La filière sportive s’impose pour plusieurs athlètes issus de milieux défavorisés comme un canal privilégié pour la culture de reconnaissance et de solidarité envers leurs origines. À travers un retour d’ascenseur matérialisé en des dons et des investissements financiers à fort impact sociétal, de nombreux footballeurs de renommée mondiale s’illustrent par leur engagement social et humanitaire. Cette expression d’un altruisme intergénérationnel naturel s’aligne sur les nobles objectifs de la prospérité partagée et de l’éradication de la pauvreté dont rêvent un ensemble d’agences internationales. Sans conteste, les contributions de fonds des athlètes internationaux participent à la mission magnanime de la justice sociale, du codéveloppement et de la convergence économique.
À la lumière de la pyramide de Maslow, de telles œuvres caritatives remplissent les besoins d’appartenance et d’accomplissement personnel ressentis par leurs artisans. Parallèlement, ces généreux supports servent à tisser un lien fécond entre la bonté de la génération présente et les aspirations de la génération future à qui l’échelle de la mobilité sociale est censée être destinée. Par le biais de cette pure authenticité d’envoyer la balle aux pieds des nécessiteux, ces professionnels du ballon rond épris d’empathie réalisent un geste salvateur qui les immortalise dans le catalogue des philantropes qui ont gravé l’histoire de l’humanité.
Désignant l’ensemble des actions, dons ou engagements visant à améliorer le bien-être d’autrui ou de la collectivité de manière désintéressée, la philanthropie contribue significativement à changer des conditions de vies. À travers l’octroi de bourses d’études, le financement d’infrastructures scolaires ou sanitaires et le soutien aux communautés défavorisées, plusieurs fondations philanthropiques œuvrent à une vie terrestre plus égalitaire. L’histoire regorge de personnalités du monde spirituel, politique et économique à l’instar de Mère Teresa, Nelson Mandela, Bill Gates, Warren Buffett, Georges Soros, etc. qui symbolisent la philantropie. Des figures du monde athlétiques empruntent également cette voie salutaire en transformant leur réussite sportive en un puissant instrument de solidarité, d’émancipation et de transformation sociale.
La philantropie, du fairplay au-delà de la pelouse
Inspirés de leur remarquable succès sur la scène internationale, plusieurs sportifs célèbres utilisent leur influence en faveur de l’éducation, la santé, l’équité et la lutte contre la pauvreté. Certains soutiennent des victimes de catastrophes naturelles, des personnes sans domicile fixe, des enfants victimes de harcèlement, des organisations engagées dans la lutte contre le cancer et la protection de l’enfance. Ce faisant, ils apportent leurs précieux concours aux véhémentes plaidoiries tenues par les agences multilatérales qui penchent sur les problématiques du sous-développement.
Une panoplie de sportifs d’horizons géographiques divers, convergés vers la pelouse pour orchestrer leur magie avec le ballon rond, militent en faveur de diverses causes. Ils font la promotion de l’accès au sport, du développement personnel, de l’aide aux communautés vulnérables, de la protection de l’environnement, etc. À travers leurs propres fondations ou en soutenant des organisations caritatives qui s’attachent à des valeurs d’inclusion qu’ils incarnent par leurs parcours et retours sociaux, ils parrainent de nombreux enfants dans la poursuite de leurs projets académiques et athlétiques.
Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Le succès sportif revêt une dimension encore plus admirable lorsqu’il dépasse les limites des stades pour se traduire concrètement dans les assiettes des familles incapables de satisfaire leurs besoins essentiels. Grande est la bénédiction, tout comme profonde est la joie ressentie par ces bienfaiteurs qui deviennent une source d’inspiration et un levier d’émancipation pour les moins favorisés.
En s’investissant dans la philanthropie, en aidant des jeunes à emprunter le chemin du développement personnel, les athlètes philantropes rendent hommage aux défenseurs de l’équité et de la solidarité. Ils donnent corps aux préceptes divins qui invitent les humains à se soutenir, à se secourir et à œuvrer les uns pour les autres. Cet esprit de fairplay qui transcende les limites des stades pour sortir des familles dans les trappes du sous-développement rend la vie tellement plus agréable.
De l’anonyme au patronyme décalqué
Sur le plan du progrès économique et social, l’histoire recense plusieurs professionnels du ballon rond qui ont sillonné un chemin quasi utopique de pratiquement zéros à héros. De l’obscurité à la célébrité, ces survivants du labyrinthe de la pénurie socioéconomique ont légué des patrimoines dont l’influence se perpétue auprès des générations suivantes. Leur aboutissement au sommet de la sphère athlétique mondiale estampée du sceau de la compétitivité acharnée a été propulsé par leur combativité.
Il en résulte des signes d’espoir et des externalités positives qui ont rejailli sur toutes les couches sociales, sur tous les secteurs. Conscientes du pouvoir de la visualisation et de la force symbolique du cheminement de ces héros, plusieurs fans prénomment leurs enfants après eux, dans l’espoir d’attirer sur eux la réussite et la prospérité. À l’instar des noms de saints, ceux de certaines légendes du football tels que Pelé, Ronaldo, Neymar, Messi, Zico ou Diego sont largement répandus. Ils ont franchi les frontières du sport pour se diffuser comme des symboles d’admiration, d’espoir et d’identification.
Sans nourrir la prétention d’être exhaustifs, nous mettons les projecteurs sur une liste sélective de joueurs emblématiques qui ont fait preuve d’une grande générosité envers des communautés vulnérables. Une pléthore de Brésiliens, Argentins, Européens, Africains et quelques Haïtiens aussi appartiennent à cette catégorie sélecte. Ils représentent des sources d’inspiration et d’espoir pour de jeunes talents latents, en situation économique précaire. De cet inventaire de joueurs qui concilient succès personnel et philantropie, on y repère particulièrement deux véritables icônes, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, issus pourtant de foyers vivant dans le dénuement.
Au cours de leur enfance, ces prodiges du sport roi étaient dépourvus du minimum vital. Cependant, par la discipline et le travail assidu, ces deux principales figures footballistiques du millénaire se sont démarquées dans cette industrie florissante qu’elles ont marquée comme des lions de leurs griffes. Ronaldo et Messi, respectivement quintuple et octuple Ballon d’Or ne se distinguent pas uniquement par leurs exploits sur la pelouse. La cerise sur le gâteau réside dans le fait qu’après avoir connu une ascension exceptionnelle, ces légendes se sont également illustrées par leur générosité. Messi et Ronaldo nous ont offert l’apothéose de combiner succès personnel et altruisme en tendant la main à de nombreux jeunes pour les aider à surmonter des obstacles financiers et matériels afin de réaliser leur potentiel.
Ronaldo a consacré d’importantes enveloppes financières à des œuvres caritatives, notamment à la Croix-Rouge, à des hôpitaux, des refuges et des centres de traitement du cancer. Plus que les réalisations accomplies avec des tirs du gauche et du droit, ces buts caritatifs poursuivis par un cœur charitable charrient des émotions intenses. Siuuu ! De son côté, Messi collabore activement avec l’UNICEF et soutient des initiatives louables qui visent à élargir l’accès à l’éducation au profit des enfants défavorisés au sein de plusieurs pays. À travers la Fondation Leo Messi, l’Argentin œuvre à l’amélioration des conditions de vie des jeunes vulnérables par le truchement de programmes éducatifs et sociaux.
CR7 et Leo ont contribué à l’encadrement de milliers de jeunes talents, favorisant leur progression et accession aux plus hauts niveaux. Le parcours de ces deux personnalités les plus médaillées du football mondial illustre comment la réussite sportive peut se révéler un catalyseur de solidarité et de transformation sociale.
Humilité et philantropie
La philanthropie émanant du monde sportif n’est pas l’apanage exclusif des pieds et esprits les plus ingénieux. En témoigne leur impact social, une panoplie d’athlètes de niveaux intermédiaires parviennent à faire autant que les plus doués. Cette catégorie de joueurs excellents et humbles n’ont pas nécessairement atteint le niveau de notoriété ni de fortune des deux plus décorés Ballon d’or de l’histoire du jeu. Toutefois, ils s’attèlent à partager leur succès avec des familles et communautés démunies.
Par exemple, Sadio Mané investit dans la construction d’écoles et hôpitaux tout en apportant un soutien direct aux populations vivant dans l’extrême pauvreté au Sénégal. L’ancien attaquant de Liverpool et de Bayern a paraphé des contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars en contrepartie de services à fournir à des clubs opulents de l’Europe. Au stade de couronner sa carrière en Arabie Saoudite auprès de CR7, Mané aurait perçu cette transition de l’Europe vers l’Asie comme une manne pour épauler plus de communautés vulnérables. En dépit de sa fortune estimée à environ 100 millions de dollars, le sage sénégalais – par qui le scandale sportif a été englouti lors de la dernière finale de la Coupe d’Afrique des Nations – ne se livre pas à des folies stupides pour se procurer d’innombrables objets superflus tels que villas somptueuses, montres onéreuses ou de multiples voitures. Pourquoi faire ? penserait-il à juste titre. Se rappelant constamment de son origine modeste, Sadio Mané est imminemment motivé à redistribuer sa fortune au profit de communautés nécessiteuses.
Reconnu pour son humilité et son mode de vie simpliste, Ngolo Kanté s’inscrit dans un registre similaire. Le milieu défensif français d’origine malienne apporte aux communautés défavorisées des contributions sociales notables orientées vers l’amélioration des soins de santé. Il a épaulé des enfants et des familles à faibles revenus en contribuant à la construction d’un centre médical ultramoderne au Mali. Il consacre régulièrement ses propres capitaux pour financer des projets communautaires locaux et pour aider des ménages en difficulté dans son pays d’origine. D’un physique frêle, Ngolo Kanté a experimenté un parcours atypique qui lui a valu d’être rejeté par plusieurs centres de formation. À ses débuts, à peine si ce fameux milieu défensif pouvait se permettre le luxe de s’acheter des chaussures ou savourer un sandwich après des entraînements. Néanmoins, sa résilience et sa persévérance ont fait une énorme différence pour surmonter les embûches confrontées au cours de son périple professionnel. Aujourd’hui, l’ancien joueur de Chelsea – champion du monde de football avec les Bleus – possède une richesse d’environ 70 millions de dollars.
De sa fortune d’environ 140 millions de dollars acquise en bossant pour plusieurs clubs européens, Mohamed Salah soutient pour sa part un éventail de projets de santé et de développement en Égypte. Au-delà de leurs performances athlétiques, ces footballeurs ont mis leur notoriété et leurs ressources au service des communautés frappées par la précarité. La société mondiale leur doit une fière chandelle.
Compatibilité entre luxe et philantropie
Si certains footballeurs s’offrent un train de vie luxueux et consentent à des dépenses parfois extravagantes, ils n’en demeurent pas moins engagés dans des initiatives philanthropiques destinées à soutenir des populations vulnérables. Marcus Rashford en est une illustration éloquente. L’international anglais est propriétaire d’un impressionnant parc automobile prestigieux et effectue des investissements immobiliers haut de gamme, valant plusieurs millions de livres sterling. Il a fait acquisition d’un immense terrain au Cheshire situé entre Manchester et Liverpool avec l’objectif d’ériger une villa ultra-moderne au Royaume-Uni. Cependant, l’actuel attaquant du Barça s’est également distingué par sa mission philanthropique en faveur des enfants défavorisés et de la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Dans la même veine, en dépit de son goût pour le confort matériel, le soulier d’or de la dernière Coupe du Monde – Kylian Mbappé – soutient activement diverses initiatives sportives conçues pour les enfants malades ou en situation de handicap. Plusieurs exemples supplémentaires d’athlètes de calibre mondial qui ont transformé leur succès en un vecteur de développement, de cohésion sociale et d’espoir au profit des plus vulnérables jalonnent l’histoire du football. On y compte Didier Drogba, Luis Suárez, Iker Casillas, Juan Mata, Mesut Özil, Michael Essien, Keylor Navas et Mario Balotelli, etc. Les parcours et modes de vies de ces professionnels du football illustrent que l’aisance matérielle et la conscience sociale ne sont pas incompatibles.
Les ressources sont incontournables certes ; mais la philanthropie est avant tout une affaire de cœur. Les Saintes Écritures nous mettent en garde que la grandeur d’un don ne réside pas nécessairement dans son montant, mais dans la sincérité, l’intention et le sacrifice qui l’accompagnent. L’épisode de la veuve et sa modeste offrande en fournit une illustration saisissante. Tandis que certains Pharisiens exhibaient leurs lourdes contributions avec ostentation, cette femme aux moyens limités donna davantage aux yeux du Christ. Son offrande était modique par sa valeur monétaire, mais immense par le sacrifice qu’elle représentait.
Partager est une opération essentielle en vue de plaire aux objectifs sacrés de réduire le fossé des inégalités. Cependant, la condition suffisante demeure d’offrir à cœur joie, en visant le but ultime de créer du bonheur au profit des plus nécessiteux. En ce sens, auraient la même valeur les actions consistant à offrir un sac à dos à un élève dans la privation ou un géant complexe sportif à une communauté pour en explorer les talents. Sur la base de cette vision transcendantale, les donations faramineuses de la Fondation Gates accordées à Zanmi Lasante ne seraient pas supérieures à celles versées par Duckens Nazon qui s’engage à construire des maisons à l’intention des sinistrés du Sud.
Conclusion
L’ampleur des contributions philanthropiques met en évidence de profondes disparités de ressources qui caractérisent le monde sportif. Les athlètes disposant des revenus les plus élevés ou bénéficiant de réseaux institutionnels et organisationnels financièrement étoffés sont davantage en mesure de mobiliser des investissements conséquents pour réaliser des projets d’envergure. Ils peuvent ainsi réaliser la construction de géantes infrastructures sportives et sanitaires au sein de communautés défavorisées. Selon leurs moyens, d’autres athlètes de niveaux intermédiaires qui se font partenaires d’initiatives sociales de moindre ampleur se distinguent pareillement en visant l’objectif commun d’intégration et d’inclusion sociale. En définitive, les actions philanthropiques s’apprécient davantage à l’aune de leur portée et de leur qualité intrinsèque qu’en fonction des montants mobilisés. Pour témoigner de l’empathie envers autrui, même le geste symbolique revêt une importance considérable. Dès lors, la philanthropie apparaît comme une démarche accessible à tous.
Qu’il s’agisse de financer des hôpitaux, orphelinats, stades, programmes éducatifs, bibliothèques, infrastructures sanitaires ou traitements médicaux, les initiatives des célébrités sportives témoignent d’une immense gratitude et d’un profond sens de solidarité. De tels projets s’inscrivent en ligne droite avec les objectifs poursuivis par de nombreuses agences de l’ONU qui n’arrivent toujours pas à faire de l’utopie de l’éradication de la pauvreté une réalité. En offrant aux enfants et jeunes issus de milieux défavorisés l’alternative de pratiquer un sport prometteur tout en empruntant le chemin de l’école, les bienfaiteurs du milieu sportif ont incontestablement contribué à réduire la violence. La réduction du taux de criminalité dans les favelas au Brésil en est une preuve patente.
Haïti aurait pu en faire autant en transformant les énergies des jeunes à s’armer de manches longues en celle de développer des capacités athlétiques pour se frayer un succès dans l’industrie sportive. Ce nouveau paradigme résulterait en un changement du décor lugubre des bidonvilles pris en otage par ces gangs entêtés à enrôler des jeunes et des enfants aux habilités athlétiques étourdies. À Cité-Soleil, à la Croix des Bouquets, au Belair, il y a tellement de talents en hibernation. Maints esprits, mains et pieds prometteurs identiques à ceux de Corventina, Adé ou Woodensky ne demandent que d’un minimum d’encadrement pour se placer sur la scène mondiale. L’élite probe doit décidément s’indigner puis s’engager à prendre la main afin d’assurer la bonne gouvernance du pays.
J’imagine les retombées sociétales d’une forme de philanthropie synergique et interdisciplinaire, portée par des figures emblématiques du tennis, du football et du basketball de la trempe de Naomi Osaka, Melchie Dumornay, Duckens Nazon, Ricardo Pierre-Louis, Olden Polynice, Samuel Dalembert, etc. Une telle dynamique pourrait fédérer d’éminentes institutions, des fondations philanthropiques et des personnalités de renommée internationale autour de projets d’envergure en faveur d’Haïti.
Certes, les réseaux constituent de puissants leviers de mobilisation ; toutefois, un acteur demeure incontournable : l’État. Dans l’exercice de ses fonctions régaliennes, celui-ci devrait œuvrer à restaurer les conditions de stabilité, de sécurité et de gouvernance indispensables à la concrétisation et à la pérennisation d’initiatives philanthropiques durables.
Carly Dollin

