La parole officielle est devenue un rideau tiré devant l’incendie. À la tribune des Nations Unies, on énumère des « acquis » pendant que, sur le territoire national, les routes demeurent livrées aux armes, les citoyens paient tribut aux gangs et les atrocités continuent de déchirer le pays. Il arrive un moment où le mensonge d’État ne peut plus servir de toit à une maison qui brûle. Ceux qui parlent au nom d’Haïti ont une dette de vérité envers une population épuisée, menacée jusque dans son droit de vivre, de circuler et d’espérer.
Pendant ce temps, les voyages officiels s’accumulent comme des timbres sur un passeport, sans produire ni paix ni élections. Le calendrier du 13 décembre ressemble déjà à une horloge sans aiguilles. Dans trois mois, les mêmes promesses pourraient revenir, repeintes aux couleurs de 2027, comme si le temps suffisait à blanchir l’échec. Une question demeure : qu’ont fait les Haïtiens pour être condamnés à regarder leurs dirigeants transformer la tragédie nationale en discours de circonstance ?
cba

