Le parquet général de Bolivie a émis un mandat d’arrêt contre l’ancien président Evo Morales, accusé d’avoir joué un rôle dans les manifestations qui ont paralysé le pays pendant près de 50 jours entre mai et juin. L’enquête porte sur des dizaines de blocages routiers ayant entraîné d’importantes pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments.
Les poursuites font suite à des plaintes pour « soulèvement armé » et « terrorisme » déposées par des dirigeants civils et le ministère de l’Intérieur. Les manifestations, menées notamment par des organisations indigènes, des syndicats et des producteurs de coca, réclamaient la démission du président Rodrigo Paz, sur fond de grave crise économique.
Face à l’ampleur du mouvement, le gouvernement avait décrété l’état d’exception et déployé les forces de sécurité pour lever les barrages. Le président Paz accuse Evo Morales d’avoir orchestré la contestation.
Réfugié dans son bastion du Chapare, l’ancien chef de l’État, au pouvoir de 2006 à 2019, fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2024 dans une affaire de traite présumée de mineure, des accusations qu’il rejette. Sur le réseau X, il a dénoncé une « persécution » politique, affirmant que les autorités cherchent à lui imputer les mobilisations afin de détourner l’attention de la crise économique et sociale.
L’élection de Rodrigo Paz en novembre 2025 a mis fin à près de deux décennies de gouvernements socialistes en Bolivie et marqué un virage économique libéral ainsi qu’un rapprochement avec les États-Unis.

