14 juillet 2026
Haïti | Les élections à la Fils-Aimé : la PNH et les FAD’H prêtent main-forte au pouvoir sans avoir arrêté ni fait juger un seul des 26 « généraux » de gangs criminels 
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Haïti | Les élections à la Fils-Aimé : la PNH et les FAD’H prêtent main-forte au pouvoir sans avoir arrêté ni fait juger un seul des 26 « généraux » de gangs criminels 

Port-au-Prince, 14 juillet 2026 — Le Conseil électoral provisoire (CEP) doit réunir, mardi matin, le haut commandement de la Police nationale d’Haïti (PNH), le haut état-major des Forces armées d’Haïti (FAD’H) ainsi qu’un haut responsable du FRG, a appris Rezo Nòdwès, dans le cadre de la « préparation du dispositif de sécurité destiné aux prochaines opérations électorales », à la Alix Fils-Aimé,  à moins de cinq mois de la fin de l’année.

Cette rencontre se tient dans un pays toujours soumis à une insécurité aiguë résultant des massacres de civils. Aucun des 26 chefs de gangs présentés comme les plus recherchés par la police, n’a été officiellement arrêté, traduit devant un tribunal puis jugé. Plusieurs criminels évadés du Pénitencier national lors de l’assaut de mars 2024, sous le gouvernement d’Ariel Henry, demeurent également en liberté.

Les groupes armés conservent leur emprise sur plusieurs territoires, multiplient les enlèvements, les attaques et les déplacements forcés, tout en se montrant parfois publiquement lors de fêtes patronales ou de rassemblements populaires. Ces démonstrations publiques témoignent de l’affaiblissement persistant de l’autorité de l’État dont des ministres sont accusés ouvertement de corruption et de violations systématiques de la Constitution. 

La réunion de mardi doit définir les mécanismes censés sécuriser le processus électoral. Elle intervient cependant au moment où des policiers continuent d’être tués, blessés ou enlevés, sans qu’une politique publique suffisamment lisible ait été présentée pour assurer durablement leur protection. La PNH est ainsi appelée à garantir la sécurité de millions d’électeurs alors qu’elle peine encore à protéger ses propres agents et certains de ses hauts responsables.

Paradoxalement, les institutions sécuritaires qui n’ont pas encore neutralisé les principaux chefs de gangs sont invitées à promettre la protection d’un scrutin présidentiel, législatif et local organisé sur un territoire dont plusieurs zones demeurent hors du contrôle effectif de l’État.

Le processus électoral demeure également contesté sur le terrain constitutionnel. Des juristes, des partis politiques et des organisations de la société civile estiment que le gouvernement de doublure d’Alix Didier Fils-Aimé ne dispose pas d’une habilitation constitutionnelle suffisante pour engager certaines étapes du processus électoral et référendaire. Ils invoquent notamment les dispositions de la Constitution de 1987 relatives à l’exercice du pouvoir exécutif, à la souveraineté populaire et aux procédures de révision constitutionnelle.

À quelques mois des échéances annoncées, les interrogations s’accumulent. Comment élire simultanément un président de la République, des sénateurs, plus d’une centaine de députés et des représentants des collectivités territoriales lorsque des axes routiers, des quartiers et des communes restent sous la menace des gangs ? Comment acheminer le matériel électoral, protéger les centres de vote et garantir la liberté du suffrage dans des régions où l’État ne détient plus le monopole de la contrainte légitime ?

La réunion entre le CEP, la PNH, les FAD’H et le FRG devra donc produire davantage que des déclarations d’intention. Elle sera examinée comme un test de crédibilité pour des institutions qui promettent des élections sans avoir, jusqu’à présent, arrêté ni fait juger un seul des 26 chefs de gangs les plus recherchés pour leurs crimes et atrocités.

Pour une population quotidiennement exposée aux enlèvements, aux massacres et aux déplacements forcés, la perspective d’élections sécurisées demeure ainsi difficilement conciliable avec la réalité du terrain. À défaut d’un rétablissement préalable de l’autorité publique, le plan annoncé risque d’apparaître comme une opération politique destinée à légitimer le pouvoir d’Alix Didier Fils-Aimé plutôt qu’à garantir un scrutin libre, transparent et conforme à la Constitution.

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