Les États-Unis ont annoncé leur intention de s’attaquer aux revenus que les gangs haïtiens tirent de leurs activités sur les réseaux sociaux, dans le cadre d’un renforcement de leur stratégie contre l’insécurité en Haïti.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, lundi, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a qualifié de « profondément préoccupante » l’utilisation des plateformes numériques par les groupes armés, affirmant que Washington prendrait prochainement des mesures pour empêcher ces organisations de monétiser leurs contenus.
Les chefs de gangs haïtiens utilisent régulièrement les réseaux sociaux pour diffuser des vidéos de menaces, revendiquer des attaques ou afficher leur mode de vie. Selon les autorités américaines, ces publications servent également à recruter de nouveaux membres, notamment parmi les jeunes.
Mike Waltz n’a toutefois pas précisé les mécanismes qui seront mis en place. En 2023, YouTube avait déjà fermé la chaîne de Johnson André, alias « Izo », considéré comme l’un des principaux chefs de gangs du pays, après de vives critiques suscitées par la monétisation de ses vidéos.
Le diplomate américain a également appelé les pays disposant de capacités aériennes à soutenir le déploiement de nouveaux contingents de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), estimant que les transports maritimes ralentissent l’arrivée des renforts.
Selon les Nations unies, près de 1,5 million de personnes sont désormais déplacées à l’intérieur d’Haïti en raison des violences. Plus de 2 300 personnes ont été tuées et plus de 1 100 blessées depuis le début de l’année, tandis que les groupes armés contrôlent environ 70 % de Port-au-Prince. Les responsables onusiens ont également alerté sur la situation des enfants, de plus en plus exposés au recrutement forcé, aux enlèvements et aux violences liées aux gangs.

