Haïti: soutenons la lutte des étudiants et étudiantes pour l’ouverture de l’Hôpital général
Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (REHMONCO)
Depuis plusieurs mois, les étudiants et étudiantes de la faculté de médecine et de pharmacie se mobilisent pour exiger l’ouverture de l’Hôpital général, le principal centre hospitalier du pays. Après de nombreuses démarches administratives, les autorités gouvernementales se sont contentées de faire des promesses vagues de relocalisation du plus grand centre hospitalier de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.
Soulignons que l’Hôpital général est fermé depuis plus de deux ans. Comme beaucoup d’institutions publiques et privées, il a été victime d’actes de vandalisme de la part de malfrats de la coalition des gangs criminels au mois de mars 2024. Alors que l’État haïtien n’avait pas rétabli la sécurité, le gouvernement a tenté d’ouvrir l’hôpital en décembre 2024. Loin de le rendre fonctionnel pour soigner la population, cette tentative s’est soldée par un échec tragique. Elle a coûté la vie à deux journalistes et un policier. De surcroît, plusieurs personnes ont été grièvement blessées après que des gangs criminels ont ouvert le feu sur le bâtiment de l’hôpital lors de la cérémonie d’ouverture le 24 décembre 2024.
Depuis lors, les étudiants et étudiantes n’ont plus accès au principal centre hospitalier du pays pour entamer et continuer leur formation. Les habitants de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, quant à eux, ont de moins en moins accès aux soins de santé, dans un contexte où les blessés par balles se comptent par milliers. Pendant que les autorités gouvernementales multiplient les voyages officiels à l’étranger pour encaisser le maximum de per diem, le système de santé est au bord de l’effondrement.
Les manifestations des étudiants et étudiantes de la faculté de médecine viennent rappeler que le gouvernement de facto de Didier Fils-Aimé et ses alliés, tout comme ses prédécesseur.e.s., font fi du système de santé, induisant ainsi une situation de catastrophe sanitaire dans le pays. D’un côté, l’accès aux soins de santé s’amenuise drastiquement, une situation qui entraîne de nombreuses victimes n’apparaissant pas dans les rapports et les statistiques officiels. D’autre part, la relève des professionnels de santé est en péril dans la mesure où la fermeture des centres hospitaliers entraîne la paralysie de la formation des nouveaux médecins, infirmiers et infirmières.
La réponse gouvernementale aux revendications des étudiants et étudiantes en médecine a été, comme d’habitude, la répression. Le 22 juin 2026, la Police nationale a fait preuve d’une grande capacité opérationnelle pour réprimer, à coups de gaz lacrymogènes toxiques, la manifestation des étudiants et étudiantes de la faculté de médecine. L’objectif était de les empêcher de porter leurs revendications devant les locaux de la Primature. Le 1er juillet, la répression s’est poursuivie puisqu’un étudiant, qui participait à la manifestation, a été blessé par balle.
Nous dénonçons et condamnons avec force l’indifférence et la répression criminelles des autorités gouvernementales face aux revendications des manifestants. Des revendications tout à fait légitimes qui prennent en compte non seulement la santé de la population, mais également la formation continue des professionnels du champ médical Pour nous, l’ouverture immédiate des centres hospitaliers, dont l’Hôpital général, demeure une revendication essentielle du peuple haïtien, privé de soins de santé dans plusieurs départements du pays. Nous lançons un appel à la solidarité aux différentes organisations progressistes pour soutenir la lutte des étudiants et étudiantes en médecine.
Pour authentification,
Renel Exentus, Frank W. Joseph
Montréal, le 8 juillet 2026
Contact : rehmoncohaiti1915@gmail.com

