21 juillet 2026
Traduction intégrale de l’intervention du représentant des États-Unis au Conseil de sécurité sur Haïti
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Traduction intégrale de l’intervention du représentant des États-Unis au Conseil de sécurité sur Haïti

Extraits:

Madame la Présidente,

Je reviens tout juste d’Haïti, où j’ai eu l’occasion de me rendre avec l’Ambassadrice Dorothy Shea et une délégation du Conseil de sécurité afin d’évaluer directement la situation sur le terrain. Cette visite nous a permis de rencontrer les autorités haïtiennes, les responsables de la Mission multinationale d’appui à la sécurité, les Nations unies, ainsi que des représentants de la société civile.

Ce que nous avons vu est à la fois profondément préoccupant et porteur d’espoir.

Nous avons notamment rencontré un petit garçon haïtien de huit ans. Pour être admis dans un gang, on lui avait d’abord demandé de tuer des chiens afin de prouver sa loyauté. Après cela, on lui a remis une arme et on l’a intégré au groupe criminel. Cette histoire résume à elle seule la cruauté des gangs qui volent l’enfance d’une génération entière.

J’invite chacun des membres du Conseil de sécurité à se rendre en Haïti. Il est impossible de comprendre pleinement cette crise sans la voir de ses propres yeux.

La situation en Haïti ne concerne pas uniquement Haïti. Situé à moins de deux heures de vol de la Floride, ce pays est un enjeu de sécurité pour toute la région. Les gangs contrôlent aujourd’hui une grande partie de Port-au-Prince. Ils tiennent des axes routiers, imposent des péages illégaux, contrôlent des ports et des quartiers, recrutent des enfants, alimentent le trafic de stupéfiants, les enlèvements contre rançon et utilisent les réseaux sociaux pour étendre leur influence.

La première priorité de la Gang Suppression Force (GSF) consiste à rouvrir les routes. Sans routes, il n’y a ni commerce, ni circulation, ni accès normal aux soins, à l’éducation ou aux services publics.

J’ai été particulièrement impressionné par le commandement mongol de la mission, qui fait preuve d’un leadership remarquable et d’une excellente coordination avec les autorités haïtiennes.

Je remercie les unités aériennes du Salvador, les forces spéciales jamaïcaines chargées de la formation, les contingents tchadiens déjà présents ainsi que le Sri Lanka, qui déploiera près de 300 militaires. Je remercie également tous les autres partenaires internationaux qui participent à cet effort collectif.

Le Conseil de sécurité a confié à cette mission un mandat offensif. Son objectif est clair : reprendre le territoire contrôlé par les gangs, arrêter leurs dirigeants lorsque cela est possible ou les neutraliser s’ils continuent de combattre.

Je remercie également la République dominicaine pour son appui logistique ainsi que la Vice-Secrétaire générale des Nations unies et le Bureau d’appui des Nations unies, dont le travail est essentiel au succès de cette mission.

Les résultats devront être mesurés de façon concrète : davantage de territoires repris, davantage de routes rouvertes, davantage d’armes saisies, davantage de chefs de gangs arrêtés et davantage de communautés sécurisées.

À l’approche du renouvellement du mandat de la mission, nous devons rester concentrés sur ces objectifs.

J’appelle également tous les pays disposant de capacités de transport aérien à mettre ces moyens à disposition afin d’accélérer le déploiement des contingents du Sri Lanka, du Bangladesh, de la Côte d’Ivoire et d’autres partenaires. Un transport aérien permettrait de gagner des semaines, voire des mois, par rapport au transport maritime.

Voilà à quoi ressemble la victoire.

Le succès signifie que les gangs ne contrôlent plus la moitié d’Haïti.

Le succès signifie que les familles haïtiennes peuvent quitter leur maison sans avoir à payer des péages imposés par les gangs et sans craindre de devoir leur livrer leurs enfants sous la menace des armes.

La victoire signifie que les chefs de gangs seront traduits en justice, arrêtés ou neutralisés.

Je suis convaincu que la Gang Suppression Force est capable d’obtenir ces résultats, et que sa première opération de reprise de territoire a démontré ce potentiel.

Nous savons cependant que, sur le long terme, la solution ne peut être que des forces de sécurité haïtiennes capables de tenir le terrain, de faire respecter la loi et de protéger leur propre population.

Je voudrais que chacun mesure la brutalité du combat auquel ces femmes et ces hommes sont confrontés.

Des policiers haïtiens m’ont raconté qu’il y a seulement deux semaines, un véhicule blindé de la Police nationale s’était enlisé dans un fossé. Les gangs l’ont encerclé et ont allumé un feu sous le véhicule. Les policiers enfermés à l’intérieur ont dû choisir entre mourir brûlés vifs ou sortir du blindé.

Ils sont sortis.

Les gangs les ont alors atrocement mutilés avant d’exposer leurs corps contre leur véhicule en flammes afin d’envoyer un message de terreur.

Je ne raconte pas cela pour choquer, mais pour que chacun comprenne la nature de l’ennemi auquel les autorités haïtiennes sont confrontées.

Dans un autre cas, les gangs avaient bloqué une route avec des obstacles. Des bulldozers étaient nécessaires pour dégager le passage.

L’un des conducteurs qui avait accepté de travailler avec nous et avec la Gang Suppression Force a vu sa famille kidnappée. Les gangs lui ont proposé un marché : sa vie contre celle de ses proches.

Ils l’ont exécuté publiquement afin, une nouvelle fois, de terroriser la population.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Je ne saurais trop insister sur la brutalité que ces gangs infligent quotidiennement à leur propre peuple.

Malgré cette réalité, la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti renforcent progressivement leurs capacités.

Les États-Unis soutiennent pleinement le programme de recrutement accéléré P-4000 de la Police nationale, dont l’objectif est d’ajouter 4 000 nouveaux policiers d’ici au début de l’année 2027.

À ce jour, 2 000 nouveaux policiers ont déjà été diplômés et sont en cours de déploiement afin de sécuriser davantage de territoires à travers le pays.

Les États-Unis se réjouissent également de voir les autorités haïtiennes respecter leur engagement de ramener le pays vers une gouvernance démocratique.

Nous saluons en particulier le Conseil électoral provisoire, qui a pris des mesures concrètes, notamment sur le plan budgétaire, pour organiser des élections pour la première fois depuis une décennie.

Le peuple haïtien mérite des rues libérées des gangs, des institutions affranchies de toute intimidation et un gouvernement choisi librement par le peuple.

L’effondrement d’Haïti ne restera jamais limité aux frontières du pays.

La violence des gangs, le trafic de stupéfiants, le trafic d’armes et les migrations irrégulières ne connaissent pas de frontières.

Une Haïti plus sûre sert les intérêts de toute la région et de toutes les nations qui souhaitent que les Caraïbes demeurent à l’abri de l’emprise du crime organisé.

Permettez-moi donc d’être parfaitement clair.

Les États-Unis sont à vos côtés. Les États-Unis sont aux côtés d’Haïti.

Nous continuerons à travailler avec le peuple haïtien, avec la Gang Suppression Force et avec l’ensemble de nos partenaires internationaux afin de rétablir la sécurité, de partager ce fardeau collectif et d’aider les Haïtiens à reprendre le contrôle de leur pays.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

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