous la juridiction du ministère de l’Éducation nationale d’Haïti et que ce ministère a été invité au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » du 25 août 2026. 

Toutes les questions que nous avons auparavant formulées sont légitimes, juridiquement et politiquement fondées et pertinentes : au Canada et au Québec, toute entité légalement constituée, toute association, toute entreprise, toute structure d’intervention culturelle, sociale, scientifique et technique a des droits, des devoirs et des obligations légales. Elles sont tenues de se conformer aux lois et aux règlements administratifs en vigueur et sont passibles de sanctions si elles ne s’y conforment pas. Par exemple, le Canada a adopté une résolution relative à la lutte contre la corruption à l’échelle internationale. La position officielle du Canada relative à la lutte contre la corruption à l’échelle internationale est définie dans le document intitulé Canada’s Fight Against Foreign Bribery – Annual Report to Parliament. La version française de ce document a pour titre Rapport annuel au Parlement sur la mise en œuvre de la Loi sur la corruption d’agents publics étrangers (CFPOA), elle a été publié par Affaires mondiales Canada. La version la plus récente est le Vingt-cinquième Rapport annuel, déposé en 2026, qui constitue la référence centrale de la politique canadienne en matière de lutte contre la corruption transnationale. En clair, cela signifie que toute entité légalement enregistrée au Canada a l’obligation de se conformer à la position officielle du Canada relative à la lutte contre la corruption à l’échelle internationale. Une entité légalement enregistrée au Canada et qui « mène des affaires » avec une entité oeuvrant en dehors du Canada et qui a été sanctionnée pour corruption viole la position officielle du Canada relative à la lutte contre la corruption à l’échelle internationale. L’entité canadienne commet alors un délit, elle tombe sous le coup de la loi et est passible de lourdes sanctions pénales.  

Adossé à ces préoccupations légitimes, juridiquement et politiquement fondées et pertinentes, nous avons, le 24 août 2026, acheminé une correspondance à la ministre de la Santé du gouvernement du Canada, Mme Marjorie Michel. Nous la reproduisons intégralement.

Mme Marjorie MICHEL

Ministre de la Santé du Canada

Health Canada 

Ottawa (Ontario) 

Canada

K1A 0K9

OBJET – Le « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » du 25 août 2026.

PIÈCE JOINTE – Le dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti. 

COPIE CONFORME :

L’honorable Anita Anand, Ministre, Affaires mondiales Canada  

Me Christopher Skeete, Ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec  

Mme Suze Youance, Sénatrice, Parlement du Canada  

Me Pascale Dufour, Bâtonnière du Barreau du Québec

Me Valérie Assouline, Bâtonnière du Barreau de Montréal

M. Frantz Benjamin, 3ème Vice-Président de l’Assemblée nationale du Québec

Me Ronel Telsyde, Bâtonnier de la Fédération des Barreaux d’Haïti

Me Patrick Pierre-Louis, Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince

Docmobil Corporation  

Vidalta inc.

Mme Jefnie Toussaint, Directrice du Fonds national de l’éducation d’Haïti  

M. Vijonet Déméro, Ministre de l’Éducation nationale d’Haïti 

Dr Bertrand Sinal, Ministre de la Santé publique d’Haïti

Montréal, le 24 août 2026.

Madame la Ministre,

Les services compétents du ministère de la Santé du Canada vous ont sans doute avisée de la tenue à Montréal, le 25 août 2026, du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » auquel participeront les ministères haïtiens de la Santé et de l’Éducation. En Haïti, le ministère de l’Éducation comprend 9 organismes sous tutelle administrative et financière, notamment le Fonds national de l’éducation. Il est allégué, dans l’annonce du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti », que le « Forum » du 25 août 2026 « accueillera une rencontre stratégique consacrée au renforcement des systèmes d’éducation et de santé en Haïti ». 

Le « Forum » du 25 août 2026 est organisé par les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) –récemment compromises dans le délictueux soutien public à la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti (voir, en pièce jointe, le dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti).

Je soumets à votre appréciation le dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti : il comprend les 10 articles amplement documentés que j’ai publiés sur ce sujet en Haïti et en diaspora, ainsi que la référence aux sanctions adoptées par les États-Unis et le Canada à l’encontre des fondateurs du Fonds national de l’éducation d’Haïti, Michel Martelly (ex-Président d’Haïti) et Laurent Lamothe (ex-Premier ministre d’Haïti).

Je vous prie de bien vouloir consulter attentivement le dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti afin de prendre toutes mesures appropriées relatives à la non-participation du ministère de la Santé du Canada au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti ».

Je soumets à votre appréciation que la participation du ministère de la Santé du Canada au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » serait contraire aux sanctions adoptées par notre pays à l’encontre des fondateurs du Fonds national de l’éducation d’Haïti, Michel Martelly (ex-Président d’Haïti) et Laurent Lamothe (ex-Premier ministre d’Haïti).

RAPPEL — Sanctions du Canada (Loi sur les mesures économiques spéciales – Haïti)

Michel Martelly — Sanctionné par le Canada

  • Date d’enregistrement : 17 novembre 2022
  • Date de publication : 7 décembre 2022
  • Document : SOR/2022-231 — Regulations Amending the Special Economic Measures (Haiti) Regulations
  • Motif : soutien ou financement d’activités de gangs armés en Haïti
  • Mesures : gel des avoirs, interdiction de transactions, interdiction de services financiers, interdiction de territoire.

Référence attestée : Canada Gazette, Partie II, SOR/2022-231.

Laurent Lamothe — sanctionné par le Canada

  • Date d’enregistrement : 17 novembre 2022
  • Date de publication : 7 décembre 2022
  • Document : SOR/2022-231 — Regulations Amending the Special Economic Measures (Haiti) Regulations
  • Motif : soutien ou financement d’activités de gangs armés en Haïti
  • Mesures : gel des avoirs, interdiction de transactions, interdiction de services financiers, interdiction de territoire.

Référence attestée : Canada Gazette, Partie II, SOR/2022-231.

Le dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti que je soumets à votre attention consigne une donnée attestée et de premier plan : les Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026), tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026, ont publiquement fait du Fonds national de l’éducation un partenaire majeur de ces Assises et ce partenariat a été proposé comme « modèle » au système éducatif haïtien.

Comme vous le verrez à la lecture du dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti (FNE), il est attesté que le FNE est, en Haïti, SOUS INVESTIGATION CRIMINELLE ordonnée par l’ULCC, l’Unité de lutte contre la corruption. Contrairement aux lois en vigueur au Canada, les Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH2026) se sont associées à UNE INSTITUTION HAÏTIENNE SOUS INVESTIGATION CRIMINELLE EN HAÏTI –le Fonds national de l’éducation–, dont les membres fondateurs ont été sanctionnés par le Canada. [L’ULCC, l’Unité de lutte contre la corruption, est une institution de l’État haïtien selon le « Décret du 8 septembre 2004 portant création de l’ULCC ». Cette institution est « un organisme autonome à caractère administratif placé sous tutelle du ministère de l’Économie et des finances ».] 

Dans le dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti, il est précisé que l’ancien Directeur général de cette institution, Jean Ronald Joseph, a fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) ; il est depuis lors un fugitif aux États-Unis. Le 10 novembre 2025, l’ULCC a officialisé l’émission de ce mandat d’arrêt juridiquement fondé sur l’article 11, alinéa 2, du Décret du 8 septembre 2004 « portant création de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), définissant son organisation, ses attributions, son fonctionnement et les modalités de prévention et de répression de la corruption ». 

Madame la Ministre,

La documentation que je soumets aujourd’hui à votre appréciation, le rappel des sanctions adoptées par le Canada à l’encontre des fondateurs du Fonds national de l’éducation d’Haïti, Michel Martelly (ex-Président d’Haïti) et Laurent Lamothe (ex-Premier ministre d’Haïti) sauront certainement contribuer à la prise de LA SEULE RIGOUREUSE DÉCISION POLITIQUE QUI S’IMPOSE : (1) le ministère de la Santé du Canada ne doit pas être directement associé au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » du 25 août 2026 ; (2) le ministère de la Santé du Canada ne doit pas être indirectement associé à la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti ; (3) le ministère de la Santé du Canada ne peut siéger aux côtés d’UNE INSTITUTION SOUS INVESTIGATION CRIMINELLE EN HAÏTI, le 25 août 2026, durant le « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti ».

La position officielle du Canada relative à la lutte contre la corruption à l’échelle internationale est définie dans le document intitulé Canada’s Fight Against Foreign Bribery – Annual Report to Parliament (version française : Rapport annuel au Parlement sur la mise en œuvre de la Loi sur la corruption d’agents publics étrangers (CFPOA), publié par Affaires mondiales Canada. La version la plus récente est le Vingt-cinquième Rapport annuel, déposé en 2026, qui constitue la référence centrale de la politique canadienne en matière de lutte contre la corruption transnationale.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’assurance de ma haute considération.

Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Ancien responsable de la coopération inter-universitaire à la Banque de terminologie du Québec (Gouvernement du Québec, Office québécois de la langue française). 

Ancien enseignant à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti. 

Conseiller spécial, Conseil national d’administration du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH). 

Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)

Membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones (DDF).

En guise de conclusion – À l’opposé de la sous-culture du bluff systémique, de la non-transparence managériale, de l’absence d’états financiers et d’audits des états financiers…

Il est avéré que la sous-culture du bluff systémique, la « bluffologie », est en Haïti un sport national à géométrie variable. La « bluffologie » désigne l’ensemble des procédés, stratégies et discours par lesquels un individu ou un groupe simule une compétence, exagère un savoir, ou fabrique une autorité fictive afin d’obtenir un avantage financier, social, professionnel ou symbolique. C’est une pseudo-discipline qui analyse –souvent de manière critique ou satirique–, les mécanismes du bluff, de l’esbroufe, de la manipulation rhétorique et de la mise en scène du savoir.Le terme « bluffologie » est attesté dans l’usage contemporain, principalement dans :

  • les analyses sociologiques et médiatiques portant sur les stratégies de persuasion ;
  • les discours critiques sur la manipulation, l’esbroufe ou la mise en scène de compétences fictives ;
  • certains essais et chroniques où il désigne une pseudo-discipline ou un « art » du bluff.

Il s’agit d’un néologisme construit à partir de bluff + -ologie, utilisé de manière ironique, critique ou satirique pour désigner un ensemble de pratiques fondées sur la simulation de savoir, la mise en scène de compétence, ou la fabrication d’autorité. Ce terme est reconnu dans l’usage, mais il est non normé dans les dictionnaires institutionnels (OQLF, GDT, CNRTL). Il relève donc de la lexicographie d’usage et de la création discursive.

Dans l’hypothèse où le Fonds national de l’éducation d’Haïti et les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) publient, depuis leur création, les rapports annuels décrivant leurs activités et leurs sources de financement, il serait fort éclairant de les analyser objectivement afin de déterminer si ces deux institutions empruntent de manière systémique l’autoroute de la « bluffologie ». En ce qui a trait de manière spécifique aux Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026), il serait fort éclairant de déterminer si oui ou non elles conduisent la totalité de leurs actions –notamment leurs « Journées » et leurs « Forums »–, en ayant systématiquement recours à la « bluffologie » auprès de leurs interlocuteurs institutionnels et auprès des gouvernements du Canada, du Québec et d’Haïti.   

Dans l’hypothèse où le Fonds national de l’éducation d’Haïti et les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) mènent prioritairement des actions politiques et bâtissent des stratégies de communication politique, il serait fort éclairant de les analyser objectivement afin de déterminer si ces deux institutions empruntent de manière systémique l’autoroute de la « bluffologie » auprès de leurs interlocuteurs institutionnels et auprès des gouvernements du Canada, du Québec et d’Haïti, en particulier dans le but d’obtenir le financement de leurs « Journées » et de leurs « Forums ».

Ces hypothèses méritent d’autant plus d’être explorées que :

  1. aucun communiqué officiel émanant des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) n’a fourni le moindre bilan documenté et chiffré de la réalisation, à Montréal du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » le 25 août 2026.
  1. aucune déclaration officielle du ministère de la Santé du Canada n’a confirmé sa participation effective au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » le 25 août 2026.
  1. aucune déclaration officielle du ministère de l’Éducation d’Haïti n’a confirmé sa participation effective au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » le 25 août 2026.
  1. aucune déclaration officielle du ministère de la Santé d’Haïti n’a confirmé sa participation effective au « Forum international sur l’éducation et la santé Canada Haïti » le 25 août 2026.
  1. aucune déclaration officielle du Fonds national de l’éducation d’Haïti n’a infirmé la plausibilité qu’il serait la principale institution de financement des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) de Montréal. 

En l’absence de la présentation publique de leurs états financiers et de l’audit de leurs états financiers couvrant la période 2013 – 2026, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) de Montréal privilégient le culte bavard, démagogique et mystificateur de la « bluffologie ». Elles privilégient le culte pavlovien des « Forums » bidon dépourvus de toute action consécutive identifiable et mesurable, en particulier dans le domaine de l’éducation en Haïti où 4 millions d’élèves sont en cours de scolarisation. Ainsi s’explique le fait, attesté, que le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ne consigne aucune action concrète, aucun projet éducatif identifiable et mesurable mené en Haïti et qui serait le fruit de ses « Forums »…  Le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) comprend une ronflante et abondante phraséologie publicitaire, des slogans promotionnels alléchants, un défilé d’images à vocation œcuménique, la photo de « partenaires » et de « collaborateurs » (individus et institutions) qui, semble-t-il pour plusieurs d’entre eux, ne seraient même pas au courant de l’usage public de leur image…

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