30 juillet 2026
Cyberesclavage : de fausses offres d’emploi alimentent un vaste réseau mondial d’escroqueries
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Cyberesclavage : de fausses offres d’emploi alimentent un vaste réseau mondial d’escroqueries

Une simple offre d’emploi publiée sur les réseaux sociaux peut désormais conduire à une forme moderne d’esclavage. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) met en garde contre l’essor du cyberesclavage, un système criminel dans lequel des milliers de personnes sont recrutées sous de faux prétextes avant d’être contraintes de participer à des escroqueries en ligne.

Attirées par des promesses d’emplois bien rémunérés à l’étranger, les victimes découvrent, une fois arrivées à destination, une tout autre réalité. Leurs passeports sont confisqués, elles sont séquestrées dans des complexes hautement sécurisés et forcées, sous la menace ou la violence, à mener des campagnes de fraude sur Internet visant des personnes partout dans le monde.

Selon la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, ces réseaux ciblent souvent des candidats qualifiés, parlant couramment l’anglais et possédant une formation universitaire. Les offres d’emploi, diffusées principalement sur les réseaux sociaux, paraissent légitimes et rendent le piège particulièrement difficile à détecter.

Les témoignages recueillis par les organisations internationales font état de passages à tabac, de tortures, de violences sexuelles, de privations de nourriture et d’isolement pour contraindre les victimes à atteindre des objectifs de fraude imposés par les organisations criminelles.

L’ampleur financière du phénomène est considérable. D’après l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les escroqueries en ligne ont causé entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars de pertes en 2025 en Asie de l’Est, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande, alimentant directement les revenus du crime organisé.

Si ces activités étaient autrefois concentrées dans de vastes complexes fortifiés, les groupes criminels privilégient désormais des structures plus petites, mobiles et dispersées, compliquant leur repérage par les autorités. Le phénomène s’est également mondialisé : à la fin de 2025, les victimes identifiées provenaient de près de 80 nationalités, avec des recrutements s’étendant désormais au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe, en Amérique latine, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.

Face à cette menace grandissante, l’OIM a lancé une stratégie régionale pour la période 2026-2030, axée sur la prévention, la protection des victimes, la coopération internationale et le démantèlement des réseaux criminels. Entre 2022 et 2025, l’organisation affirme avoir porté assistance à plus de 3 500 victimes originaires de 39 pays en Asie du Sud-Est.

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